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Une approche de sortie de crise en Afghanistan : Pronostic de la stratégie des États-Unis dans la crise du Moyen-Orient ?

par Medjdoub Hamed *

1ère partie



La région proche et moyen-orientale, depuis la découverte et l'exploitation du pétrole, est secouée par des guerres, coup d'état et révolutions. 1953 (destitution de Mossadegh qui a nationalisé les gisements de pétrole iraniens), 1956 (crise de Suez), 1967 (la guerre des Six jours), sont des dates clés marquant l'évolution chaotique de cette région. 1973 marque un tournant définitif dans la politique d'endiguement des Etats-Unis en Asie.

La débâcle américaine au Viet Nam libère le Sud-Est asiatique à l'influence soviétique. Le «syndrome viet nam» n'est pas le seul symptôme dans le repli américain. La compétition acharnée avec l'Europe, sur le plan économique et monétaire, dès 1971, amène les Etats-Unis à mettre fin à la convertibilité du dollar en or. Les Européens n'entendaient plus financer les déficits publics américains. Au Proche-Orient, en octobre 1973, l'Egypte met fin au mythe de l'invincibilité d'Israël.

 La montée en puissance des armées arabes amène deux stratèges, MM. Henry Kissinger et Brzezinski, tous deux de culture germanique et disciples de Clausewitz et de Bismarck, à mettre en œuvre, lors de leurs passages à la Maison Blanche, des stratégies visant à la fois l'encerclement de l'Union soviétique, leur principal adversaire, et l'affaiblissement du monde arabe.

 C'est ainsi que la «realpolitik» de M. Kissinger a permis de neutraliser par un ensemble de concessions (rétrocession du Sinaï, une aide financière, etc.) l'Egypte. Quant aux autres pays arabes, la stratégie américaine consistait à créer une succession de conflits armés, telle que chaque pays arabe ait son propre conflit dans son aire respective, c'était ce qu'on a appelé, l' «arc de crises vert » de M. Brzezinski. La crise au Sahara occidental entre l'Algérie et le Maroc, la guerre au Liban et la défection de l'Egypte ont mis fin à l'unité arabe. La «révolution islamique», en 1979, en Iran a été le point culminant de la stratégie américaine. Deux pays seront déstabilisés par la révolution islamiste en Iran : l'URSS, pays socialiste, et l'Irak, pays musulman laïque. Deux guerres en seront issues, l'invasion de l'Afghanistan en 1979 par l'Union soviétique et la guerre Irak-Iran, en 1980. Ces guerres ont amené les Américains à conceptualiser une autre stratégie, la politique du «double endiguement» (dual containment), qui est pendante à l' «arc de crises».

 

1. La fin de la politique du «double endiguement»

En 1989, le monde connaît de grands bouleversements. Le retrait soviétique unilatéral d'Afghanistan, la chute du «Mur de Berlin» et la fin de la guerre du Golfe engageaient Washington à effectuer une réévaluation complète de sa stratégie. L'URSS, ne faisant plus contrepoids à l'hégémonie américaine, l'Iran affaibli, l'Irak apparaissait comme le seul pays capable de menacer l'hégémonie américaine dans l' «arc de crises vert». Les relations tendues entre le président irakien et les monarchies arabes ont entraîné, le 2 août 1990, l'invasion du Koweït par l'Irak. Le 28 février 1991, le Koweït est libéré par les forces de la Coalition sous commandement américain.

 Une question se pose sur cette guerre. Pourquoi les Américains ne se sont pas opposés à l'invasion du Koweït, ils auraient pu l'éviter, en tuant dans l'œuf l'opération irakienne. Par leurs moyens de détection et de reconnaissance (avions à haute altitude, satellites, etc.), il leur aurait été facile de repérer tout mouvement suspect des troupes irakiennes et, par conséquent, déjouer les plans d'invasion, en dépêchant la force de déploiement rapide au koweït.

 On ne peut oublier que, depuis 1983, les Américains, face à l'accélération des événements dans l' «arc de crises», ont transformé la force de déploiement rapide en un commandement militaire unifié régional. La Rapid Deployment Force ou R.D.F. devenait le US Central Command (CENTCOM) basé à Tampa, en Floride. Son poids vient juste derrière les troupes américaines chargées de la défense de l'Europe (EURCOM). Par conséquent, le CENTCOM, en tant que composante du commandement central américain, était en mesure de faire intervenir en quelques jours plus d'une centaine de milliers de soldats au Koweït. Sans compter les grands groupes aéronavals qui sillonnent les mers et océans.

