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Secteur minier: L'autre richesse de l'Algérie

par A. Z.

L'Algérie dispose d'un potentiel minier considérable longtemps sous-exploité. Le constat est établi par un spécialiste proche du domaine, qui a dirigé l'Entreprise nationale de l'engineering pétrolier, et qui a occupé le poste de président du panel du mécanisme africain d'évaluation par les pairs, Mustapha Mekidèche.

Intervenant hier mardi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il est revenu sur le lancement du projet de la mine d'Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, « fruit d'une préparation de longue haleine », a-t-il souligné. « C'est déjà un projet qui date, cela faisait deux ans que l'on préparait le lancement de ce gisement minier », a-t-il expliqué, précisant que « les contrats avaient été signés en mars 2024 avec des partenaires australiens pour l'exploitation et chinois pour la réalisation des infrastructures ».

M. Mékidèche a relevé dans ce sens la complexité de la phase préparatoire, notamment en matière d'acceptabilité sociale et de concertation locale. « Il fallait construire l'acceptabilité sociale avec les autorités locales, les associations et les riverains », a-t-il souligné, évoquant également les questions foncières et les emprises nécessaires pour la mine, l'usine et les infrastructures de transport, autant de facteurs qui ont retardé le lancement du gisement minier.

Sur le plan stratégique, M. Mekidèche considère le gisement d'Oued Amizour comme un projet majeur pour l'Algérie. « Il s'agit d'une grosse patate, comparable aux grands gisements dans les hydrocarbures », a-t-il affirmé, mettant en avant l'importance du zinc et du plomb dans les processus industriels. Avec des réserves estimées à 34 millions de tonnes, ce projet s'inscrit dans une logique d'exploitation sur une vingtaine d'années, structurée en trois phases : réalisation, exploitation et réhabilitation ». Il a particulièrement insisté sur la phase finale. « La remise en état est incluse dès le départ dans le projet, elle prendra plusieurs années et vise à limiter les impacts environnementaux », a-t-il précisé, évoquant le traitement des déchets miniers et la prévention des nuisances.

Complémentarité avec d'autres projets miniers

Abordant l'impact économique, il a estimé que ce projet renforcera la position de l'Algérie sur le marché international. « Plus on avance, plus les ressources minières deviennent rares, et ce type de projet permet de renforcer notre position et d'attirer des investissements », a-t-il déclaré, soulignant également la complémentarité avec d'autres projets miniers comme celui de Gara Djebilet. Au niveau local, les retombées sont importantes, dont la création de la richesse et des emplois. « C'est tout un microcosme économique qui va se développer », a-t-il expliqué, évoquant le désenclavement de la région, la création d'emplois et le développement des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires. Il a également mis en avant l'importance de la formation. « Des cohortes de jeunes Algériens seront formées aux métiers de la mine et s'approprieront les technologies », a-t-il indiqué.

M. Mekidèche a indiqué que ce projet donne du tonus à la stratégie nationale de diversification économique. « La diversification est engagée, à la fois en aval avec les industries et en amont avec le développement minier », a-t-il affirmé, estimant que ces ressources sont essentielles pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Sans manquer de saluer les réformes visant à améliorer le climat d'investissement. Selon le spécialiste, la Sonarem pourrait à terme jouer un rôle comparable à celui de Sonatrach dans son domaine, y compris à l'international. À travers ce projet, l'Algérie semble ainsi amorcer une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières, en combinant exploitation économique, développement territorial et exigences environnementales.