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Au fil... des jours - Communication politique : nouvelles du front ! (Suite et fin)

par Belkacem Ahcene-Djaballah *

  Samedi 19 mai 2018 :

Encore un scandale financier, lié à la corruption, dans un pays ... émergent, cette fois-ci la Malaisie. Pas celui de Mahathir Mohamed (aujourd'hui 92 ans, et de retour depuis le 10 mai en tant que chef du nouveau gouvernement, après sa victoire au législatives...mais celui de ceux qui lui avaient succédé. L'ex-Premier ministre, Najib Razak, 61 ans, (par le biais d'une entreprise publique avait créé en 2009, à son arrivée au pouvoir) aurait «détourné» environ 640 millions d'euros. Et, la fameuse entreprise cumule aujourd'hui une dette de 10 md euros. Bien sûr, il s'est vu interdire de quitter la Malaisie alors qu'il s'apprêtait à se rendre à l'étranger et il nie tout «acte répréhensible» ...mais, hier, la police malaisienne a, selon des médias locaux, «saisi 284 cartons contenant 72 sacs à mains de luxe (Mme, impopulaire pour «ses dépenses extravagantes» en est une «fan» !) remplis d'argent et de biljoux lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête pour détournement de fonds». On savait que le pouvoir «rend fou». Mais, aussi, il «corrompt».

Dimanche 20 mai 2019:

Comme chaque année les caméras cachées constituent le plus important nombre de programmes dans la grille de ramadhan des télévisions algériennes. Ainsi selon un décryptage des programmes de télévisions effectué par le site www.dia-algerie.com il existe plus d'une vingtaine de caméras cachées diffusées sur le paysage audiovisuel algérien. C'est sans doute le pays qui a diffusé le plus de caméras cachées durant ce mois de ramadhan. Tout cela n'a pas manqué d'limenter moult polémiques et débat sur les réseaux sociaux. Car, on y a vu énormement de violence verbale, beaucoup de violence physique et des larmes donnant une image de notre société, des relations inter-personnelles et de la famille assez déplorable. Malgré les «boussboussades» qui suivent en fin d'émission et les déclarations toutes fraternelles (car, il est certain qu'il y a beaucoup de scènes «arrangées» ou déclarées «arrangées»), les traumatismes subis (qui n'apparaîtront que bien après le passage de l'émission, suivi des «commentaires» des amis qui vous veulent toujours du bien) seront nombreux. La caméra cachée la plus controversée demeure celle qui est diffusée par la chaîne El Bilad «Redou Balkoum , saison 2». La caméra cachée de cette chaîne proche de Hamas a grillé toutes les lignes rouges en offrant une image très négative du couple algérien.

Dans cette caméra cachée, un couple est confronté à la présence d'une seconde femme sur le plateau de l'émission et affronte parfois avec violence la situation de la jalousie conjugale. Même si le message de ce programme reste flou, il n'en demeure pas moins qu'il offre une image dégradante et négative de la famille algérienne.

«El Bilad Tv» n'est pas la seule télévision à user de la violence pour accroître son audimat. Presque toutes les autres chaînes usent parfois des mêmes startagèmes pour piéger les invités, ce qui engendre parfois une violence inouïe.

Conclusion du site sus-cité : «Cette caméra cachée est un danger pour le paysage audiovisuel algérien et plus particulièrement pour la société algérienne. Si l'ARAV n'intervient pas, c'est une catastrophe pour l'avenir de l'audiovisuel algérien».

Lundi 21 mai 2019:

Le dérapage du mois : le Sg de wilaya (d'Alger ?) de l'Onm, intervenant à l'occasion du 62è aniversaire de la Journée nationale de l'Etudiant, à l'Université d'Alger 1, a déploré qu'aujourd'hui des diplômés algériens quittent le pays pour poursuivre leurs études dans des pays occidentaux et autres et finir par s'y installer. «C'est une trahison», aurait-il dit. Pas moins. Tout en faisant le parallèle (douteux, le contexte politique de l'époque n'ayant rien à voir avec le contexte économique et socio-culturel d'aujourd'hui et cultuel d'il y a peu...et le nombre d'alors était bien infime – quelques centaines d'étuditants et de lycéens dont beaucoup n'ont pas reçu un très bon accueil- par rapport au nombre de «révoltés» actuels, qui sont des centaines de milliers sur près de deux millions inscrits dans les universités) avec l'engagement des étudiants algériens ayant quitté les bancs des lycées et des universités pour rejoindre les rangs de l'Aln. Il est temps d'arrêter de «faire des parallèles» politiciens entre des situations séparées par près de 60 ans d'indépendance, 7 chefs d'Etat, des dizaines de gouvernement. Avec le risque d'accentuer les haines et de multiplier les «répliques»

Mardi 22 mai 2019:

