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En réponse à l'agression américano-sioniste: L'Iran cible des bases militaires et des installations pétrolières américaines

par Mohamed Mehdi

Vendredi, 6 mars 2026, l'agression américano-sioniste contre l'Iran est à son 7e jour. Une autre école a été bombardée hier à Téhéran. La riposte iranienne se poursuit ciblant plusieurs bases militaires et des installations pétrolières des Etats-Unis, ainsi que des navires battant pavillon américain. L'Iran est aussi à sa 22e vague d'attaques de missiles et de drones contre différentes parties de l'entité sioniste, notamment Tel-Aviv. L'intensité des attaques contre l'Iran est telle que dans la seule capitale iranienne plus de 200 sites ont été bombardés dans la seule journée de jeudi.

Le maire de Téhéran a déclaré, hier, que «l'ennemi avait ciblé (jeudi) 220 sites dans la ville, la plupart étant des zones résidentielles, des centres médicaux et des infrastructures de services». Al Jazeera a rapporté, citant l'armée israélienne, qu'une «cinquantaine d'avions de chasse ont participé vendredi à la destruction du bunker souterrain de Khamenei, qui servait de quartier général central et de complexe de commandement». Par ailleurs, Al Jazeera rapporte que le Centre d'études stratégiques et internationales de Washington estime que, côté américain, «le coût journalier de la guerre contre l'Iran s'élève à environ 891,4 millions de dollars».

Gardiens de la Révolution iraniens: «Nous avons l'initiative»

«Nos nouveaux missiles frappent des bases américaines dans les pays du Golfe», ont déclaré hier les Gardiens de la Révolution iraniens (GRI). «Lors de nos attaques, nous avons utilisé le missile Khorramshahr-4, doté d'une ogive de deux tonnes, dans le cadre de l'intensification de nos offensives. Nous avons frappé des bases américaines dans les pays du Golfe, ainsi que l'aéroport Ben Gourion, Haïfa et Tel-Aviv» rapporte Al Jazeera. «Nous poursuivons l'intensification de la guerre contre l'entité sioniste et les cibles américaines dans la région, et nous avons l'initiative» ajoutent les GRI. De son côté, le Président iranien Massoud Pezechkian a fait état de médiation entamée par «certains pays». «Certains pays ont entamé des efforts de médiation et nous les avons informés de notre engagement à instaurer une paix durable dans la région», a déclaré M. Pezechkian, conseillant aux médiateurs de «s'adresser à ceux qui ont attisé les tensions en faisant preuve de mépris envers le peuple iranien». «Nous n'hésiterons jamais à défendre la dignité et la souveraineté de notre pays», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, l'Iran a mené une importante attaque contre l'entité sioniste durant la nuit de jeudi à vendredi. Les attaques iraniennes contre des intérêts américains dans la région ne s'arrêtent pas. Vendredi, les sirènes ont été déclenchées dans plusieurs pays du Golfe, y compris le Qatar, les Emirats, le Koweït et le Bahreïn. «Des sirènes retentissent au Bahreïn, le ministère de l'Intérieur ayant émis une alerte demandant aux citoyens et résidents de se rendre dans le lieu sûr le plus proche», a rapporte Al Jazeera English (AJE). Jeudi soir, la chaîne américaine CBS, citant des sources gouvernementales anonymes, a annoncé l'évacuation de l'ambassade américaine au Koweït.

Un demi-million de personnes déplacées au Liban

Au Liban, l'agression israélienne s'intensifie avec des frappes aériennes visant la banlieue sud de Beyrouth et le sud du pays, provoquant des déplacements forcés d'environ un demi-million de citoyens, selon les déclarations du ministre libanais des Affaires sociales à Al Jazeera. «Ces personnes sont originaires de la banlieue sud de Beyrouth et de certaines régions du Sud du Liban. Nous nous efforçons de leur fournir un abri, mais nous n'avons pas encore pu atteindre tout le monde. À ce jour, nous avons pu répondre aux besoins de 70% des personnes déplacées», a-t-il ajouté. Les frappes aériennes sionistes de vendredi ont été concentrées sur le quartier de Haret Hreik et la banlieue sud de Beyrouth, a rapporté le correspondant d'Al Jazeera. A Sidon, dans le Sud du Liban, «le bombardement d'un immeuble, situé sur une artère principale très fréquentée», a fait au moins «5 morts et 7 blessés, ainsi que d'importants dégâts», a ajouté la même source, citant le ministère libanais de la Santé.

Le bilan des victimes au Liban, depuis lundi dernier, s'élève à 123 martyrs et 683 blessés, ajoute le ministère. Le Hezbollah a réagi aux bombardements d'hier en lançant des attaques de drones contre Israël, lançant un avertissement aux colonies «situées à moins de 5 km de la frontière», les exhortant à «évacuer immédiatement». L'avertissement concerne 23 colonies. Sur Telegram, le Hezbollah a annoncé avoir ciblé «le site (militaire) nouvellement établi de Balat, au sud du Liban», avec une «nuée de drones», revendiquant des «impacts directs», ainsi que des tirs de roquettes visant la caserne de Zar'it. Le site d'information Walla a rapporté des échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah au Sud du Liban, accompagnés d'explosions.       

Des médias sionistes ont rapporté que «l'hôpital de Nahariya a reçu 8 blessés, dont certains grièvement», à la suite d'échanges de tirs dans le nord des territoires palestiniens occupés. La radio de l'armée israélienne, citée par Al Jazeera, a rapporté que «le fils du ministre des Finances, Bezalel Smotrich», qui «sert dans la brigade Givati», fait partie des blessés lors d'une opération militaire à la frontière libanaise. La nouvelle confrontation entre la résistance libanaise et l'armée sioniste, montre que le Hezbollah n'a pas perdu de ses capacités, et qu'il est même parvenu à maintenir une partie de ses forces Radwan dans la région frontalière.

La coalition américano-sioniste continue de cibler des écoles et des hôpitaux

Une autre école a été bombardée, vendredi, par une attaque américano-israélienne. Il s'agit, selon le ministère iranien des Affaires étrangères, d'une «école primaire située à la place Niloufar à Téhéran ». Cette nouvelle attaque intervient moins de 24h d'un communiqué de l'UNICEF qui constate que sur plus de 1300 martyrs des bombardements américano-israéliens en Iran, figurent «168 filles tuées lors d'une frappe qui a touché l'école primaire de filles Shajareh Tayyebeh à Minab, dans le sud de l'Iran, le 28 février» et «12 enfants tués dans d'autres écoles réparties dans 5 localités différentes en Iran». L'UNICEF se dit «profondément préoccupée par l'impact meurtrier de l'escalade militaire en cours en Iran sur les enfants». Environ 180 enfants auraient été tués et beaucoup d'autres blessés. « Alors que les frappes militaires se poursuivent dans la région, les enfants sont de plus en plus exposés à la violence et les atteintes aux infrastructures civiles essentielles constituent une menace directe pour leur bien-être. Au moins 20 écoles et 10 hôpitaux auraient été endommagés en Iran, perturbant l'accès des enfants à l'éducation et aux services de santé essentiels», ajoute l'organisation onusienne qui appelle «toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du Droit international et à assurer la protection des civils».