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Les associations de consommateurs regrettent l'absence de communication: Hausse des prix des carburants
par M. Aziza L'augmentation des prix des
carburants, entrée en vigueur dès l'entame de l'année 2026, a pris de court les
consommateurs. Bien que cette hausse reste limitée et s'inscrit officiellement
dans une démarche de rationalisation de la consommation énergétique, son
application soudaine, sans aucune communication préalable, a suscité une large
incompréhension.
L'effet de surprise a été d'autant plus fort que la loi de finances 2026 ne prévoyait aucune révision tarifaire des prix des carburants. Pourtant, une note attribuée à l'Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), largement relayée sur les réseaux sociaux, fait état de nouveaux tarifs appliqués à compter du 1er janvier 2026. Selon cette note, le prix du gasoil (mazout) est passé de 29,01 DA à 31 DA le litre, l'essence sans plomb de 45,62 DA à 47 DA le litre, tandis que le GPL-c (Sirghaz) a connu une hausse plus marquée, passant de 9 DA à 12 DA le litre. La même note précise également les nouvelles marges de distribution de détail, fixées à 3,51 DA/litre pour l'essence, 2,93 DA/litre pour le gasoil et 3,76 DA/litre pour le GPL-c. Face à cette situation, l'Association nationale El Aman pour la protection du consommateur a appelé les transporteurs de personnes et de marchandises à faire preuve de responsabilité. Dans un communiqué rendu public, l'association a estimé que cette décision aurait dû être précédée d'une communication claire, transparente et pédagogique, afin de préparer les consommateurs et les opérateurs concernés. El Aman a également mis en garde contre toute exploitation de ces hausses, jugées limitées, pour procéder à des augmentations injustifiées des tarifs de transport. De telles pratiques, souligne l'association, auraient un impact direct sur les prix des produits de large consommation et contribueraient inévitablement à accentuer la pression sur le pouvoir d'achat des citoyens. Par ailleurs, l'association estime que cette mesure aurait dû être accompagnée d'un renforcement effectif des transports publics, aussi bien en termes de disponibilité, de qualité, de régularité que d'accessibilité. Une telle approche aurait permis d'offrir aux citoyens une alternative crédible à l'usage du véhicule particulier, favorisant ainsi la réduction de la consommation de carburants et l'allègement des charges financières pesant sur les ménages. El Aman précise qu'elle ne s'oppose pas, par principe, à une augmentation des prix des carburants lorsqu'elle s'inscrit dans une logique de rationalisation énergétique, de préservation des ressources nationales et de promotion d'un usage plus responsable de l'énergie. Toutefois, elle rappelle que les prix des carburants sont soutenus, administrés et encadrés par l'Etat. A ce titre, toute révision tarifaire engage directement la responsabilité des pouvoirs publics et doit impérativement être précédée d'une communication transparente garantissant le droit à l'information du consommateur. En l'absence de mesures d'accompagnement et de mécanismes de contrôle efficaces, El Aman met en garde contre le risque que cette augmentation se traduise principalement par une charge supplémentaire pour le consommateur, sans atteindre pleinement les objectifs de rationalisation annoncés. Dans le même sillage, Mustapha Zebdi, président de l'Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE), a réagi sur sa page Facebook officielle en regrettant l'absence de communication préalable de la part des autorités compétentes. Prétendue grève des transporteurs et confusion Concernant la prétendue grève des transporteurs annoncée sur les réseaux sociaux, l'Organisation algérienne pour la défense du consommateur Himayatek a tenu à apporter des clarifications. Après contact avec la société SOGRAL, l'organisation a affirmé que le transport interwilayas, notamment sur les grandes lignes, se poursuit normalement et sans interruption, afin d'assurer la mobilité des usagers, en particulier en cette fin de semaine marquée par la fin des vacances scolaires. Le président de l'organisation, Mohamed Aïssaoui, a annoncé la tenue, ce dimanche, d'une réunion d'urgence avec les représentants de l'Union nationale des transporteurs afin d'examiner la situation et prendre les mesures nécessaires. Himayatek rappelle, par ailleurs, que tout arrêt injustifié du service de transport constitue une infraction passible du retrait immédiat de la licence d'exploitation, le transport étant un service public dont les citoyens ne peuvent être privés. De son côté, Mustapha Zebdi a tenu à lever toute équivoque en précisant que la prétendue grève de certains transporteurs était programmée depuis plusieurs jours, comme l'ont relayé certaines pages sur les réseaux sociaux. « Ceux qui prétendent que la grève est liée à l'augmentation soudaine des prix du carburant se trompent, puisque la programmation de la grève était antérieure », a-t-il affirmé. A l'appui de ses propos, le président de l'APOCE a publié la note émanant de l'organisation nationale des transporteurs annonçant la tenue d'une réunion, ce vendredi 2 janvier 2026, au siège du ministère concerné, afin d'examiner les préoccupations de la corporation. |
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