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Transport d'hydrogène vert vers l'Europe: Du concret dans les prochains mois

par A. Z.

Le projet SoutH2 Corridor pour le transport de l'hydrogène vert produit en Algérie vers des pays européens sera au cœur d'une importante rencontre qui se tiendra dans les prochains mois en Algérie, en présence des parties participant au projet.

C'est ce qui a été annoncé, jeudi, par le directeur de l'information et de la communication au ministère de l'Energie et des Energies renouvelables, Khalil Hedna. Intervenant sur les ondes de la Radio algérienne, M. Hedna a précisé que cette rencontre, prévue à Alger à l'initiative du ministère de l'Energie et des Energies renouvelables, se penchera sur les mécanismes de concrétisation de ce grand projet, qui représente un «saut qualitatif» dans ce domaine. La rencontre regroupera les différentes parties concernées par ce projet en Algérie, en Tunisie, en Italie, en Autriche et en Allemagne, afin de coordonner les actions à entreprendre pour la réalisation de ce projet, qui a vocation à renforcer la transition énergétique dans la région, tout en confortant la place centrale de l'Algérie sur la scène énergétique, a indiqué le même responsable.

Le SouthH2 Corridor s'ajoute au projet d'interconnexion électrique pour l'exportation de l'électricité algérienne décarbonée vers l'Italie, a-t-il poursuivi, soulignant que les études relatives à ce projet, piloté par Sonelgaz, Sonatrach et la société italienne ENI, avancent rapidement.

En Afrique, Sonelgaz s'apprête à lancer des projets de réalisation de centrales électriques au Burkina Faso et au Mozambique, a-t-il fait savoir, expliquant que comme pour le projet de centrale électrique en cours de réalisation à Niamey (Niger), le groupe algérien mettra son expertise à la disposition des partenaires africains via la formation spécialisée, avec la création d'un dépôt de matériel pour doter ces projets d'équipements et de pièces de rechange produits localement.

Dans ce sillage, il a fait état de l'adoption d'un plan d'action commun visant à accélérer la mise en œuvre du projet de la centrale électrique dans la capitale nigérienne Niamey, qui devrait soutenir la stabilité du réseau électrique national au Niger, améliorer la qualité du service et répondre à la demande croissante en énergie. Ajoutant que cette initiative s'inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale entre l'Algérie et le Niger, après une série de préparatifs visant à assurer le succès de ce partenariat.

Transition vers une énergie durable

L'intervenant a souligné que cette dynamique reflète la volonté de Sonelgaz d'accompagner ses partenaires au Niger à travers une approche intégrée alliant expertise technique, soutien organisationnel et renforcement des capacités opérationnelles sur le terrain afin de garantir la réalisation des projets selon les normes les plus élevées.

L'expérience algérienne contribue également à la modernisation du secteur énergétique au Niger grâce au transfert d'expertise technique, notamment la formation des cadres pour la gestion des réseaux et la construction de centrales électriques sophistiquées, qu'elles soient photovoltaïques ou thermiques, ainsi que la numérisation des opérations de distribution afin d'améliorer l'efficacité du service et de garantir la stabilité de l'approvisionnement en électricité.

M. Hedna a révélé que le groupe Sonelgaz a commencé à créer un entrepôt central pour le matériel électrique à Niamey afin de soutenir les projets d'électricité et de fournir les pièces de rechange et les équipements nécessaires à l'extension des réseaux électriques à haute, moyenne et basse tension.

Et de souligner que Sonelgaz possède une expérience considérable dans ce domaine, le taux d'intégration dans la fabrication et l'installation d'équipements électriques et gaziers variant entre 70 et 100% pour certains équipements. Ce qui a fait de l'Algérie un modèle d'investissement dans le secteur de l'énergie et des énergies renouvelables dans la région et que la coopération ne se limite plus à la réalisation d'installations, mais qu'elle repose désormais sur le développement de compétences capables d'exploiter et d'entretenir les projets de manière durable.

Pour ce qui est des projets d'énergie solaire en Algérie, M. Hedna a indiqué que la mise en œuvre du programme de réalisation de 15.000 mégawatts (MW) d'ici 2035 avance «à pas sûrs», rappelant le lancement effectif de la première phase, prévoyant la réalisation de centrales dans plusieurs wilayas pour une capacité totale de 3.200 MW.

Plusieurs centrales entreront en service au cours de cette année pour une capacité totale de 1.480 MW, selon le responsable. A ce propos, il a précisé que le taux de réalisation a dépassé 93% au niveau de la centrale de Tendla dans la wilaya d'El Meghaier (200 MW), 86% à la centrale d'El Ghrous dans la wilaya de Biskra (200 MW), 76% à la centrale d'El Foulia dans la wilaya d'El Oued (300 MW), 62% à la centrale de Khenguet Sidi Nadji dans la wilaya de Biskra (150 MW), et 50% au niveau des centrales de Ouled Djellal, Abadla (Béchar) et M'sila. M. Hedna a souligné que l'orientation future de l'État repose sur la transition vers une énergie durable, grâce à l'adoption d'un mix énergétique combinant les énergies fossiles et les énergies renouvelables. Dans ce cadre, l'Algérie travaille également à la mise en œuvre d'un programme de systèmes énergétiques isolés, en particulier dans les régions du Sud et les zones reculées, à travers la création de 15 centrales photovoltaïques dans le but de renforcer la sécurité énergétique.