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Une guerre nucléaire contre l'Iran, quels risques court le monde arabo-musulman ?

par Medjdoub Hamed

Suite et fin

Aujourd'hui, Israël et l'Occident et à leur tête les Etats-Unis s'apprêtent à attaquer l'Iran, en utilisant, si besoin est, des armes nucléaires. L'Iran tente tant bien que mal de tergiverser par une guerre psychologique, pour retarder l'échéance d'une nouvelle guerre. Et ses revirements successifs sur son dossier nucléaire ne trompent pas, les craintes de l'Iran sur les projets de guerre auxquels s'apprête la superpuissance sont réelles. Il est évident qu'il n'y aucune comparaison entres les forces iraniennes et les forces américaines. Sans compter les forces otaniennes présentes dans le théâtre de guerre moyen-oriental.

 Les Américains, pensent-t-ils rééditer une nouvelle fois leur exploit criminel sur une population japonaise sans défense, à Hiroshima, un matin du 6 août 1945, et à Nagasaki, le 9 août 1945. Ont-ils vaincu le Japon ? Le Japon n'a capitulé que parce qu'il était dans l'obligation de sauver les populations civiles des villes japonaises sans défense contre les armes atomiques. Si ces armes nucléaires n'avaient pas existé, la guerre aurait duré longtemps. La capitulation du Japon a donc été une capitulation technologique. De plus le Japon était haï à l'époque pour les atrocités qu'il a commises contre la Chine et la Corée du Sud.

 Pourquoi le Président Truman, en 1953, n'a pas approuvé la demande du général Mac Arthur de lui octroyer 50 bombes nucléaires pour en finir avec la Chine et la Corée du Nord ? L'Union soviétique, à cette époque, maîtrisait déjà la technologie de la fission et de la fusion nucléaire, ce qui a dissuadé l'establishment américain à la «guerre totale». Les Américains risquaient eux aussi un bombardement nucléaire sur leur population civile. Par conséquent, les armes nucléaires devenaient désormais un danger pour tous les pays du monde. Des guerres se sont succédées depuis août 1945, mais jamais l'arme nucléaire n'a été utilisée dans les conflits armés. Pourtant, les Américains s'apprêtent à en faire usage contre les sites nucléaires de l'Iran, un pays musulman soupçonné, derrière son programme nucléaire, de produire des armes nucléaires.

 Pourquoi cet acharnement sur un pays qui n'a agressé personne et ne revendique que le droit à l'énergie pacifique ? Alors que la Corée du Nord a procédé à des essais nucléaires, en 2006, et ne fait pas l'objet de projets de guerre par la superpuissance. La Corée du Nord a des frontières avec la Chine et la Russie. Une attaque nucléaire contre la Corée du Nord entraînerait immédiatement une riposte nucléaire de la Chine et de la Russie. Les Etats-Unis, au-delà de la rhétorique guerrière, choisissent leurs cibles, tout en n'outrepassant pas les «lignes rouges» tacitement fixées avec les deux grandes puissances nucléaires, la Chine et la Russie.

 Evidemment, l'Iran ne figure pas dans ce «contexte imbriqué de lignes rouges» – Taiwan et Cuba font partie de ces clauses non dites –, même si elle a le soutien de la Russie et de la Chine sur le plan diplomatique. Il ne peut compter que sur soi. Aujourd'hui, les Etats-Unis patinent sur le plan économique. Il en va de même pour l'Europe. Alors que l'Asie est en pleine croissance. Que veulent, aujourd'hui, les Américains, acculés au triple plan économique, stratégique et militaire ? Pensent-ils résoudre leur crise économique et financière en menant une guerre contre l'Iran ?

Le deuxième scénario de guerre, le plus probant

Dans le cas le plus extrême qu'on a défini comme «le plus improbable», nous avons supposé qu'après les hostilités déclenchées par les Etats-Unis, une riposte iranienne, au moyen de missiles de moyenne et longue portée, a été déclenchée contre les forces américaines stationnées au Golfe et en mer. Nous ne prenons pas en compte une attaque de l'Iran contre Israël, sauf si l'Etat sioniste participe à la guerre, ce qui est peu probable.

