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Nous et l'économie…

par H. Miloud Ameur (*)

L'économie est-elle une et une seule théorie ou plusieurs ? Elle est une science à part entière ou elle lui ressemble ? L'économie est liée à chaque société de manière à ce qu'elle gère ses besoins et assure ses perspectives. Car rien ne la remplace si la politique n'est pas là et la société ne veille pas à ce qu'elle maintienne son existence par le fait qu'elle couvre son bien-être en dehors de l'étranger.

L'économie est une équation purement mathématique  ayant sa présence dans la conscience commune notamment les élites économiques, les cadres gestionnaires et les managers pour créer la valeur ajoutée. Cela lui pose certains problèmes de méthodologie propres aux chercheurs en la matière alors qualifiés d'adaptation aux modèles à poursuivre s'agissant la compatibilité mathématique et les ajustements nécessaires. ‘'L'économie connait ses propres méthodologiques, mais les défis auxquels sont confrontés les chercheurs dans ce domaine ne sont pas fondamentalement différents de ceux rencontrés dans d'autres domaines. Le développement des sciences économiques va permettre d'élargir l'éventail des méthodes et des démonstrations, ce qui va les renforcer tout en permettant de dénoncer les charlatans'' (1).

Parlons de l'économie veut dire cerner une approche de ce que la société et ses dirigeants à travers l'Etat portent comme moyen pour faire face à la crise économique et financière frappant la politique économique d'un pays donné. Si l'économie industrielle est en crise comment peut-on dire face à l'économie naturelle ou l'individu est hors du commun ? Autrement dit, jusqu'à quand le pétrole puisse assurer les besoins d'un peuple donné ? L'économie est pareille que la politique sinon l'une complète l'autre dans les affaires de l'Etat ainsi que dans la gestion publique. Certains économistes chevronnées sont allés même confirmer que l'économie de rente aveugle les stratégies et déroute le chemin approprié de l'Etat pétrolier. Contrairement aux pays touristiques ou ceux qui veulent l'être ont un certain recule sur eux-mêmes pour viser ce qui est bénéfique par rapport à l'économique dont l'effort premier est concentré sur l'individu plutôt que sur la nature.

L'Homo economicus a fait bel et bien l'effort de la pierre au fiance en passant par le feu. L'économie est-elle une science dure ? Car elle ne peut l'être si la société pense qu'elle-même. Gérer les affaires publiques c'est intéresser aux masses populaires. Le génie d'un peuple s'est maintenir sa ligne de conduite mais loin de la dépendance à l'égard de l'étranger. De là s'inscrit l'esprit dominant la création de la richesse qui est l'effort même de chaque individu. Si l'économie est une science il faut que les économistes soient des scientifiques.

Loin de toute polémique qu'elle quelle soit, c'est la société en tant que telle qui valide ce que la science fait en profiter de manière à réaliser ses besoins par ses efforts et à contribuer pas ses moyens de prévoir son avenir. Car il y a une grande différence entre l'économie basique et celle de l'économie du partage (2). La première y occupe des approches et conceptions en liaison avec ce que les acteurs économiques demeurent absents de façon moins certaine dont l'Etat est souvent le maître du jeu économique sans qu'il ne trouve des alternatives appropriées : le pétrole ou le tourisme. La seconde s'intéresse à l'économie de biens, de services et de partage du savoir - faire du bien - être. Souvent la machinerie y domine davantage alors liée à la révolution industrielle qu'a connue l'Europe ; de l'entreprise au capital, de la division du travail au crédit et enfin de l'Etat au marché.

L'économie basique est-elle liée à la conception politique première ayant l'économie sous-développée ? Loin de l'économie du partage opposée à celle de l'économie sous-développée qu'on possède malheureusement alors est en retard d'elle sinon de subsistance reflétant ce que l'individu - citoyen connu comme consommateur et non pas producteur dont la seule barrière les séparant c'est bien la productivité.

