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Sidi smig

par El-Guellil

Qu'ils aient quelques centaines de centaines de têtes de moutons, des villas à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qu'ils possèdent des comptes ici, et là-bas un peu de sarf, quelques millions en devises, des voitures de collection ou une collection de voitures et qu'ils déclarent tous leurs biens sur le journal officiel, «chi bass ma kène», dit-on dans le royaume du baisemain.

Les hauts cadres du bled et le bled des décideurs ne nous intéressent pas outre mesure. C'est vrai que c'est une curiosité insolite (j'allais presque écrire insulte) mais en faire toute une histoire à faire dormir debout le cheptel sur le lit de la transparence… le peuple ne mange pas par ses oreilles.

L'insulte est autre part. Partout. Un petit fonctionnaire, qui se permet de construire un R+X avec plein de magasins dessous, c'est à se demander quel héritage il a reçu.          Un individu qui n'a jamais eu de poste fixe et qui se permet un resto tous les soirs, on aimerait bien savoir de quelle cuvée bancaire il s'est abreuvé. Un ex-élu qui se paye une tranche d'un quartier, ce n'est pas très cathodique, surtout quand on sait à quelle vitesse ça a poussé, on ne comprend que dalle. C'est là qu'il faut chercher l'origine des biens de ceux qui sont en haut. Et il n'y a de haut que moulana. Les toiles d'araignée sont bien tissées. Même hors fonction, les retraités de la Décision ont leurs relais. Ces relais ont leurs protecteurs. Ça, tout le monde le sait. Le cheptel ruminant sa destinée dirait: «puisse celui qui est riche moulana izidou, puisse el mazlotte rabbi izidou».

Cela rime à quoi de rendre public le patrimoine des hauts responsables ? Avons-nous le pouvoir de leur demander comment ils ont fait pour accumuler autant de biens en un temps si court ? Cours, cours, jri yal guellil, ta pension de retraite est arrivée cours réciter ton alphabet: alif, ba-tata aux portes de l'UGTA et demande-lui où travaillait Sidi Smig ?