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Un signal fort pour les transporteurs: Arrivée imminente de 3000 nouveaux bus

par M.Aziza

Trois mille autobus sont en route vers l'Algérie. C'est ce qu'a rapporté, le 8 janvier 2026, le site industriel du constructeur chinois Higer Bus, précisant que des autobus haut de gamme étaient prêts à quitter les chaînes de production à destination du marché algérien.

Cette opération marque une étape majeure dans la coopération algéro-chinoise dans le domaine du transport.

Selon la même source, la cérémonie de mise en service s'est déroulée en présence de délégués de l'Ambassade de la République algérienne démocratique et populaire en Chine ainsi que de représentants des clients algériens, témoignant de l'importance stratégique de cette commande.

Au total, 3.000 autobus sont concernés, comprenant des véhicules de la nouvelle série V de 8 et 11 mètres, ainsi que des autobus monocoques de 12 mètres. L'acquisition de ces équipements s'inscrit dans le cadre du « Plan national de renouvellement de 10.000 autobus », destiné à moderniser et à renforcer le parc du transport public en Algérie.

Cette avancée intervient dans un contexte marqué par le retour progressif à la normale du secteur du transport, avec la reprise de l'activité des transporteurs après les perturbations enregistrées récemment. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics de moderniser le parc automobile du transport public, au service des citoyens, tout en soutenant les professionnels du secteur.

Pour rappel, la loi de finances 2026 prévoit l'exonération totale des droits et taxes douanières sur les véhicules destinés au transport de voyageurs, conformément aux instructions du président de la République, dans le cadre du programme d'importation de 10.000 autobus. Il convient de rappeler en outre que le ministre des Transports, M. Saïd Sayoud, avait indiqué, en marge de l'ouverture de la 4I”édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), que 4.680 bus importés seront destinés au remplacement de véhicules âgés de plus de 30 ans, tandis que 5.320 autres serviront au renouvellement partiel des bus dont l'âge varie entre 20 et 30 ans.

Le ministre a également précisé que ses services ont finalisé le recensement des anciens bus, ainsi que le choix des catégories et des capacités des véhicules à importer, couvrant le transport urbain, suburbain, interwilayas et rural.

Une politique durable et intégrée du transport en commun s'impose

Le président de l'Association de la protection de l'environnement et du cadre de vie (APCE), Malek Ouaddah, a salué les récentes avancées en matière de transport public, tout en appelant à un développement plus ambitieux et mieux structuré du transport en commun en Algérie.

Dans une déclaration au Quotidien d'Oran, M. Ouaddah a souligné la nécessité de faire du transport public une véritable politique nationale, reposant sur des mesures incitatives favorisant son utilisation à grande échelle. « Nous voulons que la prise en charge du transport public soit mise en œuvre comme une politique qui encourage, par tous les moyens, le recours au transport en commun », a-t-il déclaré.

Selon lui, le développement du transport collectif permettrait de réaliser d'importantes économies indirectes, notamment en matière de carburant, de pièces de rechange et de pneumatiques. Des « gains cachés considérables », a-t-il expliqué, comparativement à l'usage excessif du transport individuel, source d'embouteillages récurrents et de forte consommation énergétique. Il a ajouté que les ingénieurs des mines sont particulièrement qualifiés pour mettre en évidence les retombées économiques positives du transport en commun.

Tout en se félicitant de l'importation d'autobus et de véhicules de transport collectif « une revendication portée par l'association depuis près de cinq ans », le président de l'APCE a insisté sur la nécessité d'accompagner cette démarche par la création d'aires de stationnement adaptées. Il a mis en garde contre le stationnement anarchique des bus et des camions à proximité des habitations et au sein des cités, estimant que cette situation porte atteinte au cadre de vie et au bien-être des citoyens.