 Au lieu de cela, il n'y eut ni préoccupation américaine ni publicité dans les médias sur cette crise jusqu'à ce que l'Irak envahisse le Koweït. Les Américains voulaient-ils entraîner l'Irak à la faute ? Si la stratégie du «double endiguement» a joué favorablement pour les États-Unis, «Chercher à amener l'Irak à la faute» est une tactique qui, non seulement, n'est pas adaptée à l' «arc de crises», mais s'avère une autre approche stratégique. Dès lors, elle remet non seulement en question le concept même de l' «arc de crises», comme il a été pensé initialement, mais elle met fin à ce jeu de bascule (la politique du «double endiguement»), qui a, pendant une décennie, endigué l'Iran. Probablement, cette remise en cause a été dictée par l'évolution de la région moyen-orientale. Les nouvelles puissances régionales, rompant l'équilibre géostratégique, obligeaient les Etats-Unis à une intervention directe dans l' «arc de crises». D'autant plus que la superpuissance était dégagée de son principal adversaire, l'URSS.

 Cette nouvelle stratégie intègre désormais les Etats-Unis, comme partie prenante dans les conflits du Proche et Moyen-Orient. Vu sous cet angle, l' «arc de crises», ne jouant plus le rôle de rempart, disparaissait tout simplement. La confrontation est directe sans intercession de puissances tierces. Evidemment, cette stratégie présente bien des intérêts pour la première superpuissance. La libération du Koweït a permis des dividendes financiers substantiels de différents pays (pays monarchiques du Golfe, l'Allemagne, le Japon). Elle a permis l'ouverture de presque toutes les terres arabes aux forces militaires américaines. Jusqu'à l'Arabie saoudite, terre sacrée. Les pays monarchiques arabes s'en remettent désormais à la protection américaine sur leurs sols.

 Quant à l'Irak, les Américains trouvent un substitut à moindre frais. L'imposition de l'embargo et de raids aériens massifs et fréquents sur un Irak ravagé et asphyxié peut se comparer à une autre guerre non déclarée. Les résultats sont les mêmes sinon pire, puisqu'ils participent à une mort lente d'un pays arabe souverain.

 Une question que de nombreux spécialistes du Moyen-Orient se sont posés. «Pourquoi les Etats-Unis, si près du but, en 1991, ont renoncé d'avancer sur Bagdad ?» Cela aurait évité les coûts considérables et les pertes de vie d'un embargo taxé d'inhumain par l'opinion du monde entier. Le premier élément de réponse est certainement la crainte pour Washington que les pays arabes fassent défection à la Coalition. Car si les pays arabes avaient accepté, ils devaient eux aussi se préparer à être envahis, un jour ou l'autre. Un droit d'ingérence dans un cadre humanitaire, surtout que les pays arabes ne brillent pas de démocratie, suffirait. Un deuxième élément, quand bien même les Etats-Unis vaincraient l'armée irakienne, les pertes de la Coalition auraient été considérables. A cette époque, l'armée irakienne était encore imposante, le «zéro mort» devenait, par conséquent, une vue de l'esprit. Les Américains et les coalisés occidentaux (pour ceux qui resteront), ne risquaient-t-ils pas un enlisement, comme on l'a vu entre 2004 et 2007, en Irak.

 Le dernier élément, les Américains, sans les pays arabes, apparaîtraient pour l'opinion publique mondiale, comme des agresseurs, avec pour seul objectif : «mettre la main sur les gisements pétroliers de l'Irak». Faute de renverser le régime irakien, Washington a opté pour l'embargo. On comprend pourquoi l'embargo devait être poursuivi jusqu'au renversement du régime irakien. En 1995, une journaliste américaine a demandé à l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Mme Madeleine Albright, si le maintien des sanctions contre l'Irak valait la mort de 500 000 enfants irakiens. La réponse fut édifiante : «C'est un choix très difficile, mais nous pensons que ce prix à payer, oui, en valait la peine.»



2. Le monde arabe, un laboratoire pour les États-Unis

Le monde arabe a traversé trois décennies particulièrement éprouvantes. La décennie des années 1970 a vu son unité éclater. La «realpolitik» de M. H. Kissinger en a fait sortir un monde arabe divisé et aigri. La décennie qui a suivi a vu un monde arabo-musulman s'entredéchirer par des guerres impitoyables. La stratégie de M. Brzezinski était à l'œuvre dans cette déchirure. Le monde arabo-musulman devenait un «laboratoire» où s'essayaient toutes sortes de doctrines et de stratégies. Le sommet sera atteint dans les années 1990. Des événements graves feront date durant cette décennie qui marque la fin du XXème siècle. La deuxième guerre du Golfe, l'implosion de l'Union soviétique en 1991, l'éclatement de la Yougoslavie et le conflit armé en Algérie seront des événements phares marquant la fin du «camp socialiste».

