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Syrie : Le siège de l'état major visé par un double attentat suicide

par Yazid Alilat

Au moment où le dossier syrien était discuté à l'ONU en marge de l'assemblée générale, un double attentat à la voiture piégée a ébranlé hier le siège des forces armées syriennes à Damas, ne faisant aucune victime parmi les officiers, selon un communiqué de l'armée. Les deux attentats ont été commis par deux kamikazes à bord de voitures piégées, lesquels ont mené l'attaque contre le siège de l'état-major syrien. «L'enquête préliminaire a montré que les explosions  aux abords et à l'intérieur du siège de l'état-major sont dues aux deux voitures piégées conduites par deux kamikazes», a indiqué la télévision syrienne, qui a montré des images d'une explosion devant le siège et d'une seconde qui semble s'être produite dans l'enceinte du bâtiment.

L'ensemble des commandants militaires de l'état-major syrien, cible de cette attaque est sain et sauf, a annoncé l'armée syrienne mercredi dans un communiqué. «Les groupes terroristes armés affiliés à l'étranger ont mené ce matin un nouvel acte terroriste en faisant exploser une voiture piégée et une bombe aux abords du siège de l'état-major (...) tous les commandants et les officiers militaires sont sains et saufs, aucun d'entre eux n'a été blessé», a indiqué le communiqué de l'armée syrienne. «Quatre gardiens en charge de la sécurité du siège de l'état-major de l'armée ont été tués et 14 civils et militaires ont été blessés dans les deux explosions terroristes», a ajouté la chaîne. La télévision a diffusé des images de caméras de surveillance montrant une première explosion devant le siège de l'état-major puis une seconde qui semble s'être produite dans l'enceinte du bâtiment. Selon la chaîne, les deux vidéos ont été prises à environ dix minutes d'intervalles. Ces deux explosions ont été suivies par de violents combats entre l'armée syrienne et des éléments de l'armée syrienne libre (ASL), qui a revendiqué ces deux attentats à la bombe.

Ces affrontements, aux abords du siège de l'Etat major de l'armée syrienne, ont fait beaucoup de morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces attentats à la voiture piégée interviennent en fait en plein débat à l'ONU sur les moyens de faire sortir la crise syrienne de l'impasse, et de faire cesser les combats et l'effusion de sang. A New York, au siège des Nations-Unis, le Qatar a appelé devant l'Assemblée générale à une intervention militaire de pays arabes en Syrie pour mettre fin à ce que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié de «désastre régional avec des implications mondiales».

Relevant que «tous les moyens avaient été employé en vain», Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a préconisé que «les pays arabes eux-mêmes interviennent conformément à leur devoir national, humanitaire, politique et militaire et font ce qu'il faut pour mettre fin au bain de sang en Syrie». De son côté, le secrétaire général de l'ONU a  réclamé une action du Conseil de sécurité pour mettre fin aux violences qui ont fait plus de 29.000 morts en 18 mois. «C'est une menace grave et croissante pour la paix et la sécurité internationales qui réclame l'attention du Conseil de sécurité», a-t-il souligné, appelant à soutenir les efforts du médiateur Lakhdar Brahimi. «Nous devons mettre fin à la violence et à l'afflux d'armes aux deux camps et mettre en oeuvre le plus vite possible une transition menée par les Syriens eux-mêmes», a souligné M. Ban. Pour le président américain Barack Obama, le régime Assad doit prendre fin, envisageant des sanctions en cas de poursuite de la répression. «L'avenir ne doit pas appartenir à un dictateur qui massacre son peuple», a-t-il lancé à la tribune de l'Assemblée générale, en présence de dizaines de chefs d'Etat. Dans une allusion à peine voilée au dossier syrien, le président russe Vladimir Poutine a estimé hier qu'il était temps pour les puissances mondiales de «tirer les leçons» des effets de leur politique au Proche Orient et en Afrique du Nord, et de cesser leurs «ingérences».

«Les tentatives de substituer aux principes des Nations Unies des actions unilatérales (...) et à fortiori le recours à la force au mépris de la charte de l'ONU ne mènent à rien de bon», a souligné le président russe lors d'une cérémonie au Kremlin où il accueillait de nouveaux ambassadeurs étrangers.

Ces politiques «sèment l'instabilité et le chaos», a-t-il ajouté. Par ailleurs, au moins 16 personnes, dont six femmes et trois enfants, ont été exécutées chez eux hier par des miliciens pro-régime, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).