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Est-ce dans ce monde-là que nous voulons survivre ?

par Mimi Massiva

«La contradiction est celle-ci : l'homme refuse le monde tel qu'il est, sans accepter de lui échapper...Pour être une fois au monde il faut à jamais ne plus être» Ainsi parlait Camus du temps de l'«Homme Révolté». De nos jours, la question ne se pose plus. La révolte n'a plus de sens puisque être ou ne plus être c'est kif-kif. Devenue «l'alibi des nouveaux tyrans», elle a changé de camp. De nos jours, Camus parlerait de pourriture comme Emmanuel Todd et tant d'autres. Il n'y a pas d'autre mot pour expliquer la stagnation de l'après-stagnation. Mais qui est pourri, le système ou nous ? Les deux, le pourri de gré et le pourri de force. Personne n'est à l'abri. Qu'on soit en Algérie, au Burkina Faso, au Yémen, en Arabie saoudite, en France, en Allemagne, au Japon, en Amérique…, les gens souffrent. Ils savent la cause du mal, mais sont incapables d'en venir à bout. D'autres plus philosophes sont convaincus que la mort n'a jamais eu besoin d'alibi. Il y a 1000 ans, c'était plus facile de manipuler un million de personnes que de les tuer, de nos jours c'est le contraire (Brezinski). Naïvement, on croyait le contraire. Le ver était donc dans le fruit avant que les racines de l'arbre ne fleurent la terre. Toute cette éternité à creuser, tailler, arroser…pour rien.

À l'ère de l'internet, des dossiers classés, déclassés, du «like» des amis et des trolls, le tri se fait sans nous. L'ONU l'a prédit, c'est les maladies mentales qui pèseront le plus sur le budget. Djouha a disparu du programme scolaire national, ce sage/maboul éteint la lumière pour avaler ses fruits afin d'éviter de voir les bestioles qui grouillent à l'intérieur. Hier, on reprochait au commerçant de fruits de mélanger l'infecté au sain, à l'ère des OGM et du Glyphosat, on se surprend à préférer le premier sous un soleil africain. Si lumière y est avec cet azur plombé de gris comme une malédiction divine. Mais où sont les sacrifices pour calmer le ciel et rassurer les mortels ? Il y a la prière pour souhaiter la bienvenue à la pluie, pas pour la chasser notamment quand une loi américaine interdit d'en récolter l'eau (Philippe Jandrok). Le relatif malaxe la vérité avec le mensonge. Ce qui n'empêche pas la formation de deux mondes parallèles : l'un, à la droite du Tout-Puissant et l'autre sous les pieds fourchus de Satan. Récemment, un journaliste français (sans doute mal payé), en commentant un match de foot entre deux équipes françaises, évoque deux planètes différentes. 700000 euros de salaire mensuel pour les uns et 3000 pour les autres. Et bien sûr, ce sont les premiers qui remportent la victoire. Est-il possible une défaite de millionnaires contre des bougres payés 2 fois le Smig ? Bien que 3000 euros feraient rêver des millions de Français de souche. À peu près, la paie normale d'un chercheur français ou d'un député algérien en voie de délocalisation. En Norvège, les footballeurs demandent la diminution de leur salaire au profit des indigènes du sport-roi : les footballeuses. Au Canada : des spécialistes en médecine écrivent une lettre pour refuser un bonus de 1,6 milliard d'euros…Ils expliquent que cette somme serait plus utile aux infirmières, aux aides-soignants, aux agents de la santé et notamment aux malades les plus pauvres, ceux que la crise économique guillotine en premier. Imaginons deux voisins de palier dans un immeuble vide et bossant au même endroit. Quand leur boss joue au papa Noël, il favorise toujours celui qu'il paie le plus. Si ce dernier ne veut pas déménager, ni être l'agresseur ou l'agressé d'un meurtre, il doit fissa offrir, de temps en temps, son bonus à son collègue. Une question de prudence plus que de générosité. En pleine «famine» planétaire, donner aux rassasiés un plateau de friandises au lieu de les mettre à la diète, c'est louche. C'est une fin du monde programmée si on voit comment les civilisations antérieures ont disparu. On ne peut pas livrer les détails au diable et compter sur Dieu. Dans une Algérie sans pétrole, sans gaz, sans or, sans aucune ressource naturelle à part celle du sol et du QI des indigènes, serions-nous à l'ère du 5e mandat, de la continuité et de la lettre des opposants suppliant le raïs de se retirer…? Réveiller un homme là où les meilleurs réanimateurs au monde ont échoué, on peut faire mieux. S'adresser à ces derniers. Écrire une lettre ouverte au directeur de Val-de-Grâce et au président des USA. L'un a le dossier médical, l'autre dirige le monde et en sus il se déclare ami de l'Algérie pas seulement de son raïs. Les seuls habilités à lire le mektoub de 40 millions de bougnouls dans leur boule de cristal. Sans trahir le secret professionnel ou la signature d'un contrat. Même l'absence de réponse est déjà positive. La balle lancée à la bonne porte, qu'importe que cette dernière soit ouverte ou fermée. La mondialisation a du bon puisqu'elle mondialise les problèmes, donc les solutions. Et à l'ère où on nous annonce l'intelligence artificielle, c'est-à-dire le cerveau fabriqué par l'homme. On peut rêver à la greffe d'un cerveau victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC).