 Un espoir cependant pointe durant cette décennie, la communauté internationale posera, pour la première fois, les premiers jalons d'une solution au problème palestinien. Cela se traduira par les «accords d'Oslo» entre MM. Arafat et Rabin, en septembre 1993, qui font naître d'immenses espoirs. Même s'ils font la part belle à l'occupant israélien, ces accords ont permis l'installation de l'autorité palestinienne dans les Territoires occupés (Cisjordanie et bande de Gaza). On peut s'interroger pourquoi cet événement ? Et juste après la libération du Koweït en 1991 ? Vient-il en droite ligne du conflit qui opposa la coalition internationale à l'Irak ? Tout semble le dire, bien qu'il y avait déjà, avant le conflit, une intention des Etats-Unis pour trouver une solution au problème palestinien. La conférence de paix sur le Proche-Orient, à Madrid, en octobre 1991, permettait vraisemblablement d'atténuer une image très discréditée des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman.

 Cependant, cette ouverture sur la paix sera de courte durée. L'assassinat de Itzhak Rabbin, en novembre 1995, le climat de violence (attentat-suicides et représailles), l'accession de la droite israélienne au pouvoir et l'élection du nouveau Premier Ministre, M. Benyamin Netannyahou, vont ruiner les «accords d'Oslo». Pourquoi ce revirement ? Pourquoi les Américains n'ont-ils pas mis la pression sur Israël ? Ne sont-ils pas eux qui ont parrainé le projet d'Oslo ?

 A dire vrai, la réponse est ailleurs. Si l'on regarde la situation géopolitique du monde arabe, dans les années 1990, on constate que, où que l'on se tourne, à l'Est ou à l'Ouest, le monde arabo-musulman est en déchéance sur le plan international. L'Afghanistan en guerre civile, l'Irak sous embargo, l'Algérie miné par un grave conflit armé. Quant à la Libye, la Syrie et l'Iran, ils sont tous menacés par l'Occident. Les autres pays, recroquevillés sur eux-mêmes, adoptaient un profil bas. Le monde arabe d'avant la guerre de 1973 n'existait plus. En proie à la désespérance, sans lisibilité sur son avenir, il est devenu aphone. Mais, heureusement, qu'il s'agisse de l'hostilité occidentale (islamophobie) ou de la détresse que ce monde vit, il ne relève en fait que d'une mauvaise conjoncture qu'il traverse, et des enjeux qui se jouent sur son dos. Ainsi, on comprend pourquoi «les Américains ne pouvaient faire ce que ne faisaient pas les Arabes». De là, est compréhensible pourquoi le pouvoir israélien eut toute latitude pour remettre en cause le processus de paix. Tout est rejeté de l'idée d'un État palestinien, au partage de Jérusalem.

 Dès 2000, nonobstant cette désespérance, un début de solution des conflits commençait à apparaître. La situation en Algérie s'étant beaucoup améliorée, le nouveau président, M. Abdelaziz Bouteflika, s'est efforcé de ramener la paix et même de redorer son blason international. En Irak, la situation a aussi évolué, des vols humanitaires de différents pays, dès l'année 2000, ont commencé à briser l'embargo aérien. En Afghanistan, grâce au soutien des Etats-Unis et du Pakistan, la prise de Kaboul par les Taliban a apporté, en septembre 1996, une stabilité relative, mais le refus des Taliban, pour le partage du pouvoir avec les autres factions politiques afghanes, bloquait toute solution politique.



3.De «l'opposition des généraux» à la victoire des Démocrates au Congrès américain

Deux guerres, depuis les attentats du 11 septembre 2001, ont été menées par les Etats-Unis. La première en Afghanistan, déclenchée le 7 octobre 2001, la seconde en Irak, le 20 mars 2003. La guerre en Afghanistan s'inscrivait dans le cadre d'une «guerre contre le terrorisme» avec pour objectif l'invasion devant permettre la capture d'Oussama Ben Laden, la destruction d'al-Qaida et ses bases implantées dans le pays et le renversement du régime des Taliban. La guerre en Irak, sans l'aval de l'ONU, s'inscrivait aussi dans la «lutte contre le terrorisme». Ce pays était présenté comme le commanditaire de tous les attentats qui ont eu lieu un peu partout dans le monde (navire militaire USS Cole, ambassades des USA en Afrique, y compris le 11 septembre 2001). En outre, selon Washington, l'Irak détenait des armes de destruction massives, au sein desquelles étaient particulièrement visés les programmes bactériologiques (notamment le bacille du charbon) et chimiques (gaz neurotoxiques). S'ensuivit une formidable attaque américaine dans les médias sur la capacité de l'Irak à élaborer une arme nucléaire dans un délai de deux ans, et même un an, s'il pouvait se procurer les matériaux fissiles.

 La première campagne militaire a mis fin au régime des Taliban, en novembre 2001, et, la seconde, au régime Baath irakien, en avril 2003. Si, aujourd'hui, il y a une nette amélioration en Irak, la situation sécuritaire, en Afghanistan, avec la montée en puissance des Taliban, inquiète de plus en plus les Etats-Unis et leurs alliés. Une question se pose. «Qu'en est-il de la suite des événements, après les deux victoires des Etats-Unis, surtout que son armée dispose d'une suprématie écrasante, ne laissant que peu de chance à un prétendu compétiteur ?» Pour comprendre, étudions le cours des événements pour chaque pays.

