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Les lampions se sont éteints sur cette 35e édition,
qualifiée par de nombreux observateurs comme l'une des plus scandaleuses de
l'histoire de ce tournoi continental, tant les dérives arbitrales et les
désignations sur mesure ont pesé lourdement sur son déroulement. Des sélections
annoncées comme de sérieux postulants au sacre ont été poussées vers la porte
de sortie, dans des conditions pour le moins douteuses, laissant derrière elles
un sentiment d'injustice difficile à dissiper. Sur le plan organisationnel,
l'affaire de l'indisponibilité des billets, manifestement montée de toutes
pièces, a soulevé de vives inquiétudes et de nombreuses interrogations. Une
gestion opaque, sélective et discriminatoire qui a privé les supporters
algériens de leur droit légitime d'accompagner leur équipe. A ce titre, le
public des Verts' n'a fait qu'exercer un droit fondamental : celui de
s'indigner et de dénoncer une situation anormale. Une question demeure
cependant sans réponse claire : pourquoi seul le public algérien a-t-il subi de telles restrictions ? Sur le terrain, le constat
s'est imposé avec amertume : le jeu de coulisses a souvent pris le pas sur le
jeu tout court. Des décisions arbitrales contestables, une utilisation
sélective de la VAR et des scénarios qui semblaient écrits à l'avance ont fini
par entacher la crédibilité sportive de la compétition.
Au final, au-delà du vainqueur officiel, c'est l'image du football africain qui sort affaiblie. Derrière les discours officiels prônant la transparence et la bonne gouvernance, les faits observés sur le terrain et en dehors révèlent une réalité plus complexe, la CAF ayant perdu toute son autonomie. Des décisions lourdes de conséquences sportives ont ainsi contribué à l'élimination prématurée de sélections majeures. Pour sa part, l'arbitrage a cristallisé toutes les tensions. L'impression persistante que certaines décisions répondaient davantage à des équilibres institutionnels qu'à une stricte application des lois de jeu. Cette situation pose une question : la CAF agit-elle encore en toute dépendance ou se contente-t-elle d'exécuter les ordres et les orientations de ses membres influents ? Au terme de cette édition de la honte, le constat est sans appel : tant que la CAF ne parviendra pas à affirmer pleinement son autonomie décisionnelle, chaque édition de la CAN restera exposée aux soupçons, aux polémiques et à la défiance. Quand le Sénégal défie le jeu de coulisses Les Lions de la Teranga' ont, contre vents et marées, réussi à damer le pion au pays organisateur et remporté ; haut la main ; leur deuxième trophée consécutif. Une victoire historique, mais qui a rapidement été éclipsée par un chaos inédit sur le terrain. La polémique a éclaté lorsqu'un but en faveur du Sénégal a été refusé sans que la VAR n'intervienne. Furieux, les Sénégalais, sur instruction de leur entraineur ont quitté le terrain, tandis que certains de leurs supporters s'affrontaient avec les stadiers, créant une confusion totale. La tension a culminé lorsqu'un penalty a été accordé au Maroc dans le temps additionnel. Il a fallu l'intervention de Sadio Mané qui a, après une discussion avec Claude Le Roy et El Hadji Diouf, réussi à calmer ses coéquipiers qui décidèrent de revenir sur le terrain pour inscrire leurs noms dans l'histoire après un but d'anthologie de Pape Gueye. Au dû de la physionomie du match, les Sénégalais ont pleinement mérité leur victoire face à une sélection marocaine qui a peiné à rivaliser. En somme, cette deuxième couronne consécutive est le fruit de la continuité dans le travail, de la stabilité, de la confiance en soi et de la patience. Le Sénégal a offert une véritable leçon de persévérance, de discipline et de maîtrise, soutenue par la qualité individuelle de ses joueurs, loin du jeu de coulisses. Au final, cela démontre que les Lions de la Teranga' ne se contentent pas de gagner : ils imposent leur supériorité technique et mentale et confirment leur place parmi les grandes nations du football africain. La mainmise de Lekjaa n'a pas suffi Depuis plusieurs années, la CAF traverse une zone de turbulences où les décisions sportives, organisationnelles et institutionnelles suscitent, de plus en plus de soupçons. Au cœur de ces controverses, un nom revient avec insistance : Fouzi Lekjaa, figure désormais incontournable, avec la complicité de Patrice Mtsepe, président de la CAF, des cercles décisionnels du football africain. Cette mainmise se manifeste à plusieurs niveaux. Lekjaa, soutenu par ses supérieurs, a méthodiquement brouillé les frontières entre politique et football. Alors, jusqu'à quand la CAF continuera-t-elle à fonctionner sous l'influence d'intérêts ? Et surtout quelle sera la réaction des autres fédérations africaines de football face à cette emprise grandissante, qui menace la crédibilité des compétitions continentales ? Aujourd'hui, il est difficile d'entrevoir la moindre solution tant que Fouzi Lekjaa s'est entouré d'un cercle restreint de complices, davantage préoccupés par la préservation de leurs postes au sein de l'instance continentale, leurs intérêts et leurs privilèges que par l'avenir du football africain, sacrifié sur l'autel des calculs et des alliances opportunistes. La question n'est plus de savoir si Fouzi Lekjaa est influent -cela ne fait aucun doute- mais jusqu'où s'étend cette influence ? Là, est toute la question. |
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