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Alger: La grève des travailleurs de la SETRAM se poursuit

par M. Aziza

Tout en assurant le service minimum, mettant en circulation une moyenne de quatre rames par jour, les travailleurs de la SETRAM d'Alger, poursuivaient, hier, leur mouvement de grève pour le quatrième jour consécutif. Les grévistes «tentent d'éclairer l'opinion publique» sur les raisons du débrayage, contredisant leur direction qui a estimé que la grève n'est pas justifiée et qu'elle a été déclenchée sans raison. Les travailleurs rencontrés à la station des ‘Fusillés' et du dépôt de Fort de l'eau, ont tous affirmé qu'il y a un malaise. Une situation due, selon eux au salaire indécent qui se limite au salaire de base et la prime du panier. Les grévistes réclament un statut aux travailleurs de la SETRAM, leur garantissant un salaire qui réponde au pouvoir d'achat et la possibilité de bénéficier de différentes primes et plus de sécurité. Les grévistes qui ont requis l'anonymat, «par peur de représailles», affirment que leur syndicat a réclamé depuis plus de trois ans, la mise en place de la convention collective, une convention qui leur permettra de bénéficier de primes et d'un salaire décent. Mais, selon les grévistes leurs revendications sont restées lettre morte, et ce, depuis 3 ans. Les protestataires affirment, en outre, que leur direction a évoqué la signature de la convention collective, et l'augmentation du salaire à hauteur de 16%, au profit des conducteurs de tramway et 10% au profit des agents de la SETRAM. Toute en déclarant que cette probable augmentation est infime, les travailleurs en grève affirment qu' «on est toujours au stade des promesses, et il n'y a pas de concret ou d'écrit» qui leur garantisse cette augmentation.

Les travailleurs, rencontrés sur place, sollicitent l'intervention de la tutelle pour faire valoir leur droit et leurs revendications jugées légitimes. A signaler, que les représentants de plus de 800 travailleurs de la SETRAM d'Alger ont protesté, à travers un communiqué rendu public, contre l'attitude de leur direction qui a recouru, selon le syndicat, au licenciement abusif de plusieurs de leurs collègues, sans aucun motif valable et en bafouant intentionnellement les lois et la réglementation en vigueur. Il s'agit pour les «représentants des travailleurs» de «la énième provocation de la part de la direction générale qui a été incapable d'apporter les solutions à des problèmes qui persistent depuis plus de 4 ans, à commencer par mettre en place une organisation claire et transparente, au sein de l'entreprise».

Les grévistes dénoncent leur direction, qui depuis le début de ce débrayage, «n'a pas cessé de diffuser de fausses informations, laissant croire que la grève a été déclarée illégale et que les revendications des employés sont illogiques et infondées, et que les conducteurs réclament moins d'heures de travail». Ils affirment que ces déclarations sont complètement fausses. Les porte-parole des grévistes regrettent, qu'en dépit des réunions déjà tenues avec la direction, aucune réponse concrète n'a été donnée à l'ensemble des revendications socioprofessionnelles comme la grille des salaires, la convention collective, la sécurité. Des revendications qui datent selon eux, de plus de 4 ans. Depuis ce temps «la direction nous a abreuvés de promesses sans que nos revendications soient prises en considération et que de vraies réponses soient apportées». Pis et au grand désarroi des employés, la direction générale, soutiennent les rédacteurs du communiqué, a commencé à employer des méthodes vicieuses pour empêcher les employés de faire valoir leurs droits, allant de la marginalisation et du harcèlement moral des employés, au licenciement abusif de certains de nos collègues. Ils affirment que «ce licenciement abusif est la goutte qui a fait déborder le vase»

Les travailleurs de la SETRAM d'Alger ont décidé de poursuivre la grève jusqu'à la satisfaction de leurs droits fondamentaux. Ils réclament la réintégration de leurs collègues et appellent les autorités à prendre «les mesures nécessaires pour mettre fin à cette tyrannie et à ce joug».

Et de dénoncer les pratiques de leur direction ayant pour but de casser le mouvement de protestation, affirmant que la DG a pris la décision hasardeuse de dépêcher un personnel administratif et d'encadrement des autres réseaux de tramway pour assurer le service minimum. Et d'indiquer que «ce personnel n'est pas conducteur de métier et n'est absolument habilité à conduire sur la ligne d'Alger». Ils affirment que «malheureusement et malgré toutes nos mises en garde sur le danger que représente cette décision pour eux-mêmes et surtout pour les voyageurs et riverains, l'inévitable s'est produit avec la survenance d'un accident matériel, aujourd'hui, au niveau de Tripoli.

Heureusement aucune victime n'est à déplorer»

Les travailleurs de la SETRAM d'Alger déclinent toute responsabilité quant aux conséquences que peut engendrer cette solution temporaire. Les grévistes sollicitent l'intervention de la tutelle pour suspendre, immédiatement, cette mesure périlleuse qui met, selon le syndicat «en danger les voyageurs et avant que d'autres dégâts, plus graves, ne se produisent» A noter que le service minimum est assuré avec une moyenne de quatre rames par jour. Les agents présents hier, sur place informaient, sans cesse, les citoyens que la grève est maintenue et que le service minimum est garanti sans pouvoir donner les horaires exacts de l'arrivée et le départ du tramway. Les guichets sont fermés, il n'y a pas de vente de tickets, le service minimum est assuré gratuitement.