 D'abord les événements en Irak après 2003. Dans les jours qui ont suivi la chute de Bagdad, les forces armées américaines faisaient face à une violente guérilla lancée par la base arabo-sunniste du régime baasiste de Saddam Hussein. D'autres soulèvements encore plus menaçants des classes chi'ites pauvres des villes, s'ajoutent à l'insurrection. Pour stabiliser la situation en Irak, les Etats-Unis étaient forcés de passer un accord avec le clergé chi'ite pour désigner un gouvernement chargé de gérer le pays, ce qui sous-entend de mettre sur pied des forces de sécurité irakiennes pour venir à bout, aux côtés des forces de la Coalition, de la résistance irakienne. Bien que les deux principaux partis chi'ites – le parti de Dawha (du Premier Ministre Maliki) et le Conseil Suprême Islamique Irakien (SCII) – ont collaboré avec l'occupation états-unienne, la situation sécuritaire n'était guère maîtrisée.

 Pour ne citer que Falloujah, une ville martyr, elle est une preuve de l'horreur qu'a vécu sa population sunnite face aux forces américaines, tout a été utilisé pour la réduire : bombardement aériens, tirs d'artillerie lourde, bombes au phosphore blanc, napalm, etc. Et l'insurrection n'a pas pour autant faibli. La branche armée chi'ite de Moktada al-Sadr n'était pas en reste. Des mouvements armés se sont multipliés. Au fil des jours, des mois, les militaires américains voient leurs pertes s'accumuler. Au centre du cauchemar, les engins explosifs improvisés utilisés par les insurgés irakiens et que les experts de l'armée américaine n'arrivent toujours pas à contrer. Au bout de trois ans de présence militaire américaine, les soldats en sont à plusieurs tours de services, perdant progressivement de vue les objectifs politiques initiaux, luttant en Irak en pensant au Viet Nam.

 L'incapacité du gouvernement irakien et de l'occupant américain à rétablir la sécurité amène le pays à un déchaînement de violence extrême, en 2006. Une brutale guerre civile confessionnelle éclate entre factions chi'ites et sunnites, durant laquelle des milliers d'Irakiens sont tués ou déplacés. Selon les informations rapportées par les médias, la situation est très grave en Irak. Les assassinats confessionnels de chi'ites et sunnites se multiplient, et les cadavres portent, souvent, des traces de tortures. Les miliciens chi'ites défient ouvertement l'autorité du gouvernement central, et infiltrent ses forces de sécurité. Il est clair que la haine envers l'occupant n'en sera que plus déterminée, car, en fin de compte, «qui a mis le feu aux poudres ?»

 Des forces d'occupation, quelques éléments d'appréciation du conflit en Irak nous en donnent leur état psychologique. Le 13 octobre 2006, dans le «Daily Mail», le général Dannatt, commandant les 7200 soldats britanniques, a préconisé le retrait rapide de ses forces. Ses hommes sont, depuis trois ans, affectés par une inquiétante prolifération de suicides. M. Tony blair l'a assuré de son «soutien total», affirmant qu'il approuvait «chaque mot» de son interview.

Quant au général américain John Abizaid, commandant de l'USCENTCOM, il a déclaré, à la mi-octobre, devant une commission du Sénat : « Aucune nation au monde n'a jamais réussi à contrôler ce qui se produit au Proche-Orient. On découvre vite, sur place, que c'est le Proche-Orient qui nous manipule ». Le dernier rapport trimestriel du Pentagone au Congrès sur la guerre d'Irak, auquel le général Abizaid a contribué, faisait état du mauvais moral des troupes, et développait une analyse pessimiste.

 Ceci étant, on ne peut oublier le réseau al-Qaida qui était particulièrement actif dans ce conflit intercommunautaire. N'est-ce pas lui qui a exacerbé les divisions en s'attaquant par des attentats aveugles à la population sunnite ? Tous les jours, des dizaines de civils irakiens sont tués dans des mosquées, dans des marchés ou dans la rue. Une question se pose : «Tant qu'il s'agissait de candidats policiers, ou de collaborateurs à l'occupant, la main de la résistance était claire, mais s'agissant de civils, le spectre de la guerre civile intercommunautaire planait sur l'Irak. Qui en est l'instigateur ?» Il est clair qu'un Irak divisé aiderait beaucoup les forces d'occupation puisqu'il diminuerait les attaques contre leurs forces armées. Mais, en attisant les rivalités entre les insurgés, la tentative de diviser le pays ne pouvait que conduire à un surarmement des factions armées et entraîner un pays ingouvernable. Dès lors, la situation serait encore pire pour la puissance occupante, l'Irak, transformée en une «nouvelle Somalie», ne pourrait que pousser les Etats-Unis vers la voie de sortie, mettant à néant leurs desseins stratégiques sur l'Irak.

