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Palestine: Human Rights Watch secouée par des démissions

par Mohamed Mehdi

Vendredi, 117e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Le nouveau rapport statistique publié jeudi par le ministère de la Santé fait état de 574 martyrs et 1.518 blessés depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025. Le nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, passe à 71.851 martyrs et 171.626 blessés.

Par ailleurs, dans un autre communiqué, le ministère de la Santé a annoncé la reprise du service de l'angiographie Doppler dans les hôpitaux de Ghaza, pour la première fois depuis le début de l'agression sioniste en octobre 2023. «L'angiographie Doppler couleur (barytée) est désormais disponible pour les adultes pour la première fois dans les hôpitaux depuis plus de deux ans. Ce service a permis d'obtenir des résultats significatifs dans le diagnostic de diverses pathologies. Il est actuellement disponible au Centre de santé d'Al-Daraj», indique le ministère.

Une nouvelle mission de Sumud pour Ghaza fin mars

La Flottille mondiale Sumud a annoncé, jeudi, une nouvelle mission pour Ghaza prévue le 29 mars 2026, qualifiée de la «plus importante intervention humanitaire coordonnée jamais menée en Palestine». «Le 29 mars 2026, une flottille maritime unifiée et un convoi humanitaire terrestre partiront simultanément, mobilisant des milliers de personnes originaires de plus de 100 pays dans une réponse coordonnée et non violente au génocide, au siège, à la famine de masse et à la destruction de la vie civile à Ghaza», annonce l'organisation sur la plateforme X. «Voilà l'ennemi auquel nous sommes confrontés. Ce n'est pas une personne. C'est un mode de vie qui détermine l'avenir des autres nations», a déclaré Saif Abukeshek, membre du Comité directeur de la Global Sumud Flotilla (GSF). «L'annonce a été faite à la Fondation Nelson Mandela à Johannesburg, ancrant cette mission dans un héritage de solidarité mondiale et de résistance civile», précise la publication.

GSF précise que la nouvelle mission prévue fin mars rassemble : «plus de 1000 médecins, infirmières et professionnels de la santé», des «éducateurs, ingénieurs et équipes de reconstruction», ainsi que des «enquêteurs sur les crimes de guerre et l'écocide». «Il ne s'agit pas seulement de naviguer. Il s'agit de voir le monde s'élever ensemble», conclut le communiqué de la GSF.

Dans une précédente déclaration, Saif Abukeshek avait expliqué, le 21 janvier dernier, que «l'état de la mer Méditerranée nous empêche de naviguer jusqu'au printemps», mais que «des vies sont en jeu et la Palestine ne peut plus attendre». «Nous préparons notre mission maritime, la catastrophe humanitaire provoquée par l'homme à Ghaza a atteint un point critique. Nous recevons des témoignages directs des comités locaux et des camps de réfugiés : les familles reçoivent moins de 30% de ce dont elles ont besoin pour survivre», a-t-il ajouté dans une vidéo publiée sur le compte GSF sur la plateforme X.

Démission du directeur de Human Rights Watch pour «Israël-Palestine»

Après plus de dix ans passés à Human Rights Watch (HRW), Omar Shakir, le directeur de l'ONG pour la région «Israël-Palestine», a annoncé sa démission en signe de protestation suite au blocage de son rapport accusant Israël de «crimes contre l'humanité» pour avoir nié le droit au retour des réfugiés palestiniens, par le nouveau directeur général de l'organisation. Omar Shakir a déclaré mardi dernier à Al Jazeera que le rapport «cherchait à établir un lien entre la destruction des camps à Ghaza et le démantèlement des camps en Cisjordanie, ainsi qu'avec l'offensive menée par le gouvernement israélien contre l'UNRWA, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens. Il soulignait également combien, face à cette Nakba 2.0 qui se déroule sous nos yeux, il est crucial de tirer les leçons de la Nakba 1.0». Le rapport démontre comment le refus du retour «constitue un crime contre l'humanité», a-t-il souligné.

Dans sa lettre de démission, datée du 15 janvier, Shakir a déclaré que le responsable du plaidoyer de l'organisation lui avait écrit pour lui faire part de ses inquiétudes quant à une possible interprétation du rapport par des «détracteurs», qui y verraient un appel à «l'éradication démographique du caractère juif de l'État d'Israël», rapporte Al Jazeera.

«Ce processus m'a fait perdre confiance en l'intégrité de notre travail et en notre engagement à produire des reportages rigoureux sur les faits et l'application du droit», a expliqué Omar Shakir, précisant que le rapport, dont la publication était prévue le 4 décembre 2025, avait reçu le feu vert de ses collègues de HRW lors d'un examen interne..

Dans une déclaration à Al Jazeera, HRW a indiqué avoir reçu la démission de deux personnes travaillant sur le conflit israélo-palestinien suite à «la décision de suspendre la publication d'un projet de rapport sur le droit au retour des réfugiés palestiniens».

«Le rapport en question soulevait des problèmes complexes et importants. Lors de notre examen, nous avons conclu que certains aspects de la recherche et les fondements factuels de nos conclusions juridiques devaient être renforcés afin de répondre aux exigences élevées de Human Rights Watch», a déclaré l'organisation. «C'est pourquoi la publication du rapport a été suspendue dans l'attente d'analyses et de recherches complémentaires. Ce processus est en cours», explique l'organisation.