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Arbitrage - Changements de désignation à la dernière minute: Quand les coulisses dictent les décisions

par M. Zeggai

Les modifications inattendues dans la désignation des arbitres pour les quarts de finale continuent d'alimenter les interrogations et laissent planer un parfum de tractation en coulisses. Une situation pour le moins confuse a régné autour de la désignation des arbitres appelés à officier lors des quarts de finale de la CAN.

Des arbitres ont été informés à la dernière minute de leur départ immédiat vers Tanger où ils doivent diriger le match Mali-Sénégal. C'est désormais l'arbitre sud-africain, Abongile Tom, qui dirigera la partie en remplacement de l'Algérien Moustapha Ghorbal. Aussi, la Fédération marocaine de football a réclamé un changement d'arbitre face au Cameroun, et a obtenu gain de cause. Un revirement qui fait polémique. Initialement, l'Égyptien Amin Omar avait été désigné pour diriger ce choc, une décision qui ne convenait pas à la FRMF, comme celle de choisir un arbitre algérien pour la VAR.

Une option qui a interrogé ses dirigeants au regard des tensions entre les deux pays. L'instance marocaine est montée au créneau et a fait céder la CAF, puisque c'est finalement le Mauritanien Dahane Beida qui a été choisi au centre, accompagné à la vidéo par le Ghanéen Daniel Laryéa. Un revirement qui a provoqué la grande surprise de la Fédération camerounaise. La CAF a également écarte l'arbitre du match Algérie-Nigeria... pour ses crampons. Initialement désigné pour diriger ce match, l'arbitre somalien Omar Artan ne sera finalement pas au sifflet. L'instance continentale a constaté que l'arbitre portait des crampons appartenant à une marque non homologuée par la CAF. Ce manquement aux obligations contractuelles liées aux sponsors officiels de la compétition constitue une violation du règlement en vigueur. Des décisions qui ont surpris plus d'un quant aux critères de désignation adoptés.

Une telle gestion est jugée inédite dans l'histoire de ces compétitions, donnant l'impression d'une improvisation manifeste ; voire d'une véritable anarchie organisationnelle. Dès lors, si des erreurs d'arbitrage déterminantes venaient à entacher ces quarts de finale, la responsabilité ne saurait incomber aux arbitres eux-mêmes, mais bien aux instances ayant provoqué cette situation chaotique, devenue difficilement justifiable à ce stade de la compétition. Ce remue ménage inattendu sert certains intérêts et favorise le jeu de coulisses.