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Le choc des cultures

par Mazouzi Mohammed *

2ème partie

Hitler avait quelques points en commun avec ces néoconservateurs illuminés du nouveau monde, Je me demande dans quelle case Huntington aurait pu caser ce type ? L'Histoire donne parfois le vertige par ses non- sens, ses mobilités, ses interfaces et ses trous de verre.

 Evidemment, on nous fait croire que ce sont surement les innommables exactions commis par ces partisans de l'eugénisme qui les incitera à utiliser un langage porteur de dispositions plus attentionnées lors de la rédaction de la déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, en les amenant enfin à considérer que «La Reconnaissance de la dignité humaine à tous les membres de la famille humaine et leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.»(8)

 Il leur a fallu du temps pour considérer l'humanité comme une seule et même famille, et pourtant ce dogme figurait déjà en 1799 dans un document similaire inspiré à la France suite à la longue violence de ses iniquités sur ses propres sujets, cette même France qui continuera à penser que même parmi ces membres de cette famille humaine, certains peuples n'avaient pas leur place, puisque les Coloniaux se sont toujours comporté avec cette omnipuissance d'apprécier et juger qui de ces peuples asservis présentait les critères pour être admis parmi les «membres de la famille humaine» et qui par contre ne figurait pas dans cette nomenclature.

 Jommo KENYATTA déclara en 1937 que «l'Africain a été réduit à un état de servitude incompatible avec toute dignité humaine alors que ses institutions ancestrales lui garantissait depuis des siècles une liberté que l'Européen peut difficilement concevoir.» (9)

 Il me semble que nous nous sommes mépris sur les intentions de l'Occident; «Les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme» proclamés depuis 1776 aux Etats-Unis et depuis 1789 en France, seraient alors les seuls motifs qui les ont incité à réduire le reste de la planète à cet état de servitude incompatible avec toute dignité humaine. On nous reprocherait toujours de faire l'amalgame entre d'une part ces trust, ces firmes, ces lobbys, ces confréries secrètes qui ont toujours soit orienté les politiques de leurs Etats, soit agi à l'insu de leurs Etats et de leurs peuples innocents, soit passé outre la volonté de tout le monde, et d'autre part une civilisation, intangible, immatérielle,abstraite, figée, inanimée dont ils se réclament, celle qui est prônée par les philosophes et les manuels scolaires. Comme il nous arrive à nous aussi de nous offusquer lorsque cet Occident confond Islam et Intégrisme(s)

 Lorsque le peuple algérien, usé par 130 années d'oppression certifiée, engagea sa lutte de libération, leur sémantique réductrice usant de ces frivolités langagières euphémiques ont vainement tenté de faire de nos libérateurs de vulgaires «Terroristes et de Fellagas», en réduisant cette glorieuse lutte à de simples «Evénements», une simple affaire de police franco-française. Ce n'est qu'en 1999 que l'Assemblée Nationale française parlait enfin de «Guerre d'Algérie»

 Il aurait fallu plus de soixante années après les crimes de 1945 pour qu'un représentant officiel de la France utilise, en évoquant la tragédie de Sétif,les vocables de «Massacre» de «Tragédie inexcusable» (10)

 Quant au Président Nicholas Sarkozy A l'occasion de sa visite en Algérie, en dépit de toutes les attentes, il fut également incapable d'exprimer la repentance de la France envers les Algériens. Invité du journal télévisé de France 3 le 7 décembre 2005, M. Sarkozy a expliqué «qu'il faut cesser avec la repentance permanente [qui consiste à] revisiter notre histoire. Cette repentance permanente, qui fait qu'il faudrait s'excuser de l'histoire de France, parfois touche aux confins du ridicule»

 Non satisfaits de leur incapacité à trouver les moyens philosophiques, moraux ou juridiques a même de leur permettre de demander officiellement pardon sans ternir leur grandeur, Les Politiques Français n'hésitent pas néanmoins, et avec un aplomb extraordinaire, de supplanter les Historiens en promulguant leur fameuse Loi du 23 février 2005 relative à leur présence qu'ils ont décidé,avec une célérité inouïe, de considérer comme positive. (11)

 Toujours dépassés et trahis par un langage qu'ils ne maitrisent pas dans la mesure où il ne sied guère à la vérité, le Président Chirac est forcé d'abroge par le décret n° 2006-160 du 15 février 2006 ce deuxième alinéa de la discorde et de la honte.