Qu'en est-il, aux Etats-Unis, de l'enlisement des forces armées américaines en Irak ? La situation était catastrophique pour l'administration Bush. Dès 2006, la grogne au sein de l'armée éclatait au grand jour. L'armée américaine était lasse de la guerre en Irak, ne voyant aucune issue au conflit.

De prestigieux généraux à la retraite comme Anthony Zinni, Wesley Clark et Paul D. Eaton, dont l'opinion est partagée par un grand nombre de militaires d'active, ont dénoncé le secrétaire d'Etat à la défense, M. Donald Rumsfeld, et sa gestion de la guerre en Irak. Le général Anthony Zinni, ancien commandant du CENTCOM, dans une tribune parue dans le New Time du 19 mars 2006, appela Rumsfeld à démissionner. Ses attaques sans précédents étaient motivées par l'opposition des militaires à une éventuelle attaque contre l'Iran, dont ils redoutent les conséquences pour les Etats-Unis et pour l'armée américaine. Son geste ouvrit ce que la presse américaine appelle «la révolte des généraux», qui influença la Commission Baker-Hamilton, créée par les Démocrates, après leur victoire aux élections mi-mandat de novembre 2006. Les Démocrates, conscients des réalités de la guerre sur le terrain et du risque que couraient les Etats-Unis d'un danger d' «échec catastrophique» en Irak, ont exigé le retrait des troupes à l'équipe Bush.

 Mais il ne faut pas se tromper, l'administration américaine, quelle que soit sa coloration politique, républicaine ou démocrate, s'est toujours appliquée à défendre le leadership américain, par conséquent, cette réorientation par les Démocrates n'est qu'une correction tactique, la stratégie globale, en elle-même, restait inchangée. Il était impératif de trouver une voie permettant de sauver la crédibilité de la superpuissance mise à mal dans le «bourbier irakien». Des voix, dans le camp républicain même, estimaient que «l'Amérique continue un combat désespéré, sans être capable d'élaborer une stratégie permettant d'aboutir à une victoire dans ce pays déchiré, ni même dans la lutte contre l'extrémisme».

 D'autres déboires à la puissance américaine sur le plan militaire renforçaient ces voix. En Afghanistan, ce n'était pas plus brillant, les Taliban sont repassés à l'offensive. Au Liban, les Israéliens ont essuyé, après 34 jours de combats, une défaite, face au Hezbollah. L'Iran, sur le plan nucléaire, restait inflexible sur son droit à l'enrichissement de l'uranium, à des fins pacifique. La Corée du Nord a procédé à son premier essai nucléaire souterrain, en octobre 2006.

 Tous ces événements couplés aux graves revers en Irak et en Afghanistan ont placé les Etats-Unis devant une nécessité «absolue» de changer leur politique dans l' «arc de crises» moyen-oriental. C'est ainsi, qu'au lendemain de la victoire des Démocrates au Congrès, le président américain annonça la démission du secrétaire d'Etat à la défense, M. Donald Rumsfeld, le 8 novembre 2006, et proposa au Sénat l'ancien directeur de la CIA, Robert Gates, pour lui succéder. En décembre 2006, les recommandations du groupe d'étude – la Commission Hamilton-Baker – sont rendues publiques : 1) désengagement graduel des forces américaines, 2) associer l'Iran et la Syrie au processus de stabilisation de l'Irak, 3) résoudre le problème israélo-palestinien et pousser Israël à restituer le Golan à la Syrie en échange d'un accord de paix.



4. La première erreur stratégique des Etats-Unis se précise dans l' «après arc de crises»

Bien qu'assortie d'un veto du président Bush en mai 2007, contre le projet de loi adopté par les deux chambres du Congrès américain, imposant le 1er octobre 2007 comme date du début du retrait des troupes américaines d'Irak et d'achever ce retrait six mois plus tard, à fin mars 2008, l'action des Démocrates aura pesé considérablement dans le cours de la guerre.

 En plus de la démission de Ronald Rumsfed, la désignation du lieutnant-général David Petraeus, le 5 janvier 2007, et la désignation de Ryan C. Croker, le 8 février 2007, respectivement commandant de la coalition militaire et ambassadeur en Irak, vont s'atteler à mettre en application les nouvelles orientations. Trois axes marquent ce tournant de la guerre en Irak. Le premier axe a été l'envoi de renforts de 30 000 soldats américains, au début de l'année 2007, portant à 160 000 hommes le contingent américain déployé en Irak. C'est ce qu'on a appelé le «surge» (le sursaut). De plus, le nombre de sous-traitants (sociétés militaires privées), a probablement augmenté, comptant plus de 100 000 hommes, et vient en appui aux forces américaines. Ce recours aux mercenaires fait apparaître clairement la crise politique et militaire à laquelle font face les États-Unis.

