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Agression américano-sioniste: Les mauvais calculs de Trump

par Mohamed Mehdi

Lundi, 17e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. La forte riposte iranienne ciblant les intérêts américains dans la région complique les retombées économiques mondiales désastreuses de cet acte terroriste mené par les Etats-Unis et Israël et la situation de l'actuel locataire de la Maison Blanche.

Sur le terrain militaire, les massacres israéliens au Liban se poursuivent fauchant des vies humaines de civils, dont des femmes et des enfants.

Assoiffée de sang, l'armée sioniste n'a pas cessé ses attaques contre la population de Ghaza depuis le début de l'agression contre l'Iran. Des bombardements menés, dimanche, dans plusieurs régions de l'enclave ont fait 25 nouvelles victimes, dont 8 martyrs et 17 blessés, a indiqué le ministère de la Santé de Ghaza dans son rapport statistique publié hier.

L'Iran intensifie ses attaques contre l'entité sioniste, les bases et les intérêts économiques américains dans les pays du Golfe où les sirènes ont retenti, hier, au Qatar, Bahreïn, Emirats arabes, et en Arabie saoudite.

Aux Emirats arabes, le bureau de presse des autorités de l'émirat d'Oumm al-Qaïwaïn a indiqué qu'un incendie s'était déclaré dans un bâtiment de la ville après une attaque de drone, précisant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Parmi les attaques contre l'entité sioniste, l'agence de presse Tasnim a rapporté, citant l'armée iranienne, qu'un «centre industriel aérospatial israélien spécialisé dans la production d'aéronefs et de systèmes de défense» a été visé hier. Des médias israéliens ont annoncé que parmi les missiles lancés hier depuis l'Iran, «un seul a été intercepté ; les autres sont retombés et ont explosé».

La chaîne 13 israélienne a rapporté que des missiles iraniens ou des éclats d'obus ont touché la région de Bet Shemesh, près d'Al Quds. La chaîne 12 fait état d'une «personne grièvement blessée à Kiryat Gat, au sud d'Ashdod».

Le ministère israélien de la Santé a annoncé que «142 personnes ont été hospitalisées au cours des dernières 24 heures» suite aux bombardements iraniens et du Hezbollah.

En Iran, un bombardement israélien contre un bâtiment du département de l'électricité à l'est de la capitale iranienne, Téhéran, a fait plusieurs victimes civiles, a rapporté l'agence de presse iranienne Fars.

Le Commandant du Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé, hier, que l'aviation de guerre «a mené plus de 6.000 missions de combat en Iran», ajoutant avoir «détruit des bâtiments appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique qui servaient à la fabrication de missiles, et de nombreux navires de guerre iraniens».

«Sécuriser» le détroit d'Ormuz : Donald Trump se résoudra-t-il à y aller seul ?

Sous pression, en raison de la hausse du prix du carburant aux Etats-Unis, ainsi que des avertissements des compagnies pétrolières américaines, le président Donald Trump a mis en garde, dimanche dans une interview au Financial Times, les alliés de l'Otan d'un «avenir très sombre» s'ils ne s'engageaient pas dans la protection de la circulation des navires dans le détroit d'Ormuz. «En l'absence de réponse, ou en cas de réponse négative, je pense que l'avenir de l'Otan sera très compromis», a déclaré Trump au journal britannique.

La première réponse aux menaces de Trump est venue, lundi, du porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius, lors d'une conférence de presse, estimant que la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran «n'a rien à voir avec l'Otan».

«L'Otan est une alliance pour la défense du territoire» de ses membres et «il manque le mandat permettant de faire intervenir l'Otan», a ajouté M. Kornelius. Dans deux déclarations distinctes, le MAE de l'Italie et le Premier ministre britannique se sont également montrés réticents à participer à l'ouverture du détroit d'Ormuz que l'Iran a affirmé avoir «fermé pour les Etats-Unis, Israël et leurs alliés».

Le Financial Times a rapporté, lundi, qu'un navire appartenant à une compagnie pakistanaise a traversé le détroit d'Ormuz, précisant qu'il s'agissait du premier pétrolier transportant une cargaison non iranienne à emprunter ce détroit depuis le début de la guerre.

L'industrie pétrolière américaine : «La pénurie de carburant risque de s'aggraver»

L'annonce, le 11 mars, par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) du recours de ses 32 pays membres aux réserves stratégiques de pétrole, et la confirmation dimanche (15 mars) par l'Agence que les 400 millions de barils promis «seront bientôt mis à disposition» du marché, le prix du pétrole dépasse toujours la barre des 100 dollars.

Lundi matin, le prix du pétrole brut Brent se négociait aux alentours de 105 dollars, après avoir ouvert à plus de 106 dollars. Cette situation inquiète les dirigeants de l'industrie pétrolière américaine qui «ont adressé un message alarmant aux responsables de l'administration Trump» : «La pénurie de carburant va probablement s'aggraver», rapporte, dimanche, The Wall Street Journal (WSJ).

Selon le journal américain, «lors d'une série de réunions», mercredi dernier à la Maison Blanche, avec le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, et le secrétaire à l'Intérieur, Doug Burgum, les PDG d'Exxon Mobil, de Chevron et de ConocoPhillips (COP) «ont prévenu que la perturbation des flux énergétiques transitant par cette voie maritime vitale continuerait de générer une forte volatilité sur les marchés mondiaux de l'énergie».

«(...) Le PDG d'Exxon, Darren Woods, a déclaré que les prix du pétrole pourraient dépasser les niveaux élevés actuels si les spéculateurs faisaient grimper les prix de manière inattendue et que les marchés pourraient connaître une pénurie de produits raffinés», ajoute WSJ.