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EL-BAYADH : LA TRANSHUMANCE DU CHEPTEL MENACE LES PATURAGES

par Hadj Mostefaoui



Les dernières précipitations automnales, très bénéfiques pour les parcours, notamment dans les régions du sud de la wilaya et fortement souhaitées par les éleveurs échaudés par la hausse vertigineuse du prix de l'aliment du bétail, aiguisent les appétits des pasteurs. Des centaines de milliers de troupeaux, d'ovins et de caprins ont pris d'assaut ces espaces et pas un seul hectare de terre n'est épargné par des éleveurs, en quête de pâturages, venus en force du centre et de l'est du pays. L'on assiste à une véritable marée qui submerge toute la région sur plusieurs kilomètres carrés et la transhumance du cheptel vers ces contrées a pris de court et à contre-pied la direction des Services agricoles ainsi que ceux du H.C.D.S, impuissants face à cette vague déferlante que l'on estime à plus d'un million de têtes d'ovins qui sont déjà sur les lieux, du bétail qui est passé outre la règlementation en vigueur en matière de contrôle sanitaire et il y a lieu de s'inquiéter de ce côté-là puisque ces milliers de têtes sont entrées dans le territoire de la wilaya sans même déranger le service vétérinaire de la D.S.A dont les éléments ne se sont jamais donné la peine de vérifier le dossier sanitaire de chaque troupeau. La crainte et la peur de déclencher une véritable levée de boucliers chez ces milliers de pasteurs qui ne connaissent ni frontière ni promiscuité leur a donné matière à réfléchir mais cela au détriment de la santé du cheptel ovin local. D'ailleurs les nomades locaux n'ont pas baissé les bras et ne cessent de descendre en flammes ces nouveaux intrus qui ne reculent devant rien. Les frictions et les rixes entre ces deux parties sont monnaie courage et se terminent le plus souvent par un bain de sang et des blessés graves de part et d'autre des deux camps.

Le bras de fer engagé par le HCDS qui se bat bec et ongles contre ce rouleau compresseur qui piétine tout sur son passage n'est pas prêt de prendre fin. Un travail de Titans eu égard aux faibles moyens humains et matériels dont dispose la direction locale du HCDS. Cette dernière vient de mettre sur pied des équipes mobiles qui veillent au gain, de jour comme de nuit pour assurer la surveillance de ces milliers d'hectares de terres mises en défens et qui risquent de partir en fumée en un laps de temps.

Le responsable de cet organisme suggère que l'opération de transhumance, qui n'est pas une nouveauté dans cette région, soit rigoureusement réglementée puisqu'il s'agit, en priorité, de sauver une steppe et des parcours et que nul n'ignore que l'Etat vient de mettre le paquet pour ressusciter la flore avec la diversité des espèces végétales mises à rude épreuve par le sable et la sécheresse.