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Selon un rapport du Comité contre la torture de l'ONU: Des détenus palestiniens «traités comme des animaux»

par Mohamed Mehdi

Lundi, 53e jour du cessez-le-feu, Israël continue de violer unilatéralement l'accord de Charm Al-Cheikh, en commettant plus de 590 attaques meurtrières contre les civils de Ghaza durant cette période, en plus de ne pas respecter le volet des aides humanitaires préconisé par le « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Dans son rapport statistique, publié hier, le ministère de la Santé de Ghaza annonce un bilan de 9 martyrs dont les corps ont été retirés des décombres, ainsi qu'un blessé, durant les précédentes 24h (dimanche).

Le nombre de victimes des attaques israéliennes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025, passe à 356 martyrs et 909 blessés, ainsi que 616 corps exhumés des décombres des bâtiments bombardés depuis le début du génocide.

Ce nouveau bilan porte le nombre de total de victimes à 70.112 martyrs et 170.986 blessés.

Le ministère ajoute que de nombreuses victimes sont encore ensevelies sous les décombres des maisons et bâtiments bombardés, mais également aux abords des routes toujours inaccessibles aux équipes de secours dans les zones occupées par l'armée sioniste.

Concernant les corps des 15 martyrs remis récemment par l'entité sioniste après la découverte des restes d'un détenu israélien, la décision a été prise par le ministère de la Santé de Ghaza de les inhumer car « leur identification étant impossible ».

De son côté, la Croix-Rouge internationale (CICR) a déclaré, dans une publication sur X, qu'à « Ghaza, des milliers de personnes ignorent le sort et le lieu où se trouvent leurs proches ».

« En vertu du droit international humanitaire, les morts doivent être traités avec respect et leur dignité protégée », ajoute le CICR, rappelant qu'il « apporte son soutien aux autorités médico-légales et sanitaires pour gérer, documenter et retrouver les corps des défunts afin que les familles puissent faire leur deuil ».

A noter également que les Brigades Al-Qassam et la Croix-Rouge ont entamé, lundi, des recherches pour retrouver le corps d'un prisonnier israélien à Jabaliya, dans le nord de l'enclave, a rapporté un correspondant d'Al Jazeera. La précédente opération de recherche a eu lieu la veille à Beit Lahia.

6.000 camions de l'UNRWA bloqués

L'entité sioniste continue de bloquer l'entrée des aides humanitaires essentielles à Ghaza.

Hier, le conseiller médias de l'UNRWA a déclaré à Al Jazeera qu'Israël empêche 6.000 de ses camions d'entrer dans la bande de Ghaza.

Parmi les produits livrés au compte-goutte, le carburant pour les véhicules et les générateurs électriques, dont la pénurie compromet gravement la capacité des municipalités de la bande de Ghaza de lever les gravats et dégager les routes, et entrave les efforts de la Protection civile pour répondre aux appels de détresse et rechercher les corps des martyrs sous les décombres. Outre dégager les routes des débris des bâtiments bombardés, les services des municipalités de Ghaza doivent également pomper les eaux usées et pluviales, évacuer des dizaines de tonnes de déchets et acheminer l'eau aux habitants, notamment dans les camps de déplacés.

Israël applique «une politique d'État de facto de torture organisée et généralisée»

Israël applique « une politique d'État de facto de torture organisée et généralisée », indique un récent rapport du Comité contre la torture de l'ONU qui s'inquiète également de l'impunité des forces de sécurité israéliennes pour les crimes de guerre commis durant les deux dernières années depuis le 7 octobre 2023 que couvre l'enquête.

Le document exprime la «profonde préoccupation» du Comité face aux «allégations de passages à tabac répétés et graves, d'attaques de chiens, d'électrocution, de simulation de noyade, d'utilisation de positions de stress prolongées et de violences sexuelles» des détenus palestiniens, rapporte le quotidien britannique The Guardian dans son édition de samedi dernier. Publié vendredi, le rapport du Comité contre la torture, composé de dix experts indépendants de l'ONU fait état de traitements dégradants des détenus palestiniens, «traités comme des animaux ou victimes d'urination», à qui les autorités israéliennes leur ont «refusé des soins médicaux et ont fait l'objet d'un usage excessif de moyens de contention, «entraînant dans certains cas des amputations»», ajoute The Guardian.

Le Comité s'est également inquiété du «recours systématique à la loi israélienne sur les combattants illégaux pour justifier la détention prolongée, sans procès, de milliers de Palestiniens, hommes, femmes et enfants».

Outre la «forte proportion d'enfants actuellement détenus sans inculpation ou en détention provisoire», le rapport ajoute que les enfants classés comme prisonniers de sécurité «subissent de graves restrictions de contact avec leur famille, peuvent être détenus à l'isolement et n'ont pas accès à l'éducation, en violation des normes internationales».

Le rapport confirme «la mort en détention de 75 Palestiniens» durant la guerre contre Ghaza et note qu'«à ce jour, aucun responsable de l'État n'a été tenu pour responsable de ces décès».