 Le rapprochement de la communauté sunnite et des Etats-Unis, qui s'est accéléré dès le premier semestre 2007, a été l'œuvre du général Petraeus. S'inspirant des expériences anglaises et françaises dans les guerres de libération nationale des pays du Sud, dans les années 60 et 70, et d'un ouvrage d'un ancien officier français David Galula, intitulé «contre-insurrection : théorie et pratique», ce général a pu obtenir le ralliement des tribus sunnites dans la province d'el Anbar à soutenir les forces américaines contre al-Qaida. Financement et armement ont joué dans ce ralliement. Comme le souligne le général Petraeus, «l'argent est une munition».

 La construction de murs, séparant les quartiers chi'ites des quartiers sunnites à Bagdad, avec des groupes d'autodéfense de part et d'autre, a abouti à une diminution d'attentats et d'affrontements interconfessionnels dans la capitale irakienne. Enfin, le dernier axe a été le rapprochement des Etats-Unis avec l'Iran. Une série de rencontres officielles ont eu lieu à Bagdad pour faire baisser la violence. Les fruits de ces rencontres entre l'Iran et l'ambassade américaine se sont concrétisés dès août 2007, avec le cessez-le-feu unilatéral décrété par M. Moqtada al-Sadr. Bien que la contribution iranienne dans cette diminution du regain de la violence ne soit que peu reconnue par les Etats-Unis, ces succès placent désormais l'Iran comme un interlocuteur incontournable sur la scène irakienne.

 C'est ainsi que ce qu'on croyait impossible à réaliser en 2006 en Irak, s'est concrétisé en 2008. Grâce au tournant qu'a pris la politique des Etats-Unis en Irak, les attaques contre les troupes américaines ont diminué de 80%, en deux ans. Si le bilan des morts diminuait pour les forces armées américaines, la population civile continuait à payer un lourd tribut. La situation était cependant, bien pire en 2006.

 Ceci étant, tout concorde à dire que les nouveaux rapports entre les Etats-Unis et l'Iran, la mise en place d'une nouvelle stratégie de contre-insurrection et le «surge» ont porté leurs fruits. Après le départ du général David Petraeus (4 étoiles, promu en 2007), pour prendre le commandement du CENTCOM, le 23 avril 2008, son bras droit, le général Odierno, a poursuivi cette stratégie qui a obtenu un vrai succès.

 Les actions de la résistance se limitent aujourd'hui à Bagdad, à la région de Mossoul et à la province de Diyala. L'Irak, que l'on disait en 2007 au bord du chaos et du démembrement, connaît un renouveau inespéré. Cette baisse de la violence a été attribuée par les Américains à la nouvelle stratégie, le «surge». Il est vrai que les renforts en troupes y ont contribué, mais, ils n'ont pas été décisifs. Ceux qui l'étaient réellement concernaient les Sunnites dans leur ralliement aux forces américaines et les Chi'ites qui ont décrété la trêve. Ce qui a amené la baisse des attaques contre les forces américaines et l'étouffement d'al-Qaida.

 Il ne faut pas perdre de vue que toute insurrection armée contre une force occupante repose sur trois principes, qui vont catalyser les forces et précipiter l'inéluctable, c'est-à-dire le «désengagement forcé de la force occupante». Ces principes sont au nombre de trois : «l'engagement du peuple au côté des insurgés, le financement et l'approvisionnement en armes et le contexte international qui doit être favorable». Ces trois principes étaient présents dans le conflit qui opposait la guérilla irakienne aux troupes américaines. Ce qui explique l'enlisement des Etats-Unis en Irak, comme il l'a été en d'autres périodes, en Algérie, au Viet Nam et ailleurs. C'est en fait un stéréotype de toutes les guerres de libération. Si un des principes fait défaut, soit l'insurrection s'épuise et s'éteint, soit elle est reportée dans le temps.

 Par conséquent, au vu de ces critères, et surtout que «l'après-occupation » se précisait, une dynamique s'est enclenchée en Irak. En effet, la Résolution 1790 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 18 décembre 2007, suite à la demande du Premier Ministre irakien du 7 décembre, prorogeait le mandat de la force multinationale jusqu'au 31 décembre 2008. Celle-ci vient pour ainsi dire «anéantir» la Résolution 1546 du 8 juin 2004, qui «légitimait» de facto l'occupation puisque selon son article 2 : «2. Note avec satisfaction que, d'ici le 30 juin 2004 également, l'occupation prendra fin, l'Autorité provisoire de la coalition cessera d'exister et l'Irak retrouvera sa pleine souveraineté;… » Il est clair qu'il y a un non sens lorsque l'article 2 stipule que l'occupation «prendra fin» le 30 juin 2004, et cependant l'armée d'occupation a encore augmenté, en 2007, pour atteindre 160 000 hommes, et c'est le gouvernement irakien intérimaire qui l'a «invité». Par cette nouvelle Résolution, on ne peut que penser que, en parfait accord avec les Démocrates, l'administration Bush a décidé de «tirer un trait sur cette occupation». Car sinon l'occupation américaine aurait pu se poursuivre, puisque sur le plan juridique, «elle a cessé d'exister» (Résolution 1546).