 Les Etats-Unis, face aux pertes considérables, et selon leur doctrine de la «Quadrennial defense Review» et la «Nuclear Posture Review» de 2001 (remaniée en 2006), passent à l'étape suivante : le bombardement des sites nucléaires iraniens au moyen d'armes nucléaires tactiques. Des images d'horreur des bombardements nucléaires font le tour du monde. Surtout si les populations des villes ont été partiellement touchées ou menacées par les effets radioactifs, la situation va être extrêmement grave à la fois pour les Américains et les Iraniens.

 Evidemment, des manifestations anti-guerre vont éclater dans le monde entier, des condamnations unanimes contre les Etats-Unis, pour avoir utilisé des armes nucléaires contre un pays qui n'en est pas muni, fusent un peu partout dans le monde. Son seul tort est sa revendication au droit à l'énergie pacifique. Une solidarité mondiale va se constituer avec l'Iran. La situation, sur le plan international, va se compliquer pour les Etats-Unis et même pour l'Europe, en tant que pays alliés à la superpuissance. La guerre va se poursuivre, l'Iran continuera à lancer des attaques missiles contre les forces américaines, il en sera de même pour les bombardements aériens américains sur l'Iran.

Si les destructions et les pertes humaines seront terribles pour l'Iran, un grave problème va se poser pour les Etats-Unis, c'est la durée du conflit : «Combien va durer le conflit ?» Une semaine, dix jours, un mois, une année ou plusieurs années. L'état major des armées américaines au Pentagone s'est certainement posé cette question. Il sait que chaque réponse aux délais détermine le succès ou l'échec de ses opérations militaires. Plus le conflit dure, plus l'échec se profile, cela est évident pour la superpuissance. Une guerre nucléaire est censée être courte et doit donner rapidement des résultats.

 Supposons que l'Iran résiste - c'est le cas le plus probant -, et que les frappes nucléaires qui, malgré les destructions massives qu'ils auront occasionnées, n'ont pas entraîné la chute du régime, mais bien le contraire. Le peuple iranien s'est retrouvé «uni» derrière son armée, derrière son gouvernement, prônant le «djihad contre l'agresseur américain». Le vrai sens du mot arabe de «djihad» est le «combat pour une cause juste». Ce «djihad» va entraîner l'opposition de Moussavi et Mehdi Kharoubi à se ranger au côté du régime politique iranien, et c'est logique quand une nation est en danger, les forces politiques forment bloc.

 Face à cet état de résistance, les Américains ne pourront continuer à bombarder sans un plan clair et prédéfini. D'autant plus que la dissémination des forces iraniennes et le camouflage rend aléatoire les opérations militaires américaines. Alors que la riposte des forces iraniennes ne pourra que se prolonger, occasionnant des pertes côté américain. La question essentielle qui se pose : «Comment la guerre va évoluer ?» Surtout que les Etats-Unis ne peuvent envahir l'Iran, l'exemple d'un Irak bien plus faible et qui a enlisé les Etats-Unis de 2004 à 2008 dans un bourbier aussi grave que ne l'était le Vietnam, est édifiant. Il proscrit toute idée d'invasion.

 Il faut se rappeler la doctrine militaire «choc et effroi» (de l'anglais Shock and Awe), ou de domination rapide, basée sur l'écrasement de l'adversaire à travers l'emploi d'une très grande puissance de feu qui débouche sur l'annihilation de toute volonté de combattre. Par trois fois, cette doctrine, définie par Harlan K. Ullman et James P. Wade, a été utilisée : en Irak, en mars 003, au Liban en 2006 et à Gaza fin 2008 dans l'opération «plomb durci». Nous avons vu ce qui en a résulté. Aucun gain tactique ou stratégique, sinon des souffrances qu'ont enduré les peuples et des destructions massives des infrastructures. La doctrine n'est tout au plus qu'un «terrorisme d'Etat à grand échelle, ou terrorisme d'Etat contre nation». Un terrorisme qui n'a rien à envier au 11septembre.