Quoi qu'il en soit, si le travail est une valeur noble dans l'entreprise, l'entreprenariat est lié à l'économie basique alors n'a pas l'air de fonctionnalité meilleure sinon elle est mal faite sans avoir ni fondement ni originalité propres. De là s'inscrit en effet la volonté d'inventer un modèle reflétant les capacités et normes qui régissent l'économie afin que celle-ci puisse marcher en allant vers une économie-réussie.

Avoir un esprit économique demeure une affaire du temps, de connaissances et de culture économique. Â mesure que la politique n'intègre pas l'économie, l'individu constitue un handicap majeur face à l'Etat. C'est ainsi que l'économie élargit l'espace de la politique de façon équilibrée, équitable et épanouie. S'intéresser à l'économie avancée qui crée le travail, la richesse et l'investissement vers la croissance, l'exportation et aux échanges commerciaux ne peut que stabiliser le pacte social et coordonner les affaires de l'Etat face à la société. Il demeure certain qu'il est difficile de bouleverser les états généraux d'une stabilité sociale si on n'arrive pas à créer de la richesse en dehors de la nature : manque de culture économique ou faiblesse de l'économie - culture pour dépasser le stade de la dépendance du soi et créer l'indépendance de la société face à son évolution étant donné l'individu est le maître du jeu comme étant (capital social et richesse économique) à la fois pour qu'il change la donne. Richesse et investissement sont intimement liés dans une économie sûre d'elle. L'économie en parallèle tue l'économie de subsistance sans qu'elle ne s'enracine dans le tissu économique notamment celui de l'entreprise pour aller vers l'économie rénovée.

Parlons de l'économie algérienne, celle-ci a des problèmes clés pour dépasser cette transition de l'économie de l'Etat vers celle du marché. C'est là que se constitue le nœud du problème face à l'entrepreneur algérien incompétent - hors des normes de la compétence régionale et encore moins mondiale - contrairement aux voisins qui ont un legs bien enraciné, voire riche alors apte à l'investissement que ce soit privé ou étranger en la matière.

Il s'agit en effet de créer la richesse selon des normes et critères reconnus comme tels. Non seulement par rapport à l'intérêt qui est en jeu mais plutôt les moyens et services qui s'en servent. De là sorte, s'inscrit effectivement ce qui est porteur du niveau économique que l'être - citoyen se préoccupe davantage. Car rien n'est plus pire que de créer de la richesse d'abord, pour la commercialiser ensuite en termes économiques. L'économie du tiers-monde est la dernière des économies existant au monde par rapport à celles des grandes puissances et des pays émergents. En gros, l'économie c'est une culture liée plutôt à l'esprit de l'ouvrier, de l'entreprise, de la concurrence et du marché…Bref c'est un ensemble de critères et normes facilitant le jeu des acteurs économiques.

L'économie réussie est celle qui se base sur l'éducation et l'impôt auxquels Adam Smith a consacrés ses travaux sur la richesse des nations. Il est allé même de dire sans import il n'y a pas de représentativité de l'Etat -Without taxation Without Representation- . La bataille d'une société ayant un regard sur elle-même est celle qui a le courage d'y émanciper davantage. Après la stabilité politique, il y a la productivité économique qui est en enjeu. Il s'agit d'une prise de conscience profonde et solide que la culture économique puisse créer en parallèle avec la politique à savoir la notion de l'Etat dominant le terrain économique que la gestion publique exige pour le bien-être de la société qui est la sienne. Souvent l'Etat a des problèmes majeurs que la société lui crée à savoir les acteurs sociaux et les agents économiques et leur interaction commune et réciproque en vivant en dehors dans la durée limitée et la dureté forcée.

Notes :

1. Robert J.Shiller. L'économie est-elle une science ? Du Quotidien d'Oran du 9 novembre 2013.

2. Ayesha khanna & Barag Khanna. Discipliner l'économie du partage du Quotidien d'Oran du 28 septembre 2014.

(*)Enseignant et essayiste