Nous ne sommes plus dans la fiction. La ville de Paris vient d'inaugurer la première maison close aux poupées gonflables dotées d'intelligence artificielle à 80 euros la passe. Il ne reste qu'à attendre l'utérus artificiel pour se débarrasser des femmes. Si elles n'existaient pas, il ne faudrait surtout pas les inventer. En Amérique latine, chez certaines espèces de lézards, les scientifiques notent qu'un mâle, seul survivant d'une catastrophe naturelle, n'a aucune chance de perpétuer son espèce. Par contre, la femelle est capable en se clonant de refaire l'espèce…On comprend pourquoi, partout et quelque soit la période, l'Histoire refait indéfiniment l'Origine d'après Ève. Cibler la femme, vous aurez toute la tribu. Le paradoxe du maillon faible : former la base de l'édifice et attirer la première balle. Todd a prédit l'effondrement de l'URSS en constatant un léger accroissement de la mortalité des bébés. Il a aussi démontré l'échec de la cohabitation américaine entre Blancs et Noirs en se basant sur l'écart du taux de leur mortalité. Que pourrait-il conclure, lui l'historien philosophe et anthropologue sur l'état de son pays, la France ? Quand un psychiatre vient à la TV française pour alerter sur l'addiction à l'alcool et au tabac de femmes de plus en plus jeunes.(1) En précisant que le cancer des poumons l'emporte déjà sur celui du sein et que, face à la santé, il n'y a pas d'égalité. À drogues et doses égales, c'est l'homme qui enterrera la femme. Dans le royaume de sa Gracieuse Majesté, il y a «Telford : un scandale de viols collectifs par des gangs pakistanais»(2) Comment imaginer la traite de fillettes blanches de 11 à 16 ans au pays de l'Interpol, de Scotland Yard, d'Agatha Christie, de Churchill, du mariage princier à plus de 2 milliards de spectateurs et toute la manne qui en découle. Le pire c'est que la police et les services sociaux étaient au courant depuis des décennies. Quand des journalistes osaient en parler, ils étaient ou menacés par les prédateurs ou accusés de racisme par les autorités. Qui sont ces gamines ? «Trafiquées d'une ville à l'autre, battues, torturées, menacées, violées…» ? (3) On l'a compris, elles ont beau ressembler à une poupée Barbie d'origine, ce sont des filles qui n'ont aucune valeur. Issues de parents, grands-parents, arrière-grands-parents…qui n'ont connu que le chômage, de simples dommages collatéraux du premier pays industrialisé et désindustrialisé au profit de la City numérique. Au fur et à mesure que leurs prestations sociales diminuaient, ces «Misérables» se poussaient pour laisser la place à d'autres venus d'ailleurs. Le Pakistan, premier pays pour les mariages d'enfants et le crime d'honneur, premier pays musulman à se doter de l'arme nucléaire et d'une autre plus malléable et moins compliquée : les talibans. Formateurs des Algériens-afghans pour inaugurer le terrorisme de masse. C'est le nouveau prince héritier des Lieux Saints qui nous éclaire plus d'un demi-siècle après Brezinski : l'Arabie saoudite n'a fait qu'obéir aux USA en ré-islamisant le monde musulman. Il suffit à l'enfant de tracer le trait que dessinent les points pour admirer la bête. Si l'Islam avait soumis l'Amérique, on le saurait. Apparemment, l'Oncle Sam a préféré ré-islamiser ses amis avant d'islamiser ses Alliés. Et le voile, symbole de l'exploitation de la femme et de l'échec de la République, devient, par la magie européenne, celui de la diversité heureuse et du «c'est mon choix». À tout seigneur tout honneur. C'est aux Anglais, ancêtres des yankees, à tracer la voie. Après les tribunaux islamiques, voilà que la City se penche sur le testament musulman. Traduction : une part pour la fille, deux parts pour le garçon. Dans un monde où plus de 70% des pauvres sont des femmes. Avec une reine et une Première ministre pas encore converties, des Blanches sans Dieu livrées à la traite dès l'école primaire, il ne reste aux Basanées voilées et soumises qu'à s'appauvrir un peu plus au profit des frères. Même si l'espérance de vie d'une esclave sexuelle âgée de 11 ans ne dépasse pas la majorité, la relève est assurée. Les gangs ont de l'avenir…Le procureur de la Couronne, Nazir Alzal précise au Guardian que le drame est plus une question de domination masculine qu'ethnique. Il ajoute que les cibles ont été choisies plus pour leur vulnérabilité que pour la couleur de leur peau. Il faut dire qu'en Europe où le viol des autochtones par des «gangs» se banalise, l'Angleterre a le mérite d'avoir encore des gens normaux qui prennent le risque de venir en aide à des compatriotes déshumanisés de force. Pour l'«amour du risque». «Domination masculine», le haut magistrat parle en se basant sur des preuves.