 Si le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki en août 1945 a amené la capitulation du Japon en trois jours, qu'en est-il des bombardements des sites nucléaires iraniens au moyen de «bombes atomiques» ? S'ils ne donnent rien, hormis des destructions et de graves dommages collatéraux, quelle sera la réponse appropriée de Washington face à une situation de blocage ? Continuera-t-il la guerre, par des bombardements aériens ? Se résoudra-t-il à utiliser des bombes nucléaires contre des villes iraniennes ? Bombardera-t-il des villes comme Téhéran ou Qom ? Fera-t-il fi de l'opinion mondiale ? Du monde musulman ? Fera-t-il de l'Iran un «holocauste» dans le monde musulman ? Si c'est le cas, une véritable «guerre nucléaire totale» va poindre dans l'horizon d'un pays musulman ? Aucun pays au monde n'acceptera cette solution, y compris le peuple américain, qui, en d'autres termes, signera le début de la fin de l'humanité, par d'autres guerres nucléaires qui ne manqueront pas de suivre dans les conflits armés entre Etats.

 Les Américains, penseront-t-ils que la Russie et la Chine ne pourront réagir par crainte d'une «Troisième guerre mondiale» ? Il est certain que Russes et Chinois soutiendront l'Iran en guerre contre les Etats-Unis tant sur le plan international, au Conseil de sécurité, que sur le plan logistique, en armements. Toutes ces questions se sont posées au Pentagone avant le conflit armé. Il est certain que les Etats-Unis se sont fixés une «ligne rouge» à ne pas dépasser, c'est d'ailleurs pourquoi, depuis 2004, cette guerre est annoncée, et elle n'a toujours pas eu lieu. Les Etats-Unis savent qu'ils vont «au-devant de l'inconnu», et leurs généraux aux plus hauts postes de la hiérarchie l'ont souvent annoncé. Ils savent que rien ne sera acquis même s'ils lancent une guerre nucléaire contre l'Iran. Tout au plus «retarder le programme nucléaire de quelques années et affaiblir l'Iran sur le plan militaire». Ils savent que la guerre risque de s'étendre. Israël, pour affaiblir le monde arabe et porter un coup à l'allié de l'Iran, pourrait attaquer la Syrie et créer un autre front. «Et ainsi forcer la main aux États-Unis, sans que la superpuissance soit prévenue». Le Liban, probablement, ne sera pas épargné, le Hezbollah risque lui aussi des attaques israéliennes. Donc, trop d'engagements, et beaucoup de conséquences pourraient dériver d'une guerre contre l'Iran.

Sans compter le terrorisme international et les attaques asymétriques nucléaires. Aucune nation ne sera à l'abri, ni les Etats-Unis, ni les autres pays, la boîte de Pandore a été ouverte par l'Amérique. Aucune frontière terrestre ou maritime ne peut être étanche totalement. De plus, ce ne sont pas la liste des quatorze pays qui vont arrêter une attaque terroriste d'envergure contre l'Amérique. Les Américains savent que le terrorisme transnational peut revêtir différentes formes, il n'a pas de visage. En «effaçant la frontière entre une guerre nucléaire et une guerre conventionnelle», ils auront entraîné une «banalisation de l'emploi d'armes nucléaires». Pourquoi alors les traités de non-prolifération (TNP) ? De plus, ces armes nucléaires sont «miniaturisées» dans le but de frapper des sites enfouis sous terre, elles rendront forcément «service aux forces malveillantes». «Des forces à l'affût prêtes à déstabiliser le monde». Et à qui incombe la faute, «aux Etats-Unis et à sa folie de vouloir régenter le monde».

 C'est pourquoi les Etats-Unis comme d'ailleurs l'Iran ont peur de ce conflit, bien que pour des raisons différentes. Pour l'Iran, il est évident qu'une guerre nucléaire menée contre lui va non seulement faire de lui un «cobaye aux expériences nucléaires», mais surtout entraîner des souffrances terribles à son peuple sans compter des destructions considérables. L'Iran sait cependant que c'est un passage obligé pour s'affirmer non pas en puissance régionale mais en pays souverain, libre du diktat américain. C'est le tribut de la liberté.