 Après avoir attendu et espéré vainement un traitement équitable, le parlement algérien décide de proposer une Loi qui enfin rendra justice au peuple algérien et criminalisera ce fugitif colonialisme. L'Hexagone est scandalisé. Et pourtant le statut du Tribunal de Nuremberg procède des mêmes principes, et on s'est même avisé de venir à sa rescousse par la fameuse Loi Gayssot et son article 9 qui vise à qualifier de délit la contestation de l'existence des ces crimes contre l'humanité pré- définis par eux et pour eux. Ainsi la boucle est bouclée : les victimes étaient déjà recensées selon une manière alambiquée par un Tribunal qui s'arroge des compétences trop floues, ensuite on s'est occupé de cette Liberté de presse ou d'Opinion qui ne marcheraient pas dans le sens de ces arguties politico juridiques qui émanent de ce cocktail fait par ce Statut ( Art :6 et 9 ) ainsi que de Loi Gayssot (Art :9) et qui amèneraient tout contrevenant à ces mises au point à faire l'objet de poursuites judiciaires.

Après plusieurs siècles d'oppression suivie d' une douloureuse décolonisation, l'empire colonial reste fidèle à lui-même et se naturalise en Francafique avec toutes les conséquences désastreuses que cela implique. On veut bien essaimer dans chaque coin du globe et surtout dans l'inconscient de l'humanité un Mémorial de la Shoah, on demande au papes de se prosterner en Israël et confesser la lâche pusillanimité de l'Eglise,on exige de l'Allemagne de s'ensevelir sous les remords pour ses cinq années de folie mais on ne consent guère à faire son mea-culpa lorsqu'il s'agit de plusieurs siècles de misère humaine.

 Lorsque Chomsky énumère, dans un de ses ouvrages(12), les inquantifiables frasques du Gouvernement U.S. Cette forme d' instinct basique qui reflète cette tendance maniacodépressive de l'oncle Sam à agir toujours de manière unilatérale, n'oublions surtout pas que cette violence étatique, officielle et flagrante restera toujours dérisoire à côté des agissements occultes de leurs Lobbys superpuissants qui portent d'avantage préjudice à la paix dans le monde et à la sécurité même de leur civilisation.

 Beaucoup d'intellectuels ont reproché à Chomsky son acharnement depuis des lustres à vilipender les politiques de cette Amérique fascinante, l'ère de Bush met fin à tous les scepticismes quant à l'origine de cette bêtise atavique. C'est au nom de ces mêmes principes civilisateurs et messianiques trop sibyllins pour notre intellect que les faucons de la Maison Blanche ont tenté de raser de la surface du globe un foyer de civilisation dont l'aura et le primat sont par essence indélébiles et en face duquel cet Occident prédateur dans la version à laquelle nous nous sommes accoutumés n'est qu'un accident de l'histoire.

 Somme toute, c'est toujours pour votre bien qu'ils veulent vous éliminer, afin de vous rendre soluble, intégrable, assimilable… Huntington n'a-t-il pas prêché que l'égalité et la liberté étaient des principes exclusivement défendus par la civilisation occidentale. Et que c'était à ce titre que sa civilisation ne pouvait pas s'entendre avec les représentants d'autres civilisations dans le cadre d'accords internationaux, puisque ceux-ci sont naturellement portés à la violence. (13)  

Nul n'est dupe aujourd'hui que Les mots et les images ont toujours été essentiels, prédominants et antérieurs à toutes velléités bellicistes, car ils servent dans un premier temps d'alibi aux politiques des partisans de la déprédation et leur permettront par la suite sinon de récolter la sympathie et le plébiscite pour leurs campagnes d'extermination, au moins un silence et une indifférence non moins condamnables.

 «Le Choc des civilisations» consiste à mettre en place les processus psychologiques menant à la fabrication par ces pseudo civilisations de leurs ennemis. Cette thèse est la pièce maitresse de mise en culture des identités meurtrières les plus régressives des êtres humains. car elle remet au gout du jour une sorte de fatum auquel l'arabe, le musulman, l'autre, l'étranger, ne pourra jamais s'y soustraire.

 «Le cœur de l'idéologie de Lewis à propos de l'islam est que celui-ci ne changera jamais, souligne Edward Said, (...) que toute approche politique, historique ou universitaire des musulmans doit commencer et se terminer par le fait que les musulmans sont des musulmans (14)

 C'est en partie vrai, Le calife Umar avait dit un jour à un des ses amis qui lui recommandait de respecter certains protocoles et usages diplomatiques qui magnifiaient l'apparence d'un moment éphémère au détriment du verbe de Dieu : «Dieu a fait au moyen de l'Islam notre gloire, chaque fois que nous aspirerons à la rechercher en dehors ou ailleurs, Dieu nous avilira.» Mais cette gloire dont parlait le calife Umar était celle de l'humilité face à nos semblables et de la justice à l'égard de tous.

