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Les portefeuilles à rude épreuve à la veille de l'Aïd: Une saignée de plus pour les ménages

par J. Boukraa

Le mois de Ramadhan tire à sa fin. En cette dernière semaine de jeûne, les parents vont encore devoir débourser pour habiller leurs enfants à l'occasion de la fête de l'Aïd. Porter des nouveaux habits, c'est le charme de l'Aïd surtout pour les enfants qui attendent avec impatience ce jour.        

L'achat des vêtements est une nécessité. Chacun essaie de trouver la combine: bonne qualité / prix raisonnable. En quête de nouveaux vêtements pour leurs enfants, les Oranais ont pris d'assaut les magasins, bazars et étals de marchés. Ainsi et depuis quelques jours de nombreuses familles partent à la recherche de vêtements qui puissent procurer de la joie à leurs enfants durant la fête de l'Aïd. Certains préfèrent sortir le soir après la rupture du jeûne et font le pied de grue devant les magasins avant même leur ouverture a-t-on constaté, avant-hier soir dans la majorité des rues, Choupot , Akid Lotfi et près de quelques grands magasins ouverts sur le 3ème boulevard périphérique entre Maraval et Yaghmourcen. Mais cette opération se révèle un peu difficile pour nombre de parents, même si les magasins de prêt-à-porter et de chaussures sont bien achalandés. Les parents triment justement pour acquérir les tenues tant attendues par leurs enfants. La flambée des prix des vêtements décourage plus d'un. « On ne va certainement pas lésiner sur les moyens, ni sur l'effort pour satisfaire nos enfants. Mais trouver la bonne adresse reste un vrai casse-tête », dira une mère de trois garçons. « Je fais les boutiques depuis la veille du mois de Ramadhan et je n'ai toujours pas réussi à habiller mes trois enfants. Les prix sont exorbitants et la qualité n'est pas au top. Les vêtements qui ont vraiment accroché mon regard sont trop chers » ajoute-t-elle. Les parents rencontrés lors de notre virée à travers certains magasins étaient unanimes à dire que les prix étaient hors de portée. Ainsi dans les magasins du centre-ville et autres quartier chics, même si le choix est varié, les prix demeurent très élevés et la qualité n'est pas souvent au rendez-vous. A l'avenue Choupot comme à Haï El Akid Lotfi les prix affichés donnent le tournis. Une tenue complète pour enfant coûte entre 10.000 et 20.000 DA. Les robes pour fillette sont proposées entre 8.000 et 15.000 DA. Un ensemble pour un garçon varie entre 6 000 et 8.000 DA. Dans la majorité des boutiques du centre-ville les prix affichés dépassent les 5.500 DA pour une robe et peuvent atteindre facilement les 15.000 DA. Les pantalons en jeans coûtent entre 2.500 et 6.000 DA. Les chaussures dites de marque sont proposées, à un prix fixé entre 3.500 et 6.500 DA, selon l'origine et la qualité.

Malgré leurs petites tailles, les vêtements d'enfants sont plus chers que ceux pour adultes. Un morceau d'étoffe qui ressemblerait à une robe de bébé, est cédée plus cher qu'une tenue complète pour adulte. Chose qui a poussé certaines bourses moyennes à acheter les habits étalés sur la rue comme à Medina Djedida au lieu d'aller acheter dans un magasin. On y trouve de tout, pour tous les âges, pour toutes les bourses. Le seul hic est que la qualité n'est pas au rendez-vous. Mais quand le budget ne le permet point, les parents se rabattent avec un pincement au cœur sur les tenues qui sont à leur portée mais pas forcément à leur goût. Dans ce marché, des vendeurs à la sauvette étalent souvent des articles aussi bien bon marché que de moindre qualité. Des occasions inespérées pour les petites bourses afin de faire plaisir à leur progéniture, à l'arrivée de l'Aïd El Fitr. Des jeans à 1.000 DA des robes entre 1.500 et 4.000 DA, la chemise entre 700 et 1.200 DA, des chaussures entre 800 et 2.000 DA, le marché de Mdina Jdidda est une aubaine pour les petites bourses. Trop cher même pour les parents qui doivent habiller 3 ou 4 enfants. Beaucoup de familles éprouvent souvent des difficultés à gérer leur faible budget, déjà plombé par les dépenses durant le mois du Ramadhan, sachant qu'elles doivent faire face aux dépenses de l'Aïd.

Vêtement au poids ou sur internet l'autre alternative

D'autres parents ont carrément changé de destination.

L'achat de vêtement au poids. Depuis près d'une année, quelques commerces localisés à Oran proposent des articles au poids. Les articles ne sont pas vendus à l'unité? mais au kilogramme. La formule originale attise la curiosité des clients avides de bons plans. En général les pièces sont vendues entre 3.500 de 4.500 DA le kilogramme selon la qualité et la marque du produit. «La formule est intéressante quand il s'agit de tenues d'été car elles sont légères », dira une cliente rencontrée dans un magasin au centre-ville qui propose cette formule. Ces magasins d'habillement sont devenus une destination pour de nombreux citoyens, hommes et femmes. Certains ont trouvé refuge dans ce mode de commerce, vu la hausse importante des prix des articles d'habillement. D'autres achètent en ligne surtout pour enfant et ce à la suite de la généralisation de cette nouvelle tendance qui est la vente sur Internet. Les parents se sont massivement tournés vers ces boutiques virtuelles. Ces derniers offrent des prix défiant toutes concurrences, car échappant à toute forme de fiscalité et n'ayant pratiquement aucune charge salariale ou locative. « Oui, sur le Net. Pas besoin de sortir de chez soi. Un micro ordinateur ou un simple smartphone suffit pour commander mon article. Je trouve des produits moins chers que dans une boutique classique. Mais il faut être abonné à ces pages pour dénicher des vêtements d'une excellente qualité à un prix très bas. On y trouve de tout pour tous et pour toutes les bourses», dira une mère, qui a fait plusieurs affaires sur Facebook. « Ces pages ont l'avantage d'être ouvertes h/24 et 7/7 et les prix sont constamment en solde et négociables à souhaits. Les livraisons se font le plus souvent à domicile ou à des endroits publics et accessibles », a-t elle ajouté. Si, pour l'instant, les sites officiels de vente ne sont pas nombreux, les pages créées sur le réseau social Facebook poussent comme des champignons suivant le rythme du nombre d'internautes qui augmente chaque jour.Les bonnes adresses sont échangées de bouche à oreille, entre copines, voisines, cousines ou collègues.