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En fuite, depuis près de dix ans : Khalifa remis le 27 décembre à l'Algérie

par Moncef Wafi



Abdelmoumen Rafik Khalifa, patron du groupe éponyme, sera extradé en Algérie, le 27 décembre prochain. En cavale, depuis près de dix ans, celui dont la banqueroute est devenue une affaire d'Etat et l'extradition un véritable feuilleton à rebondissements, sera, finalement, de retour au pays, lui, qui a été condamné, le 22 mars 2008, par contumace, à la réclusion à perpétuité, par le tribunal de Blida, pour les chefs d'accusation d'«association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux». L'effondrement, en 2003, de son groupe avait causé un préjudice, estimé par les autorités entre 1,5 et 5 milliards de dollars, à l'Etat algérien et aux épargnants. Une délégation constituée par une équipe de policiers du bureau d'Interpol Algérie et de hauts représentants du ministère de la Justice s'envolera, incessamment, en direction de la capitale britannique, pour finaliser la procédure d'extradition. Le ministère de l'Intérieur britannique a annoncé, le 16 décembre dernier, que l'ex ‘Golden Boy' algérien sera extradé, d'ici à la fin de l'année, vers l'Algérie, après avoir épuisé ses recours au Royaume-Uni. Egalement poursuivi par la justice française pour «banqueroute» et «détournements de fonds», M. Khalifa s'est vu refuser d'interjeter appel devant la Cour suprême, le 3 décembre. Une dernière carte qui n'a pas suffi à empêcher son extradition, alors que «tous ses recours» pour empêcher son extradition vers l'Algérie ont été rejetés par les autorités britanniques, selon la procureure adjointe du tribunal correctionnel de Nanterre, Marie-Christine Daubigney. Selon la justice française, le procès, en France, du fondateur de l'empire Khalifa doit se tenir du 2 au 20 juin 2014, devant ce tribunal.

Rafik Khalifa s'est réfugié en Grande-Bretagne, en 2003, lorsque a éclaté le scandale financier de la ‘Khalifa Bank' et de plusieurs entreprises de son groupe. Arrêté à Londres en 2007, pour séjour illégal, il est, depuis, sous la menace d'une extradition. En avril 2010, le ministère de l'Intérieur britannique avait autorisé son extradition, mais l'avocat de l'homme d'affaires avait introduit un appel auprès de la Cour suprême britannique, suspendant cette décision. Comme ultime parade à son extradition, il pourra, de nouveau, saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, ne serait-ce que pour retarder, un peu plus, son transfert, mais l'hypothèse est peu faisable, en absence d'arguments convaincants.

Dès son arrivée en Algérie, Abdelmoumen Rafik Khalifa sera déféré devant le tribunal criminel, près la cour de Blida pour être entendu comme le seul accusé dans cette affaire. Les autres personnes impliquées seront entendues comme témoins puisqu'elles ont déjà été jugées, en janvier 2007, par le même tribunal et dont le verdict a fait l'objet d'une cassation auprès de la Cour suprême. Renvoyé à une session non encore connue, leur jugement se fera, en présence de Khalifa.