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Le président de la République, Abdelmadjid
Tebboune, a donné des instructions fermes, lors du
dernier Conseil des ministres, afin que le gouvernement mobilise tous les
moyens et d'assurer toutes les conditions nécessaires pour augmenter les
capacités de production céréalière, après avoir suivi un exposé sur la feuille
de route du secteur de l'agriculture à l'horizon 2026.
Le chef de l'État a également insisté sur l'importance d'une approche scientifique intégrée, fondée sur l'innovation, l'expertise agronomique et l'optimisation des rendements par hectare. Parallèlement, il a appelé à des solutions urgentes et appropriées pour relancer les filières des viandes rouges et blanches, afin de répondre aux besoins du marché national. Cette orientation a été saluée par l'expert en agronomie Mohamed Amokrane Nouad, qui a estimé que la feuille de route tracée par le président de la République marque un tournant stratégique dans la manière d'aborder les politiques agricoles en Algérie. Invité hier à l'émission « L'Invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Mohamed Amokrane Nouad a toutefois déploré l'éloignement de nombreux cadres spécialisés du terrain agricole. Il a regretté que des ingénieurs agronomes et des techniciens, pourtant formés à cet effet, ne soient pas suffisamment impliqués dans l'activité agricole. « On a oublié que l'on forme des ingénieurs agronomes et des techniciens qui, malheureusement, ne sont pas sur le terrain. Ils sont ailleurs », a-t-il souligné, appelant à une meilleure mobilisation de ces compétences au service du développement agricole national. Selon lui, la relance durable de l'agriculture repose avant tout sur un retour à la science et à la maîtrise de l'itinéraire technique, clé de l'amélioration des rendements et de la rentabilité. Il estime que l'augmentation des superficies ne suffit pas et qu'il est préférable de renforcer les exploitations existantes afin d'obtenir de meilleurs rendements à l'hectare. Cette approche, précise-t-il, s'inscrit pleinement dans l'orientation présidentielle, notamment pour la filière céréalière, stratégique pour la sécurité alimentaire. Il met également en cause le manque de planification et d'organisation, rappelant qu'une campagne agricole se prépare bien en amont pour sécuriser la production et gagner en efficacité. Plaidoyer pour la diversification de la production animale Dans le cadre de la régulation du marché, le président de la République a ordonné l'importation d'un million de moutons afin de faire baisser les prix des ovins et permettre au plus grand nombre d'Algériens de célébrer l'Aïd El-Adha dans le respect de la tradition du sacrifice. En parallèle, il a instruit le ministre de l'Agriculture de proposer des solutions urgentes pour relancer la production de viandes rouges et blanches. À ce sujet, Mohamed Amokrane Nouad rappelle que l'Algérie dispose d'un potentiel agro-écologique considérable et d'une vocation historique à l'élevage. « Nous avons 45 millions d'hectares, dont 35 millions destinés aux pâturages et 20 millions d'hectares de steppe », a-t-il souligné. Il a plaidé pour une diversification des filières animales, notamment le caprin et le camelin, ainsi que pour une réforme des mécanismes de subvention, qu'il préconise d'orienter vers la performance afin d'améliorer l'efficacité et la compétitivité du secteur. Concernant les instructions présidentielles relatives à la loi d'orientation agricole, l'expert s'est prononcé en faveur d'une refonte profonde. Il estime indispensable de réviser ce texte, devenu obsolète après plus de dix ans d'application, afin d'y intégrer les évolutions technologiques, organisationnelles et numériques nécessaires à une meilleure structuration des filières. Il a également insisté sur la problématique de la taille économique des exploitations agricoles. « Avec une moyenne de 6 hectares, on ne peut ni mécaniser, ni moderniser, ni recruter », a-t-il affirmé, plaidant pour un remembrement du foncier agricole afin de créer des exploitations viables et compétitives. Enfin, Mohamed Amokrane Nouad a salué l'encouragement présidentiel à la création de coopératives spécialisées, qu'il considère comme un levier essentiel pour renforcer les filières agricoles. Il a toutefois regretté le décalage entre les textes et leur application sur le terrain, estimant que les offices interprofessionnels doivent fonctionner réellement au service des producteurs et l'État assure son rôle de régulation, conformément à l'esprit initial des textes. |
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