 Quant aux Etats-Unis, ils risquent de sortir amoindris malgré les gains qu'ils auraient faits sur les plans financier et militaro-industriel. «Les commandes d'armements vont exploser» et les «bons de Trésor américains» (4) vont pleuvoir sur le monde». «Le baril de pétrole atteindra des hauteurs inimaginables 200 dollars, 300 dollars» ? Quel prix ? Personne ne pourra le savoir compte tenu de l'inconnu sur cette guerre. La Russie aura des excédents financiers inimaginables, elle pourra pousser encore plus sa croissance économique et militaire. Il en sera de même pour les pays arabes qui, malgré la guerre, seront de grands bénéficiaires de pétrodollars. Ils s'empresseront de mettre ces formidables gains financiers dans les banques américaines, en achetant ces fameux «bons de Trésor américains, véritable fer de lance de l'économie mondiale».

 Cependant, il y a un «mais dans ce saut dans l'inconnu». Qu'adviendra-t-il de la guerre ? Il est prévisible que la guerre va s'arrêter un jour, des négociations vont jouer pour trouver un compromis et tenter de sauver l'échec américain. Et les Etats-Unis ont pensé à ce cas de figure dans leurs plans de guerre. Car, ils savent que si le régime politique de l'Iran n'est pas tombé, la guerre aura été un échec. Ils savent aussi que «l'Iran n'est pas l'Irak», où les ethnies sont très divisées, l'Iran est beaucoup plus uni. Par conséquent, ils savent que continuer la guerre contre l'Iran et contre le monde musulman peut être pire pour la puissance américaine. Arrêter la guerre par des négociations serait aussi pire. Donc, «face à deux situations aussi pires l'une que l'autre», ils vont opter pour la moins mauvaise, la moins dangereuse pour leur leadership. Mais le mal est déjà fait.

 Surtout que le monde arabo-musulman a été horrifié par l'ampleur des sacrifices du peuple iranien. Les peuples des pays arabo-musulmans, non-alliés à l'Amérique, seront solidaires avec leurs armées et leurs gouvernements, qui seront considérés comme des piliers, «des remparts à l'ingérence de l'Occident agresseur» dans les affaires nationales. Quant aux autres pays musulmans, alliés à la superpuissance, ils seront dans une situation difficile, leurs peuples exigeront de plus en plus la rupture avec l'Amérique. Surtout que «l'échec de la guerre entache le parapluie américain». En défaut et n'offrant plus la sécurité aux régimes monarchiques, «il remettra en cause la viabilité de ces régimes».

 Le régime politique de l'Egypte sera dans une situation trouble, même l'état d'urgence instauré depuis trente ans ne lui évitera pas l'instabilité. Si l'état d'urgence a été instauré en Egypte depuis 1981, c'est évidemment pour imposer au peuple les accords conclus avec Israël et la sujétion de l'Etat à la superpuissance. Quant à l'Algérie, il y a de fortes chances que l'état d'urgence soit levé après la fin du conflit et la paix revenue. Si cet état d'exception a été instauré en Algérie, c'est bien plus aux horreurs de la guerre fratricide, téléguidée de l'extérieur, et le risque de dislocation l'Etat algérien. Ce qui n'a rien à voir avec la situation du régime égyptien, qui lui s'est trouvé engagé dans un processus d'alliance avec Israël et les États-Unis, aux dépens de la cause arabe et palestinienne et en opposition avec les aspirations du peuple égyptien.

 Quant au ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, qui, bien au fait des plans américains, lance une mise en garde à la Syrie et appelle à une guerre totale. «En l'absence d'un arrangement avec la Syrie, nous risquons d'entrer dans un affrontement belliqueux avec elle susceptible d'atteindre une guerre régionale totale», a déclaré Barak aux officiers supérieurs des Forces de défense israéliennes (IDF), selon le quotidien local Ha'aretz. Une guerre totale qui sous-entend une mobilisation de toutes les ressources humaines, économiques et «techniques», il est clair que Israël aura sa guerre totale s'il poussera dans ce sens, mais cette fois-ci, ce ne sera pas contre un Hamas désarmé ou un Liban défendu par une milice.

Conclusion

Il est difficile de pronostiquer les événements à venir tant ils sont complexes et diffus. Il est certain qu'ils vont influer considérablement sur les problèmes du monde musulman, qui vont des conflits au Sahara occidental et au Sahel jusqu'à celui du Cachemire.

