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Des mal-logés durement affectés par les fortes averses: Une tentative de squat des 500 logements sociaux avortée à Bousfer

par Rachid Boutlelis

Un mélange de colère, de désarroi et de sidération, se lisait dans les regards hagards de ces dizaines de familles, lors de l'opération d'évacuation, ayant été menée par les forces de la Gendarmerie nationale, dans la matinée du dimanche, qui avaient, la veille, investi des appartements de la cité des ‘500 logements' de formule LPL, sise à proximité du village Filaoucène, communément appelé ‘El Qaria', dépendant administrativement de la municipalité de Bousfer.

Un fort lamentable et indicible spectacle en ce lendemain des fortes et subites précipitations, qui s'identifie à travers ces familles de l'habitat précaire pataugeant dans l'eau boueuse, en traînant leurs morbides bagages vers de sordides masures et autres habitations aléatoires, constituant leurs demeures permanentes, a agressé le regard du plus imperturbable. Selon les témoignages glanés par ‘Le Quotidien d'Oran', fuyant les inondations engendrées par les averses, ayant touché leur exécrable lieu de résidence dans la nuit du samedi, ces mal-logés ont, d'un commun accord, décidé d'investir les logements de ladite cité, dont la réception, qui est tributaire d'absurdes impondérables, accuse un énorme retard. «Nous sommes las d'attendre et las des engagements, non encore honorés, des responsables. Nous avons conclu que finalement ils s'en tamponnent, fort civilement, le coquillard de nos déboires et de nos appels de détresse. Nous ne baisserons pas les bras jusqu'à la satisfaction de nos légitimes revendications», ont pesté des mal-logés. Toujours est-il que ce piètre état de fait ne reflète que fidèlement l'image d'une pénible et sordide réalité de toute une contrée côtière ayant basculé dans la détresse après quelques heures d'averses intermittentes et ce, à la faveur d'une gestion de tâtonnements, saupoudrée d'un insolent mélange d'indifférence et de laxisme, de la part des uns et des autres, qui ont eu à gérer les destinées des municipalités de cette daïra, ces vingt dernières années. Un éventail insalubre, contagieux et morbide, est à l'origine du cataclysme provoqué par les inondations des rues, des boulevards, des places, des quartiers et des localités côtières, notamment la partie basse du chef-lieu où l'essentiel des regroupements de constructions illicites est répertorié.

«Les forces de la nature ont mis en exergue le stupide laisser-faire dans tous les domaines. Et maintenant que va-t-on faire comme dit la chanson ?» se sont interrogé nos interlocuteurs d'un ton laborieusement sarcastique. Notons dans la foulée que l'ironie du sort veut que cette contrée, qui est confrontée drastiquement à des restrictions d'alimentation d'eau, se soit retrouvée en une nuit submergée par des eaux… de pluie.