Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Un dinar en avant, deux dollars en arrière

par Ghris Djillali

Tel projet est à revoir ou à modifier parce que d'autres idées sont apparues. Il faut donc comprendre que les auteurs de ces nouvelles idées étaient absents le premier jour de prise de décision.

Si tous les acteurs principaux ont participé au départ, on aurait évidemment gagné en temps et en dépenses. Alors, qui est responsable de toutes ces pertes, énormes, qui nous ruinent davantage à chaque prise de décision ? Apparemment personne.

 Pour le citoyen, la terminologie, les équations et les théorèmes des économistes et des sociologues se résument à des observations concrètes. Un dinar impuissant, des prix imaginaires, des produits intouchables, une sécurité sociale inefficace, une administration trop lourde, un avenir douteux.

 Pour toute conception, une longue préparation et beaucoup de patience sont nécessaires. Ne rien négliger, toutes les alternatives et les suggestions sont prises en considération. Perdre un peu de temps au début vaut mieux que tout refaire par la suite. «Well begun is half done», sagesse anglaise.

 Depuis le début de notre indépendance, et surtout après la révolution industrielle, nous avons vu des entreprises naître et grandir, avec le grand espoir de voir l'Algérie un jour fleurir parmi les fleurs et jouer son rôle parmi les acteurs principaux de ce monde. Sortant d'une grande guerre sanglante après notre longue révolution, notre image était exemplaire. Nous étions un peuple bien respecté, surtout pour sa bravoure. J'étais personnellement bien flatté un jour, en discutant avec un universitaire de Trinidad, un pays que j'ignorais jusqu'à l'existence, lorsqu'il m'apprit que l'Algérie était un grand pays qu'ils respectaient beaucoup pour son histoire révolutionnaire. Ceux qui ont longtemps essayé de nous mettre à genoux se sont trompés de calcul. Notre force et notre dynamisme étaient trop forts. On ne pouvait pas nous battre en fair play. Nos ennemis n'ont pas abandonné leur projet de mal, ils se sont tournés vers d'autres méthodes sales. Les impérialistes cherchent aujourd'hui à adopter la colonisation à distance.

 Imaginons un peu les cow boys mettant leur savoir scientifique au service des petites nations, sans pression, sans ingérence et avec justice. Ils auront beaucoup à gagner eux-mêmes, et nul ne souhaitera leur déclin. Tout le monde a besoin de technologie et tout le monde leur fera appel, en amis. Ils seraient bien aimés et partout les bienvenus. Leur industrie, avec ses moyens gigantesques et sa longue expérience sera la maîtresse incontestable du monde avec le support de tout le monde et avec bon cœur. Ils aideront les pauvres à se développer et personne n'oubliera cette assistance. L'empire ne serait plus un vampire à battre, mais un sauveur à respecter.

 Les grands progrès technologiques ont à un certain moment permis aux cow boys, à un certain degré, de se racheter après avoir été longtemps considérés, historiquement, comme des criminels ayant exterminé les pauvres tribus de peaux rouges pour s'accaparer de leurs terres et richesses. Aujourd'hui la technologie est partout dans le monde, et donc que le plus compétent l'emporte. Jouer la dernière carte de la force et du chantage ne peut réussir à tous les coups. Le microbe sioniste ayant pénétré, et profondément, leur système, il a réveillé en eux le gène criminel qui leur est propre. En criminologie, on estime que le caractère criminel est en partie héréditaire. Et qui peut imaginer des bonnes familles européennes envoyer leurs enfants tuer des pauvres indiens juste pour voler leurs terres et s'enrichir ? Il faut bien comprendre que c'est toute la pourriture de l'Europe qui a démarré cette opération, et une fois bien installée ils étaient devenus les maîtres de cet empire de malheur.

 Les historiens sont très bien placés pour connaître tous les détails.

 Mais aujourd'hui, avec ce comportement mafieux, de règlement de compte sans limite, tuant et chassant des peuples entiers pour se venger contre des petits groupes menaçant leurs intérêts, que peuvent ils gagner ? Changer les mentalités des hommes nés libres et décidés à rester libres ? Il faut d'abord cacher la lumière du soleil puis celle de la lune. Il faut attendre la fin du monde. L'être humain est le système qui dépasse de très loin tous les systèmes imaginables par l'être humain. Il faut un million d'années pour atteindre le millionième de ses capacités.

 Le «man made» n'est rien d'extraordinaire et il est trop limité. Quels que soient ses moyens, son degré d'intelligence et sa complexité, il ne peut produire deux arbres côte à côte, s'enracinant sur la même terre, s'abreuvant de la même eau, subissant les mêmes conditions climatiques et produire des fruits différents.

 La dictature mondiale ne peut produire que du mal pour tout le monde. Seule la justice et l'égalité entre les humains est en mesure de libérer ce monde de tous ses défauts. Produire le bien être et la paix pour tous. Il ne faut pas être savant pour différencier entre le bien et le mal. Le chat restera à coté de son maître une fois servi à manger, en volant un poisson il s'enfuit.

 Dans cette mondialisation, nul ne peut vivre isolé, et l'interaction entre sociétés est multiforme. La coopération internationale est une nécessité. C'est un atout pour ceux qui se sentent responsables et défendent leurs intérêts. C'est un malheur pour ceux qui oublient leur rôle, de défendre leur nation, et ne voient pas le danger venir.

 Nous avons toutes les raisons de nous méfier des yankees. Leur malhonnêteté, leur «deux poids deux mesures», leur arrogance, leur chantage et leur racisme sont nettement affichés. Nous parlons bien sûr de leur politique qui nous concerne. Nous ne parlons pas de leur classe de modérés et de sages qui se battent juste comme nous pour un monde meilleur.  