 C'est dans cette optique que le Moyen-Orient fabrique ses sentiments et non pas ses idées, et c'est d'ailleurs pour cette raison que Bernard Lewis, en fin connaisseur de cette contrée qui évolue hors du temps et du ton cadencé de l'Ouest, s'est improvisé en gourou de Paul Wolfowitz secrétaire adjoint de la défense U.S en 2002. Le faucon de la maison blanche, lors d'une cérémonie organisée en l'honneur de son mentor à Tel-Aviv, reconnut avec fierté: «Il nous a enseigné comment comprendre l'histoire complexe et importante du Moyen-Orient et l'utiliser pour nous guider et construire un monde meilleur.»(15)

 Si malgré nous, nous semblons projeter vers les autres l'image d'une communauté piégée par ce référentiel à l'égard duquel notre intellect n'arrive pas à s'affranchir. Il est urgent de les rassurer que c'est justement ce référentiel qui nous sert de garde-fous et nous empêche de faire subir aux autres quelques injustices au même titre que nous n'accepterons jamais de vivre dans un monde où règne ces injustices. Ce n'est pas le musulman qui renseigne sur l'Islam, c'est la parole de Dieu. Et elle ne nous a jamais incité au désordre et au mépris de l'autre : «Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux.» (Coran, 49 :13)

Et cette piété ne doit précisément pas se refléter à travers une praxis caricaturale :«La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant», mais plutôt par le truchement d'actes qui impliquent forcement le consentement et l'adhésion de tous les membres de la famille humaine : «donner de son bien, quelque amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demande l'aide et pour délier les jougs…» (Coran, 2 : 177) et les vertueux sont justement ceux qui ne vivent que par et pour une coexistence dans le partage et qui «offriront la nourriture, malgré leur amour pour elle, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier (disant) : «C'est pour la face de Dieu que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique.» (Coran, 76 : 7-10)

 Dans un de Ses Hadiths Sacrés, Dieu ajoute: [Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdis l'oppression, et Je l'ai interdit entre vous, alors ne vous opprimez pas les uns les autres].

 Si en dépit de cette clarté, beaucoup d'ambigüités persistent. Cela signifie qu'il y une farouche détermination à entretenir ces équivoques pour justement entretenir une discorde rentable.

 On aura beau chercher dans l'Histoire et dans la Science, je ne vois pas comment Cette origine, cette spécificité que chacun ( Juifs, Chrétiens, Bouddhistes…) a entièrement le droit de revendiquer selon des manifestations plus ou moins ostensibles/ostentatoires, pourraient constituer un handicap à une coexistence pacifique et féconde dans la mesure où les droits des uns et des autres sont équitablement sauvegardés, chose que l'on a déjà vu par le passé et même aujourd'hui dans des pays où certains apriori et contentieux politico-historiques sont gommés. Certains de nos concitoyens au Canada honorent, à l'instar de toutes les autres communautés, leur pays d'accueil en assumant admirablement une modernité qu'ils avaient préalablement acquise dans leurs pays d'origine sans se sentir pour autant obligé de se délester de leurs convictions religieuses.

 Puisque l'Histoire a une Fin et une Fin, la première étant selon Fukuyama le terminus d'une Histoire fade et convulsive appelée malgré tout à déboucher sur autre chose mais qui, soit dit en passant, a été très rentable par ses complots et ses mensonges; la seconde étant cet objectif désormais en phase et qui doit se traduire dans ce changement dans la continuité, il était donc devenu urgent pour ces artisans de l'Histoire de cogiter sur de nouvelles approches au service, comme toujours, du plus grand bonheur pour le moins grand nombre de personnes (Toujours les mêmes). Après avoir essayé de sauver un Saint Sépulcre dont le locataire a été terriblement malmené par eux-mêmes quelques siècles auparavant, en sécurisant les routes des pèlerins et en faisant à l'occasion de juteuses affaires au Moyen-Orient et ailleurs, comme on est en train actuellement de sécuriser tous les oléoducs dans le monde.

 Après avoir essayé de pacifier des territoires sauvages en pillant la totalité de leurs richesses. Après avoir tout fait et n'importe quoi sous prétexte que les «Périls Rouge et ensuite Vert» menaçaient la seule civilisation viable.