En Algérie, c'est tout prouvé pour les filles «sans valeur» qui ont servi d'esclaves sexuelles aux terroristes algériens. Seule différence, les unes ont The Guardian et autres journaux ; les autres, la Concorde nationale. Souvenons-nous, en 2013, c'est un journal anglais, le Financial Times qui refuse 50 millions de dollars du Qatar pour camoufler l'affaire londonienne de prostitution impliquant la fille de son Premier ministre et ministre des Affaires étrangères… Dans pratiquement tous les pays arabes, la parité n'a profité aux femmes que pour les inciter à partager leur époux si elles ont la chance d'en avoir. Ou à jouer à la Mère Theresa avec leur salaire s'il existe et si elles ont la chance de vivre dans le plus grand, le plus stable et le plus riche bled arabe : l'Algérie. Ainsi à chacun sa méthode plus ou moins additionnée / retranchée à celle de l'autre et pour les détails, il y a la mondialisation et les réseaux sociaux où tout le monde est beau et moche à la fois. A l'ère où se réveille la Régence pour accuser l'os d'avoir séduit le couteau, le calme règne chargé de sanglots nichés dans l'estomac. Profitant de l'interdiction de manger, les jeunes préfèrent se rendre invisibles. Disparus aussi les mécréants localisés en Kabylie, les lève-tôt qui déjeunaient sur l'herbe cernés par la police. Il ne reste que les vieux que la mouche tsé-tsé répugne à piquer de peur d'être contaminée par l'Alzheimer.

En ce ramadhan 2018, une journaliste de la Chaîne 3 décide de donner le micro aux jeunes pour parler du jeûne. Stupeur, elle n'en trouve aucun dans un bled où ils représentent la majorité absolue. Explication : ils dorment le jour et se réveillent la nuit. Réponse d'un somnambule : «Se réveiller ? Pour quoi faire ? Il n'y a rien durant ce mois…» Apparemment, pour lui, il y a quelque chose à faire durant les autres mois. A l'ère du binôme DD (délocalisation et débrouille), ces dormeurs «inversés» trouvent l'astuce. Dans les bras de Morphée de 8h du matin à 16 h du soir pour le circuit : prier-connecter-bouffer et rebelote. Dans le studio, pas de panique, l'ambiance est bon enfant, comme toujours. Normal, la règle «qui dort dîne» peut virer, si Allah le veut, à qui dort jeûne. Question : comment se débrouille un père de famille au chômage dans une Algérie mono-ethnique, sunnite, sans gangs «pakistanais», sans prestations sociales que la zakat et le couffin du ramadan ; où les caisses de la manne sont vides et celles des impôts, faisant fi de la loi de l'attraction, débordent vers le sommet ; où les jeunes dorment durant tout le mois sacré avant les grandes vacances où les femmes sont encouragées par leurs «élues» à céder leur paie etc. ? Si on n'est pas dans un conte avec «il était une fois», quelqu'un doit nécessairement faire bouillir la marmite clandestinement et à sa manière. C'est mathématique, pour rester en vie, 3 choix, dit le vieux sage : voler, mendier ou bosser. À vrai dire, privé de réponses intelligentes, on multiplie les questions idiotes. Par exemple : voler, à qui ? mendier, où ? bosser, quoi ?...Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre, se demande Eva Joly. Candidate malheureuse à l'Elysée et la juge qui a voulu un jour «évangéliser» le monde français des affaires dont dépendent l'Algérie et sa populace. «Un astrophysicien fut mis en présence d'un Papou et grâce à un interprète, ils commencèrent à bavarder. Le Papou se montra très intéressé par les recherches du scientifique et lui demanda sur quel problème, à ce moment-là, il travaillait. Notre grand rêve, lui dit l'astrophysicien, est de trouver de la vie sur la planète Mars. Pourquoi ? demanda le Papou, votre vie est donc un échec ?» (4) (Suite)

- (1) : Emission c'est-à-dire (France 5)

- (2) Figaro (19/03/2018)

- (3) Marie-Claire.fr

- (4) : Contes philosophiques (Jean-Claude Carrière)