Lois universelles

Lorsque l'enfant demanda à son père vingt dinars pour l'achat d'un kilogramme de pomme de terre, en lui disant : «Maman dit que ça fait une semaine que tu as perçu ton salaire, peut être que tu peux encore nous assurer le déjeuner cette fois ci, le vieux, les quatre enfants et nous deux, comptant, avant de sortir les carnets», il lui répond : «Mais dis-moi d'abord, où est-ce que tu as trouvé un marchand de légumes affichant ce prix ?». C'est à la télé qu'ils ont annoncé que ….. J'ai compris, tiens soixante dinars et vas nous acheter notre déjeuner. Ce n'est pas la télé qui va te servir, c'est le marchand. Tu comprendras ces choses là plus tard. Tu comprendras pourquoi l'Algérien vieillit bien avant l'âge. Mais sois heureux et ne t'inquiète pas. Le patron du plafond bleu voit l'invisible, entend inaudible, déchiffre les pensées avant leur naissance et enregistre tout. La loi divine est bien juste et nul ne peut l'imaginer, et pour chaque âme maltraitée il faut s'attendre au moins, pour le malfaiteur, à un degré de chaleur de plus.

 Lorsque le citoyen doit personnellement gérer la citerne d'eau, le distributeur d'eau potable qu'il faut attendre de bon matin même par un jour de repos, sans vacances proprement dites, le manque de sommeil durant les fêtes de l'été qui ne s'arrêtent qu'à l'aube et plus, le salaire qui tient moins que la moitié du mois et même moins, zéro épargne, l'avenir incertain de ses enfants, les voleurs qui sont partout et qui volent tout parce qu'ils savent qu'à la prison ils seront bien traités avec l'argent des pauvres gens à qui ils ont volé…, alors avec quelle force va-t-il continuer à travailler jusqu'à un âge avancé ? Notre société a certes évolué et en conséquence l'espérance de vie a progressé. Seulement, suffit-il de se tenir debout pour continuer à être actif ? Et ce malheureux travailleur, est-il réellement défendu quelque part ?

Johanna give me hope

Tout ce qui brille n'est pas solide. Le produit local, s'il n'est pas toujours à la hauteur, mérite toujours d'être supporté. Les choses progressent, et il faut faire en sorte que ça progresse. Par manque de produit local, j'étais obligé d'acheter une poignée de porte importée, chromée, luisante et attirante. Une semaine après, j'étais obligé de la changer. Une autre poignée locale, BCR, travaillant dans les mêmes conditions d'ouverture et fermeture de la porte, est installée depuis plus de vingt ans et continue à servir.

 La considération et le respect pour l'être humain sont les premières exigences pour se tenir debout. Entre le citoyen et ses gouverneurs, il ne doit y avoir aucun creux. De cette manière, le citoyen se sentira bien protégé et sentira une certaine justice. Il se sentira bien chez lui. Il participera volontiers et avec sacrifices aux projets de développement de son pays. Il ne cherchera pas à traverser la méditerranée à la nage. Il voit bien des peuples plus pauvres que lui, plus démunis et restant chez eux. Parce que se sentant membres de la société et protégés par elle. Tout le monde y participera de bon cœur à la construction et au renforcement de la nation. Le peuple se comportera comme le corps humain où tous les membres, en harmonie, sentent ce que subit un autre.

 Même la sardine ne sentira pas la nécessité de voyager.

 Pourtant, l'Algérien est très bien connu pour ses qualités souvent extrêmes. Très bien ou très méchant. Très patient ou très impatient. Pour une extrême solidarité ou pour un individualisme dangereux. L'Algérien se contente généralement de peu s'il est bien considéré. Errojla c'est bien lui. Ainsi, donnez lui ce dont il a besoin, il est prêt à rendre bien plus, et avec joie.

 Concentrons nos efforts à rendre ce peuple joyeux avec ce qu'il a et où qu'il soit en donnant l'exemple. L'exode rural sera moindre, la mendicité et les différents fléaux reculeront. Comment ? Il n'y a rien à créer, regardons autour de nous, dans ce petit monde ce qui se fait. Prendre ce qui est positif et ce qui nous convient. Analyser le concret.

 En foot par exemple, les entraîneurs locaux de Algérie, l'Egypte et la Tunisie ont prouvé que l'intelligence locale, lorsqu'elle est encouragée, est capable de merveilles. Nos jeunes ont défait tous les pronostics. Bien sûr, nous avons terminé la première séance d'entraînement à Benguela et nous avons tiré des leçons. D'abord, nous avons appris que nous avons encore la possibilité de rendre ce peuple heureux avec les moyens de bord. Il suffit d'avoir la volonté et de prendre ses responsabilités.

 En sport, il faut être sportif. Perdre une rencontre est quelque chose de tout à fait normal. Une équipe qui gagne toujours ça n'existe pas.

 Bien sûr, nous ne pouvons rien contre les actes crapuleux et abjects. Une fois notre équipe massacrée à coup de pierres, une autre fois massacrée par une sale combine. Heureusement que tout le monde est témoin. Notre Grand Maestro Saâdane ne pouvait déchiffrer un code secret nommé «code-jia». Nous sommes des gens honnêtes et dans ce sale jeu, nous reconnaissons notre infériorité. Il n'y a qu'à voir qui sont les voisins et maîtres de nos adversaires dans ce jeu. Johannesburg nous attend.