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Oran :
Il dessert un grand trafic via le chef-lieu et la ZI d'Es-Sénia: Le CW 83 de nouveau mis à mal par les eaux souterraines
par Houari Saaïdia Finalement, cela n'aura
tenu qu'une poignée d'années. Refaite à coups de plusieurs
milliards, la route du chemin de wilaya (CW) n°83, reliant Oran à Es-Sénia Douar, a de nouveau enregistré un affaissement sur un
long segment allant pratiquement de la bretelle bifurquant vers le 4ème
périphérique jusqu'au carrefour giratoire menant vers entre autres directions
la zone industrielle d'Es-Sénia (voie dite
communément « de la Sbika » en référence au passage à
niveau situé à l'intersection de la route avec la voie ferrée) et le boulevard
principal desservant le chef-lieu communal. Le remède, mis en place à
grands frais, n'a résisté que courtement à l'effet des eaux souterraines qui
ont fini en un petit laps de temps par avoir raison sur le dispositif de renforcement
du sol réalisé pour rétablir le corps de chaussée.
Et c'est une portion s'étendant sur plusieurs dizaines de mètres de ce chemin routier à grand trafic qui s'en trouve éventrée et carrément impraticable à la circulation automobile. Sur place, en effet, on peut constater un abaissement, voire même une dépression, du niveau du sol atteignant jusqu'à un mètre et demi par endroits conjugué à d'autres déformations (fissuration, arrachement, déchaussement, entre autres altérations structurelles). Un constat qui, pour le moins, pose plus d'une interrogation sur l'opération de confortement et de réhabilitation qui a été opérée sur cette route. Une opération lors de laquelle la fondation du sol supportant le corps de chaussée avait été traitée de bout en bout, doit-on rappeler, et ce pour une meilleure stabilisation du socle et plus de résistance aux attaques des eaux remontantes. UN PROBLÈME PLUS PROFOND Il faut dire par ailleurs que malgré la réalisation d'opérations d'assainissement et la mise en place de solutions hydrauliques très coûteuses financièrement, le problème de la remontée des eaux souterraines à Es-Sénia n'a pas été résolu de manière totale et définitive. Une bonne partie du territoire de cette étendue commune relevant du grand groupement urbain d'Oran est toujours affectée par ce phénomène. C'est le cas, notamment, de tout un axe du centre urbain d'Es-Sénia, en plein cœur du chef-lieu de la commune, qui se meut épisodiquement en un point noir sous l'effet de débordement des eaux usées du réseau souterraines et d'assainissement. Il s'agit de la parallèle au boulevard Bahi Amar, celle longeant la ville d'Es-Sénia du côté du 4ème périphérique, ainsi qu'une bonne partie des rues transversales. Le périmètre est en effet le lieu de stagnation des eaux usées domestiques qui refluent du circuit d'assainissement, à partir des regards situés sur la bordure de la voie secondaire en contrebas de la rocade. A l'évidence, quand il pleut fortement « l'étang » gagne en largeur et en profondeur avec l'apport des eaux pluviales et de ruissellement, prenant en otage tous les riverains, bien que ce soit en saison estivale que le niveau d'alarme atteigne son maximum, avec le risque des maladies à transmission hydrique (MTH) et le phénomène de prolifération des moustiques, notamment. Selon des habitants, « nous subissons quotidiennement le débordement des eaux usées refoulées des regards, qui inondent non seulement cette voie publique mais également les accès de nos habitations ». Selon les investigations menées par les habitants, « ces regards font partie de la conduite principale, de diamètre 800, qui draine la majeure partie du chef-lieu et des agglomérations secondaires ». « Le refoulement des eaux usées se produit, ajoutent-ils, lorsque le débit est assez fort et les pompes situées en amont sont actionnées en sus de quelques bouchons situés en aval de la voie, c'est-à-dire aux environs du pont et de la caserne militaire sur le CW 83 ». Toujours à en croire la version des habitants, sur la base d'un recoupement d'informations, « la situation est due principalement au fait que sur les quatre pompes installées dans la station-mère, à hauteur de l'entrée de la ZI du côté du passage à niveau entre la voie ferrée et le chemin routier, seule une d'entre elles est fonctionnelle depuis un certain temps, les trois autres étant en panne ou carrément hors d'usage pour cause de vétusté ». DES SOLUTIONS COÛTEUSES ET DES EFFETS D'ANNONCE D'après les mêmes habitants, « la non-prise en charge de ce problème à ce jour ne fait qu'aggraver la situation et par là même le quotidien des riverains, notamment en cette période pré-estivale, marquée par les odeurs infectes, la prolifération de moustiques, l'inaccessibilité du tronçon menant au nouveau stade de proximité et le siège de la subdivision du commerce, sans oublier le risque de maladies hydriques et autres toxi-infections et épidémies contagieuses ». Il est vrai que, effectivement, la situation semblait avoir été rétablie quelques semaines plus tard, dans le sens où le phénomène de remontée des eaux en surface avait disparu, mais malheureusement cela aura été de courte durée puisque le problème a repris de plus belle depuis pratiquement un an et demi. Véritable casse-tête pour tous les gestionnaires qui se sont succédé à la tête de la wilaya d'Oran, le problème de la remontée des eaux souterraines dans la zone d'Es-Sénia devait être solutionné en milieu de l'année 2020. C'est du moins ce sur quoi s'étaient engagés à l'époque les services de la wilaya d'Oran par le biais d'un communiqué signé par le wali d'alors, M. Djellaoui Abdelkader, qui avait promis des mesures adéquates pour mettre fin à la montée des eaux dans cette région, à l'effet de réduire la pression exercée sur les canalisations du réseau d'assainissement à partir de la station de refoulement jusqu'à la station de traitement et d'épuration (STEP) d'El Kerma. Parmi ces décisions, la réalisation d'une opération de réorientation du réceptacle de la station de refoulement situé sur l'axe routier de Dhaya, et partant l'allègement de la pression sur la station de refoulement située sur la route de Misserghine. Selon le même communiqué, un projet était prévu pour l'aménagement du réseau d'assainissement à Haï Mohamed Boudiaf qui connaît le phénomène de montée des eaux de manière récurrente, a-t-on fait savoir, notant qu'une enveloppe de 240 millions de dinars était consacrée à cette opération, financée sur budget de la wilaya et qui figurait parmi les priorités définies pour en découdre avec cette problématique dans la région sus-indiquée et par conséquent alléger, grâce à ces deux opérations, la pression sur les réseaux d'assainissement à hauteur de 60%. |
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