 Cette évolution n'est pas passée inaperçue pour les insurgés irakiens. Tant les Sadristes que les Sunnites ne pouvaient qu'opérer une volte face tactique, en prévision du partage de pouvoir avec le gouvernement central, la date butoir étant fixée au 31 décembre 2008. Le cas des Sunnites est le plus remarquable. La contre-insurrection américaine, en affaiblissant al-Qaida grâce au concours des forces armées sunnites d'el Anbar, que certains appellent les Sahwas ou les « conseils de réveil», de surcroît armés et financés par les Américains, a plutôt rendu service aux Sunnites, puisqu'elle a permis un rééquilibrage de sa milice avec les milices chi'ite et kurde, qui étaient de véritables armées. En alignant une force de 100 000 miliciens (les Sahwas), les Sunnites pouvaient faire face aux 90 000 hommes chi'ites de l'imam Moktada al-Sadr et les 90 000 hommes de la force militaire kurde, les Peshmergas. Dès lors, l'après-occupation promettait des négociations serrées, les trois communautés devaient discuter de la gestion politique et économique future du pays.

 Quant à l'armée irakienne, qui compte quelques 300 000 hommes, et autant pour les forces de police, le gouvernement central n'a pas intérêt de combattre ces milices. L'expérience de mars 2008, contre les Sadristes, est, à juste titre, dissuasive. La seule posture est la négociation pour le partage politique et économique du pays, et, à terme, l'intégration des milices dans l'armée ou dans d'autres secteurs économiques et administratifs.

 C'est ainsi qu'on peut comprendre la baisse de violence, sans toutefois oublier que toutes les milices, surtout chi'ites et sunnites, demeurent très hostiles à l'occupation américaine et à toute présence permanente de leurs troupes. Les Etats-Unis auraient été intéressés par une partition de l'Irak, c'est-à-dire un démembrement de l'Irak, l'Irak cesserait d'être une force montante. Mais, il a été démontré que, au-delà du clivage ethnoconfessionnel, les combats menés par le peuple contre l'occupation témoignaient d'une véritable maturité nationaliste irakienne.

 Quel gain pour les Etats-Unis ? Une baisse de violence, cela est certain, mais la «contre-insurrection» tant vantée aux Etats-Unis et en Europe, n'a pas produit pas les effets escomptés, à savoir l'atteinte des objectifs politiques pour lesquels la première puissance mondiale a, depuis 1990, bâti sa stratégie. Plus grave, ils ont essuyé un revers en Irak, cette «erreur stratégique», qui se confirme dans l' «après arc de crises», est simplement en train de préparer le terrain à d'autres situations qui ne sont pas forcément positives pour la superpuissance.



5. La SOFA (Status of Forces Agreement), accord-cadre du retrait américain d'Irak

Le mandat de la force multinationale, conformément à la Résolution 1790, expire le 31 décembre 2008. Après plusieurs mois de négociations, le gouvernement irakien a approuvé, le 16 novembre 2008, un accord-cadre appelé par les Américains, le « Status of Forces Agreement » (SOFA). Il doit mettre en place un cadre légal pour le maintien des troupes américaines après la date butoir du 31 décembre 2008. Que contient l'accord ? Les éléments clés : 1) l'exigence que les forces américaines doivent quitter toutes les villes et villages et remplacées par les forces de sécurité irakiennes au plus tard le 30 juin 2009. 2) toutes les troupes américaines doivent être retirées d'Irak au plus tard le 31 décembre 2011. 3) le présent accord prend effet à partir du 1er janvier 2009. 4) toutes les actions militaires doivent être coordonnées par avance avec les Irakiens et les Etats-Unis ne peuvent utiliser l'Irak comme une base pour attaquer des pays voisins, on doit comprendre la Syrie et l'Iran. 5) les membres des forces armées américaines ainsi que les contractuels (sociétés militaires privées) répondent à la juridiction irakienne s'ils commettent des crimes en dehors des bases américaines. 6) les Etats-Unis reconnaissent le droit souverain irakien de demander le retrait des troupes irakiennes à n'importe quel moment. Et l'Irak reconnaît le droit souverain américain de retirer ses troupes à n'importe quel moment. 7) les forces américaines ne sont pas autorisées à mener des arrestations, sauf si ce sont des contractuels ou des membres de leurs forces armées. Exception faite de cas où le gouvernement d'Irak le demande. 8) le 1er janvier 2009, tous les citoyens irakiens détenus par les américains passeront sous juridiction irakienne.