Séminaire de deux jours sur la communication sécuritaire à l'Ecole sup de la police Ali Tounsi d'Alger (Châteauneuf). Globalement, «Comment faire face aux fake news ?...Menace sur la sécurité des Etats». Solution immédiate : «Etre très vigilants à l'endroit des menaces par la mise en place de celulues de veille et par la mise en place d'unn contact permanent avec toutes les couches ou catégories sociales pour faire face à cette guerre d'infrmation» (le Dgsn). Par ailleurs, une plate-forme de signalisation contre les fausses informations, les attaques cybernétiques et toutes les formes de menaces sur le net est en cours d'élaboration (en collaboration avec Interpol. A signaler que le président de la commission des experts chargée de la lutte contre la cybercriminalité à Interpol est un jeune cadre de la police algérienne). Mais cela suffira-t-il, et on l'a bien vu lors de la décennie noire, avec la gestion de l'info sécuritaire. On avait «tout essayé».

Mohamed Hadir de l'Ensjsi est allé plus loin dans le traitement d'un mal qui est en train de «métastaser» malgré les barrages étatiques ou para-étatiques, anciens ou nouveaux, en vigueur ou à l'étude...Il s'agit de revenir aux fondamentaux de la commnuication : (contre-)attaquer (et non plus se défendre) en créant et/ou renforçant le rôle des chargés de la com dans toutes les institutions. Il faut, aussi, permettre l'accès à l'information au plus large public possible, surtout les jeunes et apprendre, déjà à l'école et aux enfants, à lire et à décortiquer les informations de t.o.u.t.e la presse, tout cela pour mieux consommer un produit -souvent chargé de haine et de violence- qui peut s'avérer bien plus dangereux que de la «cherbet à l'urine», des fruits au pesticide, de poulet aux hormones ou des gâteaux et sodas bourrés de sucre.

Jeudi 24 mai 2018 :

Le magazine «Jeune Afrique» est absent des kiosques algériens depuis le 23 avril dernier. JA s'interroge : Interdit ? Indésirable ? Censuré ? Suspendu jusqu'à nouvel ordre ? En fait, ce n'est ni ceci ni cela. La décision toucherait, semble-t-il, de nombreux titres internationaux comme Le Monde, Le Figaro, Afrique Magazine, Paris Match, L'Equipe ou Le Canard Enchaîné. Les autorités algériennes, dit-on, entendent, dans la foulée des économies en devises égtrangères (qui ont déjà touché plusieurs produits de large consommation ou de produits déjà fabriqués en Algérie) supprimer ou/et limiter l'importation de la presse internationale. Donc, «il n'y a aucune censure qui frappe Jeune Afrique». «En raison de la politique d'austérité imposée par la crise, le gouvernement a décidé de serrer la vis sur les importations. Aucun secteur n'est épargné. La presse étrangère est donc concernée. C'est une mesure temporaire qui peut être levée à un moment opportun», assure-t-on. Il faut dire que le lecteur algérien ne souffrira pas trop (ou pas du tout) de cette absence, d'autant qu'il y a assez de journaux algériens sur la place...et que cela va, peut-être même, «booster» les ventes nationales (si les contenus sont améliorés, cela va de soi) qui ont connu ces derniers temps un fléchissement certain. De plus, il faut préciser que Internet et ses réseaux sociaux (et les télés satellitaires) ont déjà largement rempli les vides.

Samedi 26 mai 2018 :

Des figures politiques et intellectuelles algériennes adressent samedi une lettre au président Abdelaziz Bouteflika -au pouvoir depuis 1999- l'appelant à «renoncer au 5e mandat» et à ne pas se représenter à l'élection présidentielle prévue en avril 2019. Moins d'une année ! «Nous vous interpellons en faveur de la seule et unique décision qui puisse ouvrir une ère nouvelle pour le pays, où l'intérêt général sera mis au-dessus de l'intérêt des hommes : votre renoncement au cinquième mandat!» , affirment-ils. Ils évoquent le «long règene», «les mauvais résultats» de la politique menée, l'âge avancé (81 ans), la maladie (depuis 2013), les charges de l'Etat bien lourdes...Rien que ça !

Les signataires : A. Benbitour, Soufiane Djilali, Amira Bouraoui, Yasmina Khadra, Fatiha Benabbou, Nacer Djabi, Zoubida Assoul, Salah Dabouz, Sâad Bouakba,...(14 signataires ayant certainement tout fait pour éviter le chiffre 13, et 3 autres personnalités contactées n'ont pas, dit-on, voulu adhérer à l'initiative)

Bien sûr, la lettre ouverte a eu un large écho sur les réseaux sociaux et dans la presse..mais quid d'El Mouradia (Point d'écho et d'autres chats à fouetter). Un non-événement ? et dans les salons fréquentés par les fans d'un cinquième mandat qui continuent de multiplier leur soutien au Président. Point d'écho. Il est évident que celui-ci, comme à son habitude, ne se prononcera qu'à quelques jours de la clôture du processus de dépôt des candidatures, faisant durer le suspense habituel, déstabilisateur des éventuels (gros) concurrents qui savent à quoi s'en tenir («chat échaudé craint l'eau froide») et encourageant ou laissant espérer les supporteurs qui, ainsi, resteront mobilisés et sur leurs gardes jusqu'au dernier moment.

