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Rassemblement hier devant l'Académie: Les lycéens veulent un «seuil» pour le baccalauréat

par Sofiane M.

Les élèves des classes terminales ont mis à exécution leurs menaces. Des centaines de lycéens ont observé, hier matin, un rassemblement devant l'Académie pour exiger un allégement des programmes et l'instauration, comme les deux dernières années, d'un «seuil» pour les sujets du baccalauréat 2012.

Les élèves des classes terminales ont mis à exécution leurs menaces. Des centaines de lycéens ont observé, hier matin, un rassemblement devant l'Académie pour exiger un allégement des programmes et l'instauration, comme les deux dernières années, d'un «seuil» pour les sujets du baccalauréat 2012. Les jeunes, excités, ont bloqué, par intervalles, la route bordant l'Académie et reliant le rond-point Ahmed Zabana, au siège de la wilaya, causant des embouteillages monstres dans cette zone très fréquentée. Dans un brouhaha indescriptible, des cris de jeunes fusaient de partout : «Le seuil ! Le seuil !», «nous voulons un allégement des programmes», etc. Les éléments de sécurité, dépêchés sur les lieux, ont usé de grande patience et de constance pour calmer les jeunes déchaînés. Après deux heures de tractations, les lycéens ont finalement accepté de se disperser dans le calme. Ils se sont, toutefois, donné rendez-vous pour la matinée d'aujourd'hui. «Revenez en force demain ! Et surtout informez tout le monde», lance un jeune lycéen à ces camarades.

Les contestataires avaient en fait regretté que nombreux élèves de terminales des établissements secondaires de la ville n'aient pas adhéré à leur action de protesta. Les contestataires, qui avaient observé le rassemblement d'hier, venaient de 7 lycées de la ville, à l'exemple des lycées Colonel Lotfi, Allal Sidi Mohamed (Technicum jeunes filles), Imam El Houari à El Hamri… Les jeunes contestataires ont promis de tenir quotidiennement des sit-in devant l'Académie pour appuyer leurs revendications. Du côté de l'administration, l'Académie était en alerte durant toute la journée d'hier. Les deux premiers responsables, le directeur et le SG, que nous avons essayé de contacter, pour avoir plus amples informations sur ce mouvement de contestation, étaient en réunion d'urgence avec les chefs de service.

«Tous les responsables sont en réunion !», lance cet agent de sécurité. Une source autorisée à l'Académie nous a cependant révélé qu'une délégation de jeunes lycéens avait été reçue par le directeur et le chef de service de l'organisation pédagogique. Les représentants des lycéens se sont plaints essentiellement de la «surcharge» des programmes scolaires. Le directeur de l'Académie avait accusé, jeudi dernier, lors d'un briefing de la wilaya, des «cercles occultes de se servir des jeunes lycéens».

En réalité, les établissements secondaires de la ville sont depuis plusieurs jours, en effervescence. Les manifestations de colère chez les élèves de classes terminales ont commencé au début du mois, mais sans faire de bruit. Dans certains établissements secondaires de la ville, le personnel enseignant parle de «sédition» des classes de terminales. Boycott des cours, absences répétées ou non justifiées et même revois des vacataires par les élèves pour «manque d'expérience !» A rappeler que l'étincelle qui a déclenché le mouvement de contestation des lycéens, est le déficit constaté dans plusieurs lycées en professeurs des matières dites essentielles, notamment les maths et le français. Parmi les conséquences directes de ce déficit en enseignants de matières essentielles, les résultats du premier trimestre de l'année scolaire ont été «catastrophiques». A cinq mois de l'examen décisif du baccalauréat, l'année scolaire ou ce qui en reste, promet d'être longue pour la tutelle qui devra faire face non seulement à la fronde des lycéens mais aux mouvements de contestation annoncés par le personnel enseignant, les corps communs, les adjoints de l'Education, les inspecteurs et autres corps administratifs.