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Alerte précoce: Vers l'extension du réseau d'observation météorologique

par M. Aziza

  Dans un contexte marqué par l'intensification des effets du changement climatique et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, les bulletins d'alerte s'imposent comme un levier essentiel d'anticipation et de prévention. Ils contribuent à la protection des vies humaines et à la réduction des dégâts matériels. En facilitant notamment, la prise de décision rapide des autorités que ce soit dans l'intervention ou dans la prévention.

Conscients de ces enjeux, les pouvoirs publics œuvrent au renforcement du système national d'alerte précoce. L'Algérie dispose d'un minimum de 35 stations dédiées à ce dispositif, tandis que l'Office national de la météorologie poursuit l'extension de son réseau avec l'objectif d'atteindre, à terme, 300 stations.

Cette stratégie, combinant systèmes automatisés et intervention humaine, vise à améliorer davantage la précision des prévisions météorologiques. C'est ce qu'a affirmé le chargé de la formation technique à l'Office national de la météorologie, M. Boualem Sayeh, lors de son passage, hier, à l'émission « Invité du matin » de la Chaîne 1 de la radio nationale, à l'occasion de la Journée mondiale de la Météorologie célébrée le 23 mars.

Il a, à cette occasion, mis en avant le rôle central de l'établissement dans la protection des personnes et des biens, grâce à un réseau dense de stations d'observation réparties à travers le territoire national, ainsi que sa contribution à la prise de décision en situation météorologique exceptionnelle via le système de vigilance et d'alerte.

Les bénéfices des alertes précoces ne sont plus à démontrer. Réduction des risques, anticipation des dangers et protection des populations figurent parmi leurs principaux atouts. À titre d'illustration, une alerte météorologique (BMS) annonçant des vents violents atteignant 120 km/h avait conduit le ministère de l'Éducation nationale à suspendre les cours dans plusieurs wilayas les 28 et 29 janvier derniers. Cette mesure préventive a permis d'assurer la sécurité des élèves et du personnel éducatif.

Selon M. Sayeh, l'Office dispose actuellement d'un réseau d'environ 150 stations de surface, complété par 5 stations de radiosondage envoyant des ballons dans l'atmosphère, ainsi que par des stations côtières chargées de surveiller la hauteur des vagues.

L'Office national de la Météorologie collabore également avec plusieurs secteurs stratégiques. Il fournit notamment des prévisions pour les aéroports, assurant un suivi en temps réel des trajectoires aériennes, et accompagne le secteur maritime en informant les usagers de la mer. Les entreprises économiques bénéficient également de ces services.

Par ailleurs, l'intervenant est revenu sur la carte de vigilance météorologique, reconnaissable à son code couleur (vert, jaune, orange, rouge), créée en 1917 et modernisée en 2024. Celle-ci permet désormais des prévisions allant jusqu'à 48 heures, contre 24 heures auparavant, améliorant ainsi la capacité d'anticipation et la prise de décision.

Évoquant les mutations climatiques observées en Algérie, M. Sayeh a souligné les efforts continus de l'Office pour affiner ses prévisions et mener des études régulières, en attendant la finalisation de celles relatives aux années 2025-2026. Il a également insisté sur le rôle crucial de la météorologie dans le suivi des masses d'air et des formations nuageuses, ainsi que dans l'identification des zones à risques d'orages et de tempêtes, contribuant à une précision accrue des prévisions dans le temps et dans l'espace.