Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Agression américano-sioniste: L'Iran intensifie ses ripostes

par Mohamed Mehdi

Dimanche, l'agression américano-sioniste contre l'Iran, qui entame sa quatrième semaine (23e jour), a fait plus de 2.000 martyrs en Iran, dont au moins 200 enfants et des dizaines de femmes, et près de 1.030 martyrs au Liban (118 enfants et 79 femmes).

L'agence de presse Fars, citant le chef du Croissant-Rouge iranien qui déclaré que «81.000 bâtiments civils, 61.555 habitations et 19.000 commerces ont été endommagés depuis le début de l'agression américano-israélienne». Le Croissant-Rouge iranien a ajouté que 17 de ses centres, 3 hélicoptères et 48 ambulances ont été également détruits dans les bombardements, soulignant que «cette agression a entraîné le martyr de 21 membres du personnel médical et fait 103 blessés».

L'Iran cible la ville de Dimona

Après les multiples déclarations de Trump et de Netanyahu sur «l'anéantissement des capacités iraniennes de lancement et de fabrication des missiles», l'Iran a mené, samedi soir, une des plus importantes attaques contre l'entité sioniste, ciblant la ville de Dimona où se trouve la centrale nucléaire éponyme, dans le désert du Naqab en Palestine occupée.

La plus importante riposte iranienne contre l'entité sioniste, pas seulement en termes d'amplitude, mais par le choix de la ville en elle-même. Elle intervient en riposte à une attaque, menée plus tôt dans la journée, contre le complexe d'enrichissement nucléaire iranien de Natanz.

«Un missile iranien a frappé Dimona pour la cinquième fois en 24 heures. La ville, qui abrite le complexe nucléaire israélien, a enregistré plusieurs impacts, dont l'effondrement d'un immeuble de trois étages», indique Al Jazeera English (AJE). «Le ministère israélien de la Santé annonce qu'au moins 180 personnes ont été blessées lors de frappes de missiles iraniens sur la ville de Dimona, dans le sud du pays - où se trouve le principal site nucléaire israélien - et la ville voisine d'Arad», ajoute AJE. «À Arad, au moins 116 personnes ont été blessées, dont sept grièvement. À Dimona, 64 autres personnes ont été blessées, dont une grièvement. Parmi les blessés, on compte un garçon de 10 ans», ajoute la même source.

Dimanche, l'Iran a maintenu le même rythme de ses attaques contre l'entité sioniste, ciblant Tel-Aviv et ses environs, les colonies de Cisjordanie, ainsi le nord et le sud de la Palestine occupée.

L'attaque de Tel-Aviv, en fin de matinée de dimanche, a fait, selon des médias sionistes, «au moins 15 blessés, dont un gravement», et 11 autres dans la région centre de l'entité. Plus tard, «un immeuble de quatre étages à Holon (banlieue de Tel-Aviv) a été touché par un missile iranien», ont rapporté des médias israéliens. Un autre immeuble, situé dans la municipalité de Bat Yam, à Tel-Aviv, a été touché par des «éclats d'obus», a rapporté la chaîne israélienne Channel 12, précisant et que «les équipes de secours sont à la recherche de personnes piégées sous les décombres».

Menaces israélo-américaines : L'Iran promet des «ripostes de même nature»

Samedi, Trump a menacé de «raser» les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas complètement le détroit d'Ormuz sous 48 heures. Cette déclaration intervient moins d'un jour après avoir évoqué un «désengagement progressif» du conflit, qui entame sa quatrième semaine.

Dimanche, l'Iran a répondu à la menace de Trump, en avertissant que si Trump venait à mettre sa menace à exécution, Téhéran ciblera les infrastructures américaines, notamment les installations énergétiques du Golfe.

Dans le cas «d'un ciblage des centrales électriques et des infrastructures de notre pays, les infrastructures critiques, énergétiques et pétrolières de toute la région seront considérées comme des cibles légitimes et détruites de manière irréversible, et les prix du pétrole augmenteront durablement. On récolte ce que l'on sème», a répliqué Mohammed Baqer Ghalibaf, le président du Parlement iranien sur X.

De son côté, Ali Mousavi, le représentant de Téhéran au sein de l'Organisation maritime internationale, relevant de l'ONU, a déclaré, vendredi (avant les menaces de Trump, ndlr), que «le détroit d'Ormuz est ouvert à tous les navires, à l'exception de ceux liés à l'ennemi», a rapporté hier Reuters. «Mousavi, également ambassadeur d'Iran au Royaume-Uni, a déclaré que Téhéran continuerait de coopérer avec l'Organisation maritime internationale (OMI) pour améliorer la sécurité maritime et protéger les marins dans le Golfe. Il a ajouté que les navires n'appartenant pas aux «ennemis de l'Iran» pourraient franchir le détroit après coordination des mesures de sécurité avec Téhéran», ajoute la même source.

Selon un nouveau rapport de l'agence de notation Fitch Ratings, publié vendredi, «le prix du pétrole Brent pourrait atteindre en moyenne 120 USD/baril en 2026 si le détroit d'Ormuz reste effectivement fermé pendant six mois, ou 100 USD/baril s'il est fermé pendant trois mois».

Aux Etats-Unis, l'Association américaine des automobilistes (AAA) indique que les prix des carburants ont augmenté de l'ordre de 32,2% depuis le début de l'agression contre l'Iran. Selon la même source, le prix du galon d'essence sans plomb ordinaire était hier à 3,942 dollars et celui du diesel à 5,250 dollars.

Abbas Araghchi : La fin de la guerre exigerait des «garanties»

Abbas Araghchi a appelé, hier, les «nations indépendantes» à faire pression sur les États-Unis et Israël pour qu'ils mettent fin à leur guerre contre l'Iran, rapporte l'agence AP News, citant presse officielle IRNA.

Le chef de la diplomatie iranienne affirme que tout effort visant à mettre fin à la guerre devrait inclure des «garanties» que les États-Unis et Israël n'attaqueront plus la République islamique. L'Iran a besoin de garanties que sa «souveraineté et sa sécurité nationale ne seront plus violées», indique IRNA. L'agence précise que les propos d'Araghchi ont été tenus lors d'un entretien téléphonique samedi avec le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar.

La résistance libanaise mène des attaques intensives contre Israël

Le Hezbollah a revendiqué, dimanche, plusieurs attaques contre des cibles militaires sionistes. Dans des communiqués distincts, la résistance libanaise affirme avoir ciblé, par plusieurs tirs de missiles, des «rassemblement de soldats israéliens ennemis», notamment «dans le projet Taybeh, la ville de Khiam (au sud du Liban), à Jal al-Hammar, au sud de la ville frontalière d'Adaysseh, et sur le site de Marj, en face de la ville frontalière de Markaba».

L'agence AP News a rapporté, aussi, que le Hezbollah a revendiqué sa responsabilité dans une attaque de missile «qui a touché une voiture et tué une personne dans la ville de Misgav Am». «Deux soldats israéliens ont été tués lors de combats au sol avec le Hezbollah dans le sud du Liban ce mois-ci», rappelle la même source.