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Le contrat signé hier: Mercedes s'engage avec l'ANP

par Oualid Ammar

Un protocole d'accord a été signé hier à Alger, au siège du ministère de la Défense nationale, entre la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), le groupe émirati Aabar et le groupe allemand Mercedes-Benz et Daimler. Objet : modernisation et extension de la plate-forme de production de véhicules industriels de Rouiba.

La cérémonie de signature de ce protocole a été présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, M. Abdelmalek Guenaïzia, en présence du ministre de l'Industrie, de la Petite et Moyenne entreprise et de la Promotion de l'investissement, M. Mohamed Benmeradi, du ministre des Finances, M. Karim Djoudi, ainsi que du PDG de la SNVI, M. Mokhtar Chahboub.

A cette cérémonie officielle, il y avait également des officiers-généraux du ministère de la Défense nationale et de l'état-major de l'ANP, ainsi que les membres des deux délégations émiratie et allemande, dont M. Dieter Zetsche, président du directoire du groupe Daimler et Mercedes-Benz, M. Mohamed Badawi Al Husseini, président directeur général du Fonds d'investissement émirati Aabar, et le général-major Farès Al Mazroui des forces armées émiraties.

Cet accord, qui entre dans le cadre du renforcement des relations de coopération algéro-émiratie-allemande dans le domaine de l'industrie militaire, porte sur la modernisation et l'extension de la plate-forme de production de véhicules industriels située à Rouiba. On souligne que ce projet structurant s'inscrit dans le cadre, plus large, de la concrétisation et du développement de la coopération entre les Etats algérien, émirati et allemand, au double plan bilatéral et multilatéral.

Les partenaires ont convenu de créer, cette année, une société commune algéro-émiratie, avec comme partenaire technologique le groupe Daimler, portant sur la fabrication de véhicules industriels de marque Mercedes-Benz sur le site de la SNVI à Rouiba.

Il est fixé à cette société, dès les premières années et après remise à niveau des installations, l'objectif majeur de produire 8.500 véhicules industriels/an, de tous types, de marque et de label Mercedes-Benz, pour atteindre 16.500 véhicules/an au bout de cinq ans, destinés à la satisfaction des besoins du marché national.

Récemment, le syndicat UGTA de la SNVI-Rouiba exprimait son inquiétude par rapport à «l'avenir de leur entreprise». Ce syndicat déplorait que l'usine ne fabrique plus que 1.200 véhicules par an, contre 5.000 auparavant. Il en appelait à l'Etat pour qu'il assume ses responsabilités pour éviter que la situation n'empire.

Le PDG de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), Mokhtar Chahboub, ne semblait pas partager totalement cette inquiétude. Il tablait sur un assainissement des dettes de l'entreprise de l'ordre de 62 milliards de dinars, accompagné d'un plan de redressement pour lequel l'Etat déboursera 12,5 milliards de dinars pendant les cinq prochaines années. En fonction de cela, M. Chahboub estimait que durant cette année, la SNVI pouvait réaliser «un bénéfice de 23 milliards de dinars contre 17 milliards de dinars en 2010». Il rappelait que le marché national, dont les besoins s'élèvent à 35 milliards de dinars par an, absorbe la quasi-totalité de la production de l'entreprise. Quant à ses exportations, «elles n'excèdent pas 1,5 million d'euros, contre 20 millions d'euros par an durant la période 2002-2008». En 2010, l'entreprise a exporté vers le Gabon, le Mali et le Niger.

Il y a quelques jours, la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) a passé un accord de principe avec le ministère sénégalais des Transports, la Mairie de Dakar et le ministère bissau-guinéen du Transport pour la fourniture d'autobus pour environ 5 millions de dollars.

Un nouveau souffle

Ces débouchés vont contribuer à donner un nouveau souffle à la production mécanique, souffle auquel contribue l'Armée nationale populaire (ANP).

On rappelle dans ce contexte que le 17 mars dernier, le ministère de la Défense nationale (MDN) annonçait, à partir de Constantine, la concrétisation d'un important projet dans la branche mécanique en partenariat avec des firmes allemandes et un fonds d'investissement public d'Abou Dhabi (Aabar Investments). Le MDN et ses partenaires avaient procédé à la constitution et l'enregistrement de la Société algérienne de fabrication de véhicules spéciaux Rheinmetall Algérie SPA. Ce partenariat devrait permettre la production 10.000 véhicules par an. Pour réaliser ce projet, le gouvernement a mis à la disposition du ministère de la Défense nationale le site de l'Entreprise nationale des matériels des travaux publics de Aïn Smara et le complexe moteurs-tracteurs de Oued Hamimine, tous deux situés dans la wilaya de Constantine, ainsi que le site du défunt projet Fatia de Tiaret.

Sur le site de Aïn Smara, il est prévu l'implantation d'une «industrie de véhicules par la modernisation du complexe pelles et grues de l'ENMTP et la relance de son centre de formation, en vue de dispenser des programmes de formation professionnelle, hautement spécialisés, pour des productions de la marque et du label de ce partenaire». Selon des projections, la nouvelle entreprise, qui sera opérationnelle dès cette année avec un effectif de 200 personnes, va générer 1.000 nouveaux postes d'emploi dès la deuxième année.

Le ministère de la Défense signalait également que deux autres sociétés du même concept seront créées le deuxième trimestre 2011 à Oued Hamimine pour la production de moteurs, et à Tiaret pour la production de véhicules légers tout-terrain.

En partenariat avec les allemands MAN Ferrostal et Daimler, la nouvelle société est appelée à produire quatre modèles de véhicules, le Sprinter Mercedes, Unimog, Fuchs et des modèles de classe G. Une partie de la production sera destinée à l'armée algérienne.