 La situation, dans les années à venir, sera traumatisante pour les pays arabo-musulmans au cas où les Américains poursuivront cette stratégie guerrière dans le monde musulman. Et tout pousse à le croire, c'est le calme qui précède la tempête. Si les Arabes continuent dans leurs divisions, il faut s'attendre au pire, surtout si l'Iran se retrouvera, en cas de guerre, dans une situation difficile. Et la Syrie aussi, avec Israël, dans un état de guerre similaire. Il est clair que le programme du GMO se reposera en des termes nouveaux. Se rappeler «les accords Sykes-Picot, en 1916, par lesquelles les grandes puissances se sont partagés secrètement les terres arabes», qui ont été à l'origine de la constitution des Etats du Golfe.

 Les Etats-Unis chercheront encore à redessiner la «carte de l'arc de crise». Comme il est configuré, il ne ravit pas les stratèges surtout qu'ils font face à la montée en puissance de la Chine et de la Russie dans ces régions. Par conséquent, tout plaide à croire qu'ils chercheront un autre dépeçage de l'espace qui va de la Méditerranée, la mer Rouge, la mer Noire, l'océan Indien à la mer Caspienne. C'est-à-dire des «accords Sykes-Picot bis».

 Pour preuve, la loi sur les hydrocarbures en Algérie du 20 mars 2005, qui dénationalise les hydrocarbures et rétablit le système des concessions, a fait couler beaucoup d'encre. Après plus de cinq ans d'atermoiements, cette loi est finalement passée comme une lettre à la poste à l'APN. Ce n'est que grâce à une attitude et une attente vigilante des plus hautes sphères de l'Etat et des événements venus d'Irak et du Liban en 2006, que l'Algérie a renforcé sa position sur ses richesses pétrolières en mettant fin à cette décision prise dans une situation internationale extrêmement contraignante. Il faut aussi souligner «qu'un pays qui dépend d'un parapluie étranger, il est difficile de parler d'une nationalisation ou d'une privatisation de ses richesses pétrolières nationales». La frontière entre les deux états est extrêmement très ténue Et c'est ce qui est pour les richesses pétrolières des pays monarchiques du Golfe. Ce qui n'est pas le cas pour l'Algérie, la Syrie ou l'Iran et même l'Irak, qui gèrent les richesses de leur sous-sol indépendamment du contrôle de la superpuissance.

 Ceci étant, le problème des richesses pétrolières et l'ère nouvelle qui va s'ouvrir avec l'emploi d'armes nucléaires dans les conflits armés, ne laissent que peu de marge aux politiques arabes à venir. La situation va être très contraignante. Les traités internationaux seront probablement jetés dans les poubelles, et seule comptera la puissance de chacun contre chacun. La doctrine de Hobbes sera certainement d'actualité vu les problèmes nouveaux qui vont agiter le monde. Les pays arabo-musulmans doivent changer de politique et s'unir pour mettre en commun leurs forces comme cela se fait, comme «cela est dicté en Occident et en Asie». L'Etat-nation a perdu de sa force face aux problèmes internationaux, il a atteint ses limites. La Ligue arabe, ou la Ligue des 22, que les Français appelle un «machin», doit faire sa mue et devenir une «Ligue arabo-musulmane» ou une «Ligue des 26». «Les nouveaux membres seront évidemment la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan». Cette ligue doit rester «ouverte pour englober les autres Etats musulmans d'Asie qui voudront s'intégrer». Ce sont aujourd'hui les grandes alliances, dépassant les niveaux continentaux, qui peuvent apporter aux Etats-nations non seulement la sécurité mais aussi peser sur l'échiquier mondial face aux autres blocs.

 Si une guerre est déjà en marche contre le monde arabo-musulman, et si le nouveau président américain parle de «cause juste, d'une guerre juste» qu'il compte entreprendre, avec son état-major des armées, pour le bien de l'Amérique, ce qu'on peut lui dire : «que cette guerre soit juste, qu'elle donne l'espoir et qu'elle libère les peuples du diktat et de l'oppression».

4. Pourquoi la dépression économique mondiale n'est qu'à son commencement ? du 25 au 29/07/2009, Quotidien d'Oran, du même auteur