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Capdel: Le pari du développement local

par Ghania Oukazi

«C'est la première fois qu'un programme de développement est pris en charge par un triptyque Gouvernement-Union européenne -PNUD», note le conseiller technique principal pour le programme Capdel.

Sébastien Vauzelle, expert du PNUD (programme des Nations unies pour le développement) était présent aux deux jours d'ateliers que l'équipe du Capdel a organisés dimanche et lundi dernier dans la commune d'El-Khroub en présence des différents acteurs de la société civile. Le représentant de l'institution onusienne était ravi de voir élus, représentants du mouvement associatif, cadres, opérateurs économiques se mettre autour d'une même table «pour discuter de l'approche méthodologique qui leur permettra de s'engager dans un processus d'initiation à la démocratie participative pour relever le pari du développement local». La commune d'El-Khroub a déjà mis au point le diagnostic de ses capacités et potentialités territoriales avec l'aide précieuse d'une expertise du Ceneap. Elle a aussi élu son comité local délégué qui, dès son installation lundi dernier, a passé l'après-midi à débattre du contenu du diagnostic pour lui apporter les correctifs nécessaires. Débat que la jeune Imène a coordonné après qu'elle a réussi à décrocher ce rôle de coordinatrice du programme en juin dernier. «Capdel ne dicte rien, il apporte l'appui méthodologique aux acteurs d'une commune pour leur permettre de développer le dialogue et la concertation entre eux, de promouvoir le respect mutuel, le travail en commun et le sens de la responsabilité ; ils doivent décider par eux-mêmes de ce qu'ils doivent faire», avait dit le directeur national du programme. Le représentant du PNUD nous a expliqué en marge des travaux des ateliers que les dix communes pilotes pour le programme Capdel ont eu leurs coordonnateurs respectifs. «Ils ont été choisis selon des critères de base, le premier est que le coordonnateur soit de la commune même, universitaire, impliqué dans le mouvement associatif, on a plus versé vers des jeunes qui ont des qualités humaines, qui sont dynamiques(…), on s'est éloigné des profils académiques», nous a dit Sébastien Vauzelle.

«On sent que ça prend déjà»

Le coordonnateur doit avoir, selon lui, le rôle de facilitateur entre les différents acteurs locaux «tout en respectant le leadership des élus». Il souligne que «c'est la 1ère fois qu'un programme de développement associe le gouvernement, l'Union européenne et le PNUD. Capdel existe dans d'autres pays mais entre le mouvement associatif et les institutions internationales comme c'est le cas au Maroc, au Liban, en Palestine (…)» A propos du Capdel en Algérie, Vauzelle pense qu'«il demande du temps pour apporter ses fruits mais je sens que ça prend déjà pour plusieurs raisons. La première est parce qu'il a été porté par l'institutionnel, ce qui prouve que c'est solide ; les acteurs locaux s'y intéressent vraiment ; aussi parce qu'il répond à des besoins, les gens sont enthousiastes». Il explique que «les acteurs locaux ont compris que le programme a été initié pour le bien de la collectivité. Ils veulent en saisir l'opportunité parce que d'habitude, les gens attendent tout de l'élu or les choses sont tout autre ; il y a une incompréhension et une méfiance mutuelle». Avec le Capdel, le représentant du PNUD pense qu'«on a le sentiment qu'on peut faire mieux, il y a un dialogue volontaire(…)». La coordinatrice indique pour sa part que «nous sommes dans une phase préliminaire ; on est en train d'apprendre. Pour l'instant, on s'écoute, on découvre le programme. C'est un projet intéressant pour la commune et pour tout le pays. C'est un renouveau». Imène rappelle qu' «on a toujours entendu dire «du peuple et pour le peuple», aujourd'hui j'espère qu'on va passer à l'action et le concrétiser, qu'on pourra véritablement réussir la démocratie participative et le développement local»

L'exigence d'une volonté politique

Composé de 3 élus, 3 représentants du mouvement associatif, 3 citoyens, 3 opérateurs économiques, 3 administratifs, le comité local délégué a été chargé de deux missions : «finaliser le diagnostic territorial sur la base des recommandations issues des débats entre les acteurs locaux et installer le Conseil consultatif», est-il dit. Mohamed Dahmani, le directeur du projet, leur expliquera dans le détail l'organisation des pouvoirs publics en Algérie conformément à la Constitution. Capdel suggère alors au comité local délégué de rédiger ce qu'il appelle la charte communale de participation citoyenne. «Charte qui détermine les valeurs et principes pour la participation de tous au profit de la collectivité, ce qui exige une volonté politique des élus pour la consécration de la démocratie participative au profit du développement local», note Dahmani. Le tout se fera, selon lui, pour la consécration d'une gouvernance concertée, transparente qui oblige à des engagements des acteurs (…). «De la construction d'une vision partagée des réalités du territoire communal à la mise en œuvre du projet communal d'intérêt général» implique organisation, planification, évaluation, choix des priorités, exécution des projets…

L'équipe Capdel prévoit de revenir à El-Khroub dans six mois pour préparer avec les acteurs locaux les plans communaux de développement (PCD) de nouvelles générations selon les priorités qu'ils auraient fixés. «Nous devrons aussi lancer des sessions de formation pour les élus, les cadres et les associations», nous fait savoir le représentant du PNUD. Aujourd'hui, Capdel se trouve à Khenchela pour la restitution du diagnostic de la commune...