 Que peut-on dire de cet accord-cadre ? Il montre que l'Irak a mené le jeu et qu'il a réussi à imposer ses volontés aux Etats-Unis, alors que cela n'était pas envisageable par l'administration Bush au début des négociations. Pourquoi ? La guerre d'abord, puis les accords (suite à la dynamique engendrée par la Résolution 1790) entre les communautés irakiennes, à savoir les deux partis chi'ites, les deux partis kurdes et le Front de l'accord irakien (d'assise sunnite), face aux Américains, qui ont pesé fortement sur les négociations. De plus, le grand ayatollah al-Sistani avait annoncé qu'il ne donnerait son aval à l'accord que s'il y avait un «large soutien», il entendait par là un solide soutien sunnite. Pour les Sadristes, il en allait de même, la stratégie mise en œuvre, pour obtenir le départ des Américains hors d'Irak, passait par un accord avec les Sunnites.

 Pourquoi les Américains avaient accepté cet accord-cadre ? Ils n'avaient pas le choix. Sinon, les forces armées américaines entraient en situation d' «illégalité internationale», après le 31 décembre 2008. En outre, les Américains ne pouvaient s'abjurer puisqu'ils ont été les promoteurs indirects de la Résolution 1790. D'autant plus qu'en Afghanistan, la situation se dégradait gravement, les Américains cherchaient à se dégager du théâtre irakien.



6. La deuxième erreur stratégique des Etats-Unis

La situation en Afghanistan est différente, très différente de celle de l'Irak. Depuis 2006, les Taliban sont revenus en force, et la situation, malgré les renforts, devenait de plus en plus inquiétante pour les forces armées américaines et européennes. Si les forces américaines dans l'Operation enduring Freedom (opération «liberté indestructible») et la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN étaient, en 2002, respectivement de 5200 hommes et 5000 hommes, elles sont aujourd'hui à 65 000 soldats américains et 39 000 hommes des pays alliés. Les chefs militaires des deux forces demandent, de nouveau, des renforts. Quant aux Taliban, selon des estimations occidentales, ils contrôlent près de 72% du territoire afghan, et le coût de la guerre dépasse 226 milliards de dollars.

 Il faut rappeler que les Taliban ont pris Kaboul, en 1996. Leur montée en puissance s'expliquait par leur appartenance aux tribus pachtounes, qui constituent la majorité de la population, et au soutien des Etats-Unis et du Pakistan. Les raisons d'installer un régime taliban en Afghanistan par les Etats-Unis et leurs alliés avaient plusieurs objectifs : 1) élargir l'influence américaine sur la région, puisqu'elle offrait aux Etats-Unis un large espace géopolitique devant jouer de zone-tampon entre les riches gisements pétroliers du Proche et du Moyen-Orient et les deux grandes puissances, Russie et Chine 2) l'Iran se retrouvait naturellement encerclé 3) une stratégie pétrolière devait annoncer un grand redéploiement des compagnies pétrolières américaines dans les pays musulmans de l'ex-URSS 4) la prise du pouvoir par les Taliban a une portée stratégique pour le Pakistan dans le face à face inégal avec l'Inde. La revendication du Cachemire, depuis 1947, constitue un casus belli latent avec l'Inde 5) l'Arabie Saoudite cherchait à contrer la diffusion de l'islamisme chi'ite dans le monde arabo-musulman.

 Cette synergie de forces entre les Etats-Unis, le Pakistan et l'Arabie Saoudite sous-entendait donc des enjeux d'une portée planétaire, auxquels les puissances, telles la Russie, la Chine, l'Inde et l'Iran, ne manquaient pas d'être attentives.

 De plus, la nouvelle politique de défense, formulée dans la «Quadrennial defense Review» et la «Nuclear Posture Review», en 2001, juste après l'attaque terroriste contre le World Trade Center, et mise en œuvre par le Pentagone, ne laissait aucun doute sur les intentions impériales de la superpuissance. Les Etats-Unis, en quête d'invulnérabilité, ne voulaient plus d'obstacles dans la conduite de leur politique extérieure. La QDR prône, en cas de conflit, que les Etats-Unis peuvent l'emporter simultanément sur «deux théâtres majeurs» et pouvoir conduire un nombre limité d'opérations dans des «crises de faible intensité».

 En fait, ces deux théâtres majeurs visés dans la QDR ne sont que l'Irak et l'Iran, quant aux crises de faible intensité, il est clair qu'elles concernent l'Afghanistan et le Soudan. Tous ces cas de figure témoignent des frustrations qui ont suivi la guerre du Golfe.



A suivre



*Chercheur