Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Bénéfice de la retraite avant l'âge légal dans l'éducation: Ouverture du dépôt des dossiers dès aujourd'hui

par M. Aziza

Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé l'ouverture, à partir d'aujourd'hui dimanche, du dépôt des demandes de départ à la retraite avant l'âge légal. Cette décision met fin à l'attente des fonctionnaires concernés ainsi qu'aux revendications répétées des différents syndicats du secteur. Il s'agit d'une mesure exceptionnelle permettant un départ anticipé à 57 ans pour les hommes et à 52 ans pour les femmes. Elle concerne spécifiquement les corps des maîtres et professeurs de l'enseignement, les censeurs, les directeurs des établissements d'éducation et d'enseignement, ainsi que les inspecteurs relevant des corps spécifiques de l'éducation nationale.

Dans un communiqué rendu public hier, le ministère de l'Éducation nationale a précisé que l'ouverture, à titre exceptionnel, du dépôt des demandes de pension de retraite avant l'âge légal s'étalera du 8 février au 15 mars 2026, au profit des fonctionnaires remplissant les conditions légales requises.

Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'application des dispositions de la loi n°25-09 du 19 juillet 2025, complétant la loi n°83-12 du 2 juillet 1983 relative à la retraite, modifiée et complétée, ainsi que du décret exécutif n°26-74 du 14 janvier 2026. Ce dernier fixe les conditions et modalités permettant aux fonctionnaires relevant de certains corps spécifiques de l'éducation nationale de bénéficier d'une pension de retraite avant l'âge légal.

Dans un souci de prise en charge optimale des fonctionnaires concernés par ces nouveaux textes juridiques, le ministère précise que cette mesure concerne les fonctionnaires ayant atteint, au 31 août 2026, l'âge de 57 ans pour les hommes et 52 ans pour les femmes.

Le dépôt des dossiers s'effectuera obligatoirement entre le 8 février et le 15 mars 2026, délai de rigueur, aucune demande introduite après cette date ne pouvant être acceptée. Les dossiers devront être déposés au niveau des établissements éducatifs où exercent les fonctionnaires concernés, conclut le communiqué du ministère.

Le satisfecit des syndicats

Contacté par nos soins, Mohamed Belamri, secrétaire général du Syndicat algérien des travailleurs de l'éducation (SATE), a salué cette démarche. Il a précisé que cette décision a été engagée sur la base des demandes déposées par les organisations syndicales en vue de régulariser la situation, soulignant que ce texte de loi a été conçu spécifiquement pour le secteur de l'éducation, considéré comme un secteur particulier. Il s'agit, selon lui, d'un métier pénible et exigeant, qui nécessite le départ des enseignants à la retraite avant l'âge de soixante ans.

Il a également indiqué que la prise en charge de cette mesure relève désormais du ministère du Travail, les enseignants admis à la retraite dépendant dorénavant de ce département. Cette démarche constitue, selon lui, un point positif à mettre à l'actif du gouvernement dans son ensemble, à travers les ministères de l'Éducation nationale et du Travail, et sert l'intérêt de l'ensemble des secteurs, dans l'attente de la concrétisation des autres acquis liés au statut particulier.

Par ailleurs, notre interlocuteur a précisé que « des séances de travail sont actuellement consacrées à l'examen du statut particulier des services économiques, où chaque article est étudié de manière détaillée ». Il a ajouté que « les discussions ont débuté par le corps enseignant, puis ont concerné les conseillers et les intendants ». Aujourd'hui, les travaux portent sur les services économiques.

Il a également indiqué que « ces réunions ont commencé mardi dernier et se sont poursuivies samedi, à raison d'une séance chaque mardi et samedi », concluant que « des avancées notables ont été enregistrées dans les différents dossiers ».

Le président de l'Union nationale des personnels de l'éducation et de la formation (UNPEF), Sadek Dziri, a déclaré au Quotidien d'Oran que son syndicat se dit satisfait de cette démarche. Il a précisé que cette mesure exceptionnelle était vivement réclamée par l'ensemble des syndicats du secteur, d'autant plus que les textes d'application ont été publiés avec retard.

Cette disposition exceptionnelle permettra aux personnels concernés, notamment ceux qui ne sont plus en mesure de poursuivre leur activité d'enseignement pour des raisons de santé ou autres, de déposer leurs demandes de départ à la retraite pour bénéficier rapidement de cette mesure.

Toutefois, M. Dziri a réaffirmé que son syndicat continue de revendiquer le droit à la retraite anticipée de manière générale, à partir de 32 années de service.

Il a souligné que de nombreux enseignants se retrouvent aujourd'hui dans une situation de stagnation professionnelle, ayant accompli 32 ans de service tout en restant classés en catégorie 12, contraints de poursuivre leur activité sans réelle motivation.