Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

ONAB et fédération des aviculteurs: Une convention pour réguler les prix des viandes blanches

par M.Aziza

Les pouvoirs publics poursuivent leur soutien actif à la filière avicole afin de stabiliser les prix et d'assurer un approvisionnement régulier du marché national en viandes blanches, notamment à l'approche du mois de Ramadhan.

Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la subvention des matières premières et de la lutte contre les tensions sur les marchés. Dans ce contexte, une convention de partenariat a été signée lundi dernier entre l'Office national des aliments de bétail (ONAB), filiale du groupe agroalimentaire AGROLOG, et la Fédération nationale des aviculteurs. Cet accord vise à garantir un approvisionnement continu en poussins et en aliments pour volaille à des prix subventionnés, tout en accordant des facilitations exceptionnelles, en particulier au profit des petits éleveurs. Selon le président de la Fédération nationale des aviculteurs, Ali Benchaïba, cette mesure de soutien permettra d'assurer la disponibilité permanente des matières premières tout au long de l'année, contribuant ainsi à la stabilité de l'activité avicole. Elle aura également un impact direct sur l'offre de viandes blanches sur le marché, en garantissant des volumes suffisants durant le mois de Ramadhan. Grâce à cet accord, les prix du poulet devraient rester maîtrisés et ne pas dépasser, selon les projections de la profession, 350 DA le kilogramme durant le mois sacré, renforçant ainsi la régulation du marché et la protection du pouvoir d'achat des consommateurs. Le président de la Fédération nationale a indiqué, dans une déclaration accordée au Quotidien d'Oran, qu'il s'agit d'une convention triangulaire visant à approvisionner les aviculteurs en aliments et en poussins à des prix contractuels. Il explique, les aviculteurs bénéficieront de poussins à des prix subventionnés, fixés à 80 DA pour le poussin âgé d'un jour, ainsi que de quantités suffisantes d'aliments nécessaires à l'élevage. En contrepartie, les éleveurs s'engagent à céder leur production de poulets à l'ONAB à un prix arrêté à 280 DA le kilogramme.

Il a précisé que cet accord en est à sa troisième année consécutive de mise en œuvre, rappelant qu'il a donné des résultats probants l'an dernier et exprimant l'espoir que ces performances se confirment cette année encore. Selon lui, cette convention repose sur un mécanisme gagnant-gagnant, dans la mesure où l'aviculteur s'approvisionne en poussins et en aliments auprès de l'ONAB, puis écoule sa production auprès du même organisme. Cette démarche garantit aux éleveurs un débouché sécurisé pour leurs produits, leur assurant une marge bénéficiaire raisonnable et leur permettant de se concentrer davantage sur l'amélioration des performances de production.

L'accord aura également des retombées positives sur les différentes unités de l'ONAB, notamment celles spécialisées dans la fabrication d'aliments de bétail, les abattoirs et les couvoirs de poussins, en générant une dynamique économique bénéfique et en contribuant à la régulation du marché national.

Selon les termes du contrat, les aviculteurs disposant de leurs propres unités de fabrication d'aliments seront, quant à eux, approvisionnés en matières premières essentielles, notamment en maïs et en soja, en fonction de leurs besoins de production, conformément aux explications fournies lors de la cérémonie de signature.

Selon le PDG du groupe AGROLOG, Mohamed Batraoui, cette convention, conclue pour une durée d'une année, s'inscrit dans le cadre de la stratégie des pouvoirs publics visant le soutien durable de la filière avicole, la lutte contre la spéculation et la protection du pouvoir d'achat des citoyens. M. Batraoui a rassuré que le maïs est actuellement disponible au niveau de l'ONAB à un prix fixé à 4.250 DA le quintal, rappelant que les aliments destinés à l'élevage avicole sont proposés aux professionnels à des prix encadrés, conformément aux dispositions en vigueur.

L'approvisionnement des éleveurs en poussins dans le cadre de cette nouvelle convention est déjà en vigueur.

Notons que des mesures d'urgence en faveur des petits éleveurs ont été décidées. Des facilitations exceptionnels ont été annoncées par l'Union des agriculteurs algériens, la Fédération nationale des éleveurs de volailles et par l'ONAB.

La relance du stockage des viandes blanches s'impose

Évoquant la situation actuelle du marché, le président de la Fédération a fait état d'une forte disponibilité de viandes blanches, accompagnée de prix relativement bas au détail, oscillant entre 280 et 320 DA le kilogramme. Il a toutefois souligné que ces niveaux de prix ne couvrent parfois même pas les coûts de production, mettant ainsi les producteurs en difficulté.

Dans ce contexte, il a recommandé le recours au stockage des viandes blanches afin d'absorber les excédents de production et de constituer des stocks de régulation.

Une telle mesure permettrait de stabiliser le marché et de protéger les éleveurs, en évitant qu'ils ne se retirent de la filière en raison de pertes financières. Tout en rappelant que les autorités compétentes ont autorisé le stockage auprès des opérateurs privés, il a relevé l'existence de contraintes qui demeurent à débattre et à résoudre.

Il a notamment souligné que les gestionnaires de chambres froides exigent des documents justificatifs à présenter au ministère du Commerce, alors qu'une partie des aviculteurs ne disposent pas des documents requis. Insistant sur le caractère crucial de la relance du stockage, le président de la Fédération a rappelé qu'en 2025, la filière avicole a enregistré une forte disponibilité de viandes blanches tout au long de l'année, à l'exception de quelques périodes conjoncturelles. Selon les estimations de la Fédération, la production nationale a atteint pour la première fois un volume d'environ un million de tonnes.

Il a également noté une hausse significative de la consommation, passée de 15 à 20 kilogrammes par habitant et par an, qualifiant cette évolution de positive pour l'ensemble de la filière.

Enfin, M. Benchaïba a plaidé pour la constitution de stocks de sécurité en aliments et en matières premières, afin de garantir une disponibilité continue des intrants, tant en termes de quantités que de prix, et de renforcer durablement la stabilité de la filière avicole.