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Lundi, 95e jour du cessez-le-feu, Israël
continue de transgresser unilatéralement l'accord de Charm
Al-Cheikh, en commettant, depuis le 11 octobre 2025, plus de 960 violations du
cessez-le-feu, et de ne pas respecter le volet des aides humanitaires préconisé
par le «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total
accord avec l'administration Trump.
Dans son dernier rapport statistique, publié dimanche, le ministère de la Santé a fait état de 12 nouvelles victimes, dont 3 martyrs et 9 blessés, lors des précédentes 48h (vendredi et samedi). Le bilan des massacres israéliens depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 passe à 442 martyrs, 1.236 blessés et 688 corps de martyrs exhumés des décombres des bâtiments bombardés depuis le début du génocide. Quant au bilan cumulatif des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, il passe à 71.412 martyrs et 171.314 blessés. Le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité nationale de Ghaza a annoncé, lundi matin, l'assassinat du lieutenant-colonel Mahmoud Ahmed Al-Astal à Al-Mawasi, ajoutant que les assaillants sont des «agents (palestiniens, ndlr) de l'occupation israélienne». «Le chef du département des enquêtes de la police de Khan Younes, le lieutenant-colonel Mahmoud Ahmed Al-Astal (40 ans), a été assassiné par balle dans le quartier d'Al-Mawasi», affirme le ministère de l'Intérieur, ajoutant que «selon les premières constatations, les tirs ont été effectués depuis un véhicule occupé par plusieurs agents de l'occupation israélienne». Quelques heures après l'attentat, Houssam Al-Astal, l'agent à la tête d'un des groupes créés, armés et financés par l'armée sioniste, revendique l'assassinat du chef du département des enquêtes de la police de Khan Younes, dans une vidéo diffusée par la chaîne Al Arabiya. Par ailleurs, le ministère du Développement social de Ghaza a mis en garde «contre des faux liens de collecte de données» des citoyens de l'enclave. Dans un communiqué publié sur son canal Telegram, le ministère déclare : «Nous n'avons autorisé aucune entité ni association à collecter des données de citoyens en partenariat avec nous. Tout lien prétendant coopérer avec le ministère sans déclaration officielle n'est pas fiable». Le communiqué invite les citoyens de Ghaza «à s'informer auprès de sources officielles», afin d'éviter de ce genre d'opération dont le but évident est de collecter des données au profit de l'armée israélienne. GHF et le ciblage des femmes Le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR) a publié, le samedi 9 janvier 2026, un rapport accablant sur les prétendus «centres de distribution d'aide» de la fondation américaine «GHF» et «le ciblage des femmes par la famine, les meurtres et les humiliations». Le rapport de 39 pages met particulièrement l'accent sur «la situation des femmes dans la bande de Ghaza pendant la période d'activité de la GHF». Intitulé «Centres de distribution de l'aide humanitaire à Gaza : famine, meurtres et humiliations des femmes», le rapport de du PCHR (acronyme en anglais) «dénonce la politique systématique de famine imposée par les forces d'occupation israéliennes depuis le 7 octobre 2023», notamment «le recours délibéré à la famine comme arme de guerre», indique un communiqué de l'organisation. En outre, le rapport documente également «les graves violations résultant de cette politique» du recours à la famine comme arme de guerre, et «met en lumière une série de pratiques coercitives, telles que la fermeture des points de passage frontaliers, la destruction de boulangeries et d'exploitations agricoles, la coupure des approvisionnements en carburant et autres produits de première nécessité, l'obstruction des convois d'aide humanitaire et le ciblage des travailleurs humanitaires et civils». L'apogée de cette politique génocidaire israélienne par le recours à la famine, a été atteint par «la création de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) en février 2025, financée directement par les États-Unis», ajoute le rapport. Le rapport explique comment «l'aide humanitaire» sous «la responsabilité» de la GHF, de fin mai à octobre 2025, «a été dénaturée, perdant son caractère vital et devenant de fait un instrument de destruction massive». «Dans ce contexte, l'aide humanitaire a été instrumentalisée au service d'une stratégie militaire visant à exterminer les civils en les exposant à la famine, à l'humiliation, aux assassinats ciblés et aux blessures graves», ajoute le rapport, soulignant que «les femmes se sont retrouvées au cœur d'un cycle de persécution et de souffrance, prises au piège entre les assassinats directs, les blessures graves et la perte de leurs maris, de leurs enfants et de leurs principaux soutiens de famille». «Ces violations ont été aggravées par une transformation coercitive des rôles familiaux, contraignant les femmes à assumer des responsabilités accrues et à supporter un double fardeau au sein de leurs familles et de leurs communautés», lit-on dans le document. Les femmes ont été «contraintes de se rendre aux points de distribution d'aide dans une tentative désespérée d'obtenir le minimum de nourriture nécessaire pour nourrir leurs familles». Le rapport s'appuie sur les «témoignages recueillis par le PCHR auprès de femmes survivantes et de témoins oculaires» qui font état de «meurtres délibérés, de blessures graves, de la perte d'enfants et de conjoints, de la dégradation de la dignité humaine et de la transformation coercitive des rôles sociaux imposée aux femmes». «Prises ensemble, ces pratiques constituent une extension manifeste du crime de génocide contre la population civile de la bande de Gaza, car elles impliquent des meurtres délibérés, des atteintes graves à l'intégrité physique et psychologique, et des actes visant à la destruction partielle ou totale d'un groupe protégé par le droit international», note le PCHR. En conséquence, l'organisation appelle la communauté internationale à «prendre des mesures urgentes pour que toutes les parties impliquées dans les politiques de distribution de l'aide ayant entraîné de graves violations à Ghaza rendent des comptes», notamment les responsables militaires et politiques ayant approuvé ou supervisé la mise en œuvre de ces politiques, ainsi que toute personne ayant facilité ou participé à leur exécution. |
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