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Les travailleurs réclament des hausses de salaires : Grève au Métro d'Alger

par M. Mehdi

Après le «bref débrayage» de jeudi dernier, les travailleurs du Métro d'Alger ont renoué hier avec la grève pour revendiquer une hausse du salaire de base ainsi que des primes de nuisance et de responsabilité. Jusqu'en début d'après-midi, seules quelques rames ont circulé, conduites par «des cadres de la société», affirme Riad Larbi, secrétaire général de la section syndicale de la RATP El-Djazaïr, prestataire de service pour le compte de l'Entreprise du Métro d'Alger (EMA).

Selon notre interlocuteur, la réunion d'hier «qui a regroupé des dirigeants de la RATP El-Djazaïr, des membres de la section syndicale et des médiateurs du ministère des Transports, de la Fédération des travailleurs des transports (UGTA), et du DG de l'ETUSA, Karim Yacine, n'a pas permis de résoudre tout le conflit». Après quatre heures de réunion, en présence des médiateurs, «la question de la revalorisation du salaire de base reste pendante. Nous avons conclu seulement de mettre sur pied une commission de travail consacrée aux primes de nuisance et de responsabilité», affirme Riad Larbi.

Selon lui, la RATP El-Djazaïr (dont nous n'avons pu joindre aucun interlocuteur, ndlr) affirme que la révision du salaire de base est impossible et qu'elle dépend de la révision du budget que lui octroie l'EMA. «Nous ne sommes pas payés en fonction des recettes, mais à partir d'un budget en tant que prestataire de service de l'EMA. On nous a clairement fait comprendre que si le budget n'augmente pas, les salaires de base ne seront pas revus à la hausse non plus», explique le SG de la section syndicale de la RATP El-Djazaïr.

Le syndicat réclame une hausse de «25% du salaire de base étalée sur trois ans» alors que la direction n'en propose que «15% échelonnés sur trois ans», affirme encore Riad Larbi.

Si le débrayage de jeudi dernier «était bref» «c'est parce que la direction avait saisi notre message et nous avait promis de faire quelque chose». Jeudi dernier, les trains ont circulé normalement, sauf que la vente de billets n'était pas assurée. «Mais, quelques jours après, on apprend qu'une hausse de salaire de 440 DA, soit environ 20 DA par jour, a été accordée. Nous avons donc décidé de reconduire la grève», explique encore Riad Larbi.

La grève lancée hier «est générale» et «a été observée par l'ensemble des 370 agents de l'ensemble des services de la société (conducteurs, billetterie, maintenance…). Les quelques rames qui circulaient hier «étaient conduites par des cadres» de la RATP. Le mouvement risque d'être reconduit ce jeudi si aucun accord n'est trouvé.