Mercredi 30 mai 2018 :

Suspicion du grand public envers l'informaton délivrée, montée du sentiment anti-médias (de plus ne plus contrôlés par de groupes économiques et/ou financiers concentrationnaires), phénomène des fake news (se développant dans l'anarchie de la non-réglementation et dont profitent les gouvernants à l'image de Tump, pour ne citer que lui), réseaux sociaux se multipliant, confusion entre l'éditorial et la publicité, entrisme partisan, influence grandissante des «communicants» dont les techniques ont grandement évolué (avec, entre autres, chez nous, les dîners, les petits cadeaux et les voyages organisés)...le métier de journaliste n'a jamais été autant menacé. Résultat des courses : une perte de confiance dans les journalistes (dont certains et pas les moins importants se sont mis au service -plume ou organe- des «patrons» ou des «politiques»). C'est la conclusion d'un rapport sur «l'état des médias dans le monde» (Cision, un groupe spécialisé dans les logiciels de relations médias) basé sur un sondage effectué en févroer 2018 auprès de 1355 journalistes, en Europe et outre-Atlantique. On n'en pas très loin, sinon pire. Des solutions pour ne pas «couler» ? Pas mal. Mais de façon générale, il faut d'abord et avant tout pour les rédactions (75% des sondés), «s'assurer de l'exactitude du contenu». Ce qu'en général, ne peuvent pas effectuer les réseaux sociaux et les moteurs de recherche, pris dans le maelstrom de la rapidité et, de plus, pour la plupart, n'ayant pas les moyens humains (encore indispensables) suffisants pour effectuer tous les recoupements nécessaires. Encore faut-il, en plus d'être un bon technicien de l'info, être formé aux règles universelles d'éthique et de déontologie de la profession...de journaliste.

C'est pour cela, chez nous, qu'il faut aller plus que très vite dans l'organisation de la corporation (selon les textes existants : cartes, autorité..) dont celle de la presse électronique afin de mettre à niveau ses personnels en matière de droits et de devoirs.

Jeudi 31 mai 2018 :

On attendait Cristiano, on a eu Zidane. Pour une surprise, c'en est une ! Il démissionne de son poste d'entraîneur du Real de Madrid, alors que cinq jours plus tôt, il exprimait, son émerveillement devant les exploits de ses joueurs au stade de Kiev, remportant (successivement) une 3è Ligue des Champions et après avoir offert au club huit titres en 27 mois sur le banc. Près d'un titre tous les trois mois.

«C'est ma décision. Pour beaucoup elle ne fera aucun sens, mais pour moi, si. C'est le moment de changer», a-t-il lâché devant des journalistes naturellement surpris, convoqués quelques heures plus tôt pour une conférence de presse improvisée.

«Cette équipe doit continuer de gagner et elle a besoin de changement pour ça. Elle a besoin d'un autre discours, une autre méthodologie et c'est pour ça que j'ai pris cette décision. Les difficultés rencontrées cette saison ont pesé sur ma décision. Je ne veux pas vivre une autre saison avec des moments de moins bien. J'ai ce club dans le cœur», a-t-il tenté d'expliquer.

Oui, les difficultés de saison qui vient de s'achever ont pesé sur la décision de Zizou, c'est lui-même qui le dit, mais même avec un meilleur parcours en championnat et en Coupe du Roi, il aurait sans doute pris le même chemin. Il est à parier que sa décision, il l'a ruminée depuis de long mois. Sortir par la grande porte, c'est dans son pedigree, dans son style et il l'a prouvé plus d'une fois. Zidane est de ceux qui savent quitter la table au bon moment. Pourtant, ma tabch' edjnanou ?

Déjà, il avait mis fin à une brillante carrière de footballeur à seulement 34 ans. En 2006, il a préféré tout arrêter.

Mais y aurait-il d'autres considérations, non «sportives», qui expliqueraient ce départ précipité ? On a tendance à oublier le caractère de l'homme : très sensible mais très décidé, aux réactions inattendues, ne supportant pas les propos déplacés... tout particulièrement quand cela touche ou indispose directement ou indirectement ses proches (qu'il sacralise comme tout bon algéro-kabyle...et l'on se souvient du fameux «coup de boule» en Coupe du monde). Ne pas oublier qu'au tout début du Championnat d'Espagne et même en Coupe du Roi, il avait essuyé de la part des supporteurs bien des reproches parfois blessantes et jugées imméritées. Pour lui, avant tout, en plus du succès, il y a «l'honneur de la tribu». Sa famille était d'ailleurs présente an finale de la Ligue, sur le terrain, en fin de rencontre...et lors de la dernière conférence de presse. C'est tout dire. Un homme de cœur, certes, mais surtout un homme de parole que beaucoup de nos hommes politiques et beaucoup de nos sportifs devraient prendre en exemple !