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Fonds monétaire international: L'Algérie sur la bonne voie

par A. Z.

En droite ligne des perspectives positives de l'économie algérienne, constatées en juin dernier par le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en Algérie, la directrice générale du FMI, Mme Kristalina Georgieva, a accordé de bons points à l'économie nationale, saluant dans ce sens les grands progrès réalisés par l'Algérie en matière de stabilité macroéconomique et de développement, ainsi que la baisse du taux d'inflation, qui a un impact positif sur l'économie.

Dans une déclaration à la presse au sortir de l'audience que lui a accordée jeudi le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, Mme Georgieva, qui séjourne en Algérie à l'occasion d'une conférence de haut niveau sous le thème «Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités», coorganisée jeudi dernier par la Banque d'Algérie et le FMI, a précisé avoir eu un «échange approfondi et riche» avec le président de la République, remerciant l'Algérie d'accueillir une conférence «aussi importante» sur «l'interconnexion de l'Europe et de l'Afrique via l'Afrique du Nord».

À cette occasion, elle a affiché «le soutien total du FMI aux efforts continus de l'Algérie pour la diversification de son économie», à travers «la création d'emplois pour les jeunes, le soutien à l'entrepreneuriat et aux start-up et l'investissement dans le capital humain, qui représente l'avenir du pays». Mme Georgieva a, par ailleurs, exprimé son «admiration pour la beauté et le dynamisme de l'Algérie», où, a-t-elle dit, elle se rend pour la première fois.

S'exprimant, jeudi dernier, à l'ouverture de la conférence, elle a souligné que le thème de cette rencontre, d'une importance capitale, intervient à un moment de «profonde transformation mondiale». Cette transformation est marquée, poursuit-elle, par l'intensification des tensions géopolitiques et une pleine restructuration des flux commerciaux et financiers et des reconfigurations des chaînes d'approvisionnement, ainsi que la transition des systèmes énergétiques et l'essor rapide des technologies, notamment l'intelligence artificielle, qui redéfinissent l'environnement économique international.

Face à ces évolutions et cette «incertitude accrue», la coopération régionale et les échanges sont plus que jamais nécessaires, a précisé la directrice générale du FMI, mettant en avant la position géographique stratégique de l'Afrique du Nord, constituant un pont naturel entre l'Europe et le reste du continent.

Selon Mme Georgieva, l'Afrique du Nord est une région où le commerce et l'intégration recèlent un potentiel énorme et ayant déjà développé une longue tradition de liens économiques et de routes commerciales, tandis que les flux d'investissement ne sont pas nouveaux, a-t-elle encore mentionné.

ZLECAf, «moteur d'intégration» régionale

Tout en saluant les autorités algériennes pour l'accueil réservé aux participants et l'organisation de cette rencontre, la directrice générale du FMI a aussi mis en avant l'importance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour l'intégration régionale, la qualifiant de «moteur d'intégration» et «d'atout majeur pour le continent, tant pour ses populations que pour ses relations économiques avec l'Europe».

De son côté, le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, qui a présidé l'ouverture de la conférence, a mis en avant le rôle de l'Algérie dans le renforcement de l'intégration africaine à travers des réformes structurelles et des projets d'envergure à dimension continentale, s'inscrivant dans une vision nationale de diversification économique. Soulignant, dans ce sens, «l'engagement de l'Algérie à renforcer l'intégration régionale, à améliorer le climat des affaires, à faciliter les investissements générateurs de richesse et d'emplois et à inscrire l'économie nationale durablement dans les chaînes de valeur régionales et mondiales».

Ajoutant que l'Algérie «mobilise d'énormes moyens pour développer des infrastructures aptes à assurer l'interconnexion continentale et l'intégration régionale, comme la route transsaharienne, le développement du réseau ferroviaire, la ligne minière Ouest, inaugurée par le président de la République la semaine dernière, et la ligne minière Est, qui sera prête avant la fin de l'année en cours».

Sur le plan continental, le Premier ministre a indiqué que l'Algérie s'est employée, à travers l'organisation annuelle de la Conférence africaine des start-up, à «créer une plateforme continentale de dialogue entre les écosystèmes de l'innovation», faisant valoir qu'elle «poursuivra ses efforts pour partager cette expérience et généraliser les mécanismes qui en découlent au profit des pays africains».

Le vice-gouverneur de la Banque d'Algérie, Mustapha Abderrahim, a indiqué, pour sa part, que la région occupe une place stratégique dans l'architecture économique et géopolitique régionale et internationale, grâce à son histoire et son capital humain, et constitue un espace naturel de connexion entre l'Afrique subsaharienne, l'Europe et le Moyen-Orient, et un vecteur de coopération entre les continents.

Il a réaffirmé également la disponibilité de l'Algérie à contribuer à la construction d'un environnement fondé sur la confiance, la prévisibilité et le respect des engagements.