 Il ne leur restait en fin de compte rien de mieux, pour ce Nouvel Ordre Mondial, que d'expérimenter dans les années 2000 la subliminale thaumaturgie inspirée par les compagnons du P.N.A.C. «Les Etats Unis doivent avoir la détermination pour façonner un nouveau siècle favorable aux principes et aux intérêts des américains… par la force militaire et la clarté morale.»(16)

 Quant à la force militaire, personne ne doute de ses pouvoirs illimités ainsi que des subterfuges et moyens mis en œuvre pour la doper, par contre le concept de «clarté morale» reste quand même ambigu, d'autant plus que c'est lui qui va motiver cette force militaire et susciter une forme de plébiscite mondial, du moins de la part de la civilisation occidentale, dans laquelle Huntington fourre l'Europe et les Etats-Unis. Heureusement qu'il s'en est toujours trouvé des gens sensés partout dans ce monde occidental qui refusent de cautionner ces incorrigibles despotismes, mais à ce moment là, bien qu'ils fassent partie de cette civilisation occidentale,leur opinions et résolutions deviennent subitement caduques, nulles et non avenues.

 Que ce soit une opinion mondiale éclairée,l'O.N.U, l'O.M.C, Le Tribunal Pénal International ou d'autres décisions prises lors de sommets à la con - c'est du moins l'avis de ces néoconservateurs- comme ceux de Kyoto, l'Amérique persiste et signe,aucune culpabilité ni responsabilité ne sera reconnue. Il s'agira pour eux de lever la main droite et de jurer «le Profit, tout le profit, rien que le profit.»  

Dans la section IX de la Stratégie Nationale de Sécurité des Etats-Unis d'Amérique, ils annoncent la couleur au cas où quiconque tenterait d'invoquer un certain Droit International.

 «Prendre les mesures nécessaires afin que les efforts déployés pour assurer la sécurité globale et protéger les américains ne soient pas entravés par des potentielles enquêtes ou poursuites par le T.P.I dont la juridiction ne s'applique pas aux américains et que nous n'acceptons pas.» (17) Cela ne les a pas empêché de faire tout leur possible pour qu'une certaine justice offre au monde arabe le jour de l'Aïd El-Kebir le lynchage de Saddam Hussein.       Ainsi les dogmes du P.N.A.C qui sacralisent la submersion des fins par les tous les moyens, ont été la feuille de route de cette Stratégie Nationale de Sécurité des Etats-Unis d'Amérique «Aujourd'hui, la distinction entre les affaires domestiques et étrangères diminue. Dans un monde globalisé, des événements au-delà des frontières de l'Amérique peuvent avoir un plus grand impact à l'intérieur de celle ci(…) C'est un nouveau fait de la vie,Nous allons nous ajuster et prospérer, malgré ce fait» (18) On ignore si cela impliquait la lutte contre le Terrorisme et la mise au pas des états voyous ou si cela devait suggérer et inclure aussi tout autre projet pour assurer leur sécurité alimentaire et énergétique. Avec la même clarté morale. Ni ce P.N.A.C, ni la Stratégie Nationale de Sécurité des Etats-Unis d'Amérique ne constituent en soi des faits inédits dans cette politique bizarre des Etats Unis, au contraire, ils s'inscrivent dans un état d'esprit typiquement américain, maniacodépressif.

A suivre

Note :

(8) Déclaration Universelle des Droits de l'Homme-1948-. Préambule

(9) Jomo Kenyatta- Au pied du Mont Kenya-1937

(10)Allocution de l'Ambassadeur de France lors à l'Université de Ferhat Abbas le 27 Février 2005

(11)Loi française du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit» (article 4, alinéa 2).

(12) Noam Chomsky, Hegemony or survival: América's quest for global dominance, 2003.

(13) Samuel Huntington - Le Choc des civilisations (Odile Jacob, 1997).

(14) Edward Said, cité par Shahid Alam, Couterpunch, 28 juin 2003.

(15)“In the service of empire” Lamis Andoni, «au service de l'empire», Al-Ahram Weekly, Le Caire, 12-16 Décembre 2002.

(16) P.N.A.C : le Project for the New American Century – crée en 1997, est une prétendue organisation éducative à but non lucratif visant à promouvoir le leadership global américain. Bizarrement, certains parmi les membres de cette inoffensive organisation éducative à but non lucratif, sont ceux-là même qui vont allumer la mèche pour embraser le monde, les intégristes de la maison blanche. ( Elliott Abrams, Gary Bauer, William J. Bennett, Jeb Bush, Dick Cheney, Eliot A. Cohen, Midge Decter, Paula Dobriansky, Steve Forbes, Aaron Friedberg, Francis Fukuyama, Frank Gaffney, Fred C. Ikle, Donald Kagan, Zalmay Khalilzad, I. Lewis Libby, Norman Podhoretz, Dan Quayle (vice president of the United States sous George H. W. Bush), Peter W. Rodman ], Stephen P. Rosen, Henry S. Rowen, Donald Rumsfeld, Vin Weber, George Weigel, Paul Wolfowitz).

(17)-(18)The National Security Strategy of the United States of America, George W. Bush THE WHITE HOUSE, September 17, 2002 : http://www.whitehouse.gov/nsc/nss.html