
Lors d'une rencontre régionale tenue jeudi au siège
de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, le ministre de la
Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalk
Boudiaf a tenu un discours menaçant en direction des cadres de la santé
publique des wilayas de l'Ouest et du Sud- ouest. Le nouveau code de la santé
au sujet duquel le ministre a pris son bâton de pèlerin prévoit des
dispositions dont l'objectif principal est « l'humanisation des conditions
d'accueil des malades dans les structures de santé et l'organisation des
services d'urgences ». Le ministre avertit les cadres en les mettant en garde
contre « les justifications non fondées » qui risquent de compromettre le
projet en question. « Les responsables qui ne sont pas capables de mettre en
place un dispositif d'accueil et d'orientation dans leurs structures n'ont qu'a s'afficher maintenant », car, a indiqué le ministre, les
premiers résultats de ces réformes sont attendus durant l'année 2017. Aucun
prétexte n'est toléré, a précisé le ministre qui a développé dans son
allocution les mécanismes à mettre en place pour atteindre les objectifs prévus
pour le nouveau code de la santé. Le conférencier instruit les gestionnaires
des structures de santé de favoriser l'informatisation des services en plaçant
ce chapitre juste après celui du médicament. « Je veux arriver à zéro papier
consommé», a indiqué le ministre. Cette mesure de modernisation des services
dans les structures de santé avec l'outil informatique est une étape
incontournable pour accéder à une carte sanitaire qui déterminera les zones les
plus affectées par les pathologies. Ce qui permettra, selon Boudiaf, de
répartir équitablement les moyens humains et matériels pour la prise en charge
des malades et leur éviter les déboires des déplacements. La philosophie de «
la santé de proximité » doit être concrétisée sur le terrain et cela ne sera
possible qu'avec une carte sanitaire fiable et maîtrisée. Dans
ce contexte, le membre du gouvernement a mis l'accent sur une panoplie de
directives à exécuter dans les meilleurs délais possibles à savoir l'externalisation
des consultations spécialisées, l'inscription de l'organisation de l'action
dans la logique de la prochaine mise en place des circonscriptions sanitaires,
l'offre de soins et de prise en charge du malade dans une logique d'intégration
de l'ensemble des ressources offertes, l'évaluation précise des activités de
chaque service hospitalier pour préparer le terrain à la contractualisation
interne et externe, la promotion de l'éthique et la déontologie. Il est
question dans le cadre des orientations du gouvernement de réhabiliter le
service public dans la santé. En guise d'introduction à la loi de la santé qui
fera l'objet d'un grand chantier en 2017, a souligné le ministre, une feuille
de route de 24 points est mise en œuvre, suivie des plans d'assainissement de
la gestion des ressources humaines et financières. « Si un seul acteur oublie
qu'il est au service exclusif du patient, tout le tableau devient noir et
relègue au second plan toutes les performances réalisées », allusion faite au
laisser-aller, au laxisme et au désordre qui étaient devenus le lot quotidien
dans plusieurs structures sanitaires, a reconnu le ministre. Le ministre dira
que le pays dispose de tous les moyens y compris les compétences pour que les
citoyens se soignent sans avoir à recourir à l'étranger, un phénomène devenu
inquiétant ces derniers temps. On espère par cet arsenal de réformes atteindre
l'objectif de convaincre les gens à se soigner dans les structures de santé qui
ont quand même atteint un standing international. A titre indicatif, le
ministre cite l'hôpital de Tiaret qui est « devenu une référence en matière
d'accueil » et le centre anti cancer de Sidi Bel-Abbès
en cours de livraison pour au plus tard le mois de mars prochain. Pour le CAC,
le ministre qui a effectué une virée au niveau de cet établissement, dira que
les équipements sont en ce moment sous douane et il sera opérationnel au plus
tard le mois de juin 2017.
A noter que le wali de Sidi Bel-Abbès,
Mohamed Hattab qui accorde une attention particulière
au secteur de la santé, n'a ménagé aucun effort pour la réalisation du CAC et
de deux nouveaux hôpitaux aux normes internationales dans les communes de Ras
el Ma et Tabia. Tous ces projets étaient à l'arrêt
durant plusieurs années. Il convient aussi de signaler qu'un projet d'un CHU de
500 lits est inscrit. Il est mis en veilleuse par le gouvernement pour des
raisons relatives à la situation financière que traverse le pays.