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Bouteflika réunit demain un Conseil des ministres: Le montage de véhicules tient la route

par Yazid Alilat

Sans surprise, le plan d'action du gouvernement sera au menu, ce mercredi, du Conseil des ministres, passage obligé avant sa présentation devant les parlementaires.

La procédure est respectée et les apparences sont sauves. C'est le Premier ministre, Ahmed Ouyahia lui-même, qui a annoncé hier lundi la tenue demain mercredi d'une réunion du Conseil des ministres, que va présider le Président Abdelaziz Bouteflika. Ce Conseil sera bien évidemment consacré à l'examen et à l'adoption du plan d'action du gouvernement, a-t-il précisé, avant de souligner qu'il sera ensuite présenté devant l'Assemblée populaire nationale (APN) dans une dizaine de jours.

Pour autant, beaucoup s'interrogent sur le «contenu» du plan d'action d'Ahmed Ouyahia, moins de six mois après celui de son prédécesseur, Abdelmadjid Tebboune. Globalement, il ne devrait pas y avoir de grands changements, en particulier sur le volet industriel, et notamment l'industrie automobile. Hier lundi, à l'ouverture de la session d'automne du Parlement, il a laissé entendre que le dossier du montage de véhicules en Algérie ne sera pas revu, encore moins une révision du cahier des charges. ‘'Le Japon et la Corée du Sud, qui sont les leaders mondiaux dans le domaine, avaient débuté avec le boulon et le tournevis'', a-t-il indiqué. Dès lors, ‘'pourquoi sommes-nous aujourd'hui pressés en Algérie d'atteindre ce niveau ?'' Il a ainsi écarté toute révision du cahier des charges de l'activité de montage de véhicules. Ce faisant, il continue sur les traces du précédent gouvernement. Mais la ‘'feuille de route'' d'Ouyahia devrait être un peu plus précise sur les modalités de réforme du système des subventions des produits de base, et expliciter un peu plus sa politique financière pour éviter le recours à l'endettement extérieur. Lui-même a reconnu que les fondamentaux économiques et financiers du pays sont préoccupants. L'autre volet de ce plan d'action devrait intégrer un peu plus les partenaires sociaux dans la politique économique et sociale du gouvernement, en particulier sur le volet des entreprises publiques et les partenariats ‘'public-privé'' dans le secteur industriel. Un dialogue social dès lors important, tout autant que les réformes qu'Ouyahia préconisait quand il était seulement chef de parti. En outre, il sera plus direct et plus ouvert sur les grands chantiers, quitte à s'attirer les inimitiés de l'opposition: ‘'L'Algérie a plus que jamais besoin de faire reculer le populisme et la démagogie, de mobiliser plus d'efforts et de rationalité, et de réaliser les réformes nécessaires sans perdre plus de temps». Autrement dit, il va maintenir, conformément aux orientations du président, l'actuelle politique sociale, mais avec plus de rigueur dans la gestion de l'argent destiné aux subventions, et écarter l'endettement extérieur, car selon lui, ‘'il est préférable d'adopter une politique d'austérité que de s'endetter auprès d'institutions financières internationales''. Bref, le plan d'action du gouvernement Ouyahia devrait être aussi austère que les précédentes déclarations du N°1 du RND. D'autant qu'Ouyahia reste intraitable sur le maintien du système des quotas d'importation, et a affirmé hier lundi que le décret élaboré par l'ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal ‘'reste en vigueur''. Enfin, petit indice de sa politique monétaire, il a annoncé qu'un décret exécutif sur la politique de la monnaie et du crédit est en préparation, pour faciliter la création de nouvelles sources internes de financement non conventionnel pour alimenter le Trésor public. C'était là une des recommandations du Président Bouteflika au précédent gouvernement, pour éviter l'écueil de l'endettement extérieur. De son côté, le président de l'APN, Saïd Bouhadja, a estimé lors de la cérémonie d'ouverture de la session d'automne que «la rentrée sociale et le retour à l'activité dans les différents secteurs se feront bel et bien dans le calme». «Tous les indices indiquent que le retour sera calme, réussi et bénéfique dans toutes les circonscriptions et les institutions publiques et privées, un retour marqué par l'activité, la vitalité et le sérieux», a-t-il rassuré.