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Sécurité hydrique: 8 milliards de dollars pour le dessalement

par El-Houari Dilmi

«L'Algérie connaît depuis plusieurs années une véritable révolution dans le domaine du renforcement de la sécurité hydrique, notamment à travers l'expansion des projets de dessalement de l'eau de mer», a indiqué, hier dimanche, le directeur général adjoint de l'Entreprise algérienne de dessalement d'eau de mer, filiale du groupe Sonatrach, Mouloud Hachlaf.

Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Mouloud Hachlaf a expliqué que l'État a «alloué des investissements publics considérables à ce secteur, avec une valeur d'investissements dans le cadre du premier programme complémentaire d'environ 2,4 milliards de dollars, tandis que plus d'un milliard de dollars ont été réservés pour la première tranche du deuxième programme complémentaire». En tenant compte des différents projets en cours actuellement, «le total des investissements destinés à la production et à la désalinisation de l'eau avoisine les 8 milliards de dollars», a-t-il ajouté. Hachlaf a également indiqué que cette politique «repose sur une stratégie intégrée basée sur trois axes principaux, le premier étant la réalisation de projets en s'appuyant sur des institutions nationales ayant prouvé leur efficacité dans l'exécution, tout en impliquant la sous-traitance locale». Et de préciser que le deuxième axe concerne l'exploitation et la maintenance des stations de dessalement en tirant parti de l'expertise étrangère et des technologies modernes, alors que le troisième axe concerne la création d'une base industrielle nationale dans le domaine de la désalinisation, à travers des partenariats internationaux.

L'invité de la Radio a encore expliqué que les investissements dans le secteur de l'eau reposent principalement sur des estimations précises des besoins du pays, en particulier dans le domaine de l'irrigation agricole qui consomme environ 70% des ressources en eau disponibles, en plus des besoins en eau potable et industrielle. «Les quantités à fournir sont déterminées, en particulier en ce qui concerne les projets de dessalement de l'eau destinés à approvisionner les citoyens en eau potable, en coordination avec le ministère de l'Hydraulique et l'Algérienne des Eaux», a-t-il ajouté. Rappelant l'inauguration de cinq stations de dessalement de l'eau de mer, Hachlaf a expliqué que «la capacité de production totale de ces stations est d'environ 1,5 million de mètres cubes par jour, ce qui a contribué à augmenter la part de la désalinisation de l'eau de mer dans l'approvisionnement en eau potable des habitants de 18% à 42%, tandis que la production quotidienne est passée de 2,2 millions de mètres cubes à environ 3,7 millions de mètres cubes actuellement».

Trois stations à Tlemcen, Mostaganem et Chlef

Dans le cadre de la prospective, l'hôte de Radio a affirmé que les autorités publiques «prennent en compte plusieurs indicateurs, dont la croissance démographique ainsi que l'expansion des villes et l'activité économique croissante, ce qui augmente la demande en eau potable». Et d'ajouter : «à cette fin, le président de la République a annoncé lors de la réunion du Conseil des ministres en octobre dernier le lancement du deuxième programme complémentaire, qui comprend la réalisation de six nouvelles stations de dessalement d'eau dans plusieurs wilayas de l'est et de l'ouest du pays». «Il a été décidé dans la première phase de réaliser trois stations dans les wilayas de Tlemcen, Mostaganem et Chlef, en raison de la priorité imposée par la rareté des pluies dans les régions de l'ouest du pays, où les précipitations ont diminué ces dernières années de 65 à 70%». Hachlaf a confirmé que la réalisation de ces projets «se fait selon la même stratégie adoptée dans le premier programme, en s'appuyant sur des entreprises nationales, parmi lesquelles des filiales du groupe Sonatrach et du groupe Cosider». À cette occasion, il a annoncé le début effectif de l'ouverture des chantiers, la préparation des terrains, le lancement des travaux d'ingénierie et de construction, ainsi que des équipements, avec une prévision d'achèvement des projets dans les 26 mois suivant la fin des études et des travaux d'ingénierie en cours.

Dans un contexte connexe, le DG adjoint de l'Entreprise algérienne de dessalement d'eau de mer a annoncé le lancement de solutions innovantes au profit des wilayas du Sud, qui souffrent d'une forte salinité des eaux souterraines. «Ces solutions incluent l'utilisation d'unités mobiles de dessalement de l'eau dans des conteneurs facilement transportables», a-t-il révélé. «La capacité de ces unités varie entre 2.500 et 3.000 mètres cubes par jour, et peut atteindre 50.000 mètres cubes par jour dans certains projets, tout en s'appuyant sur les énergies renouvelables pour leur fonctionnement», a-t-il précisé.