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27ème marche des étudiants: «Non au panel, oui à un Etat civil»

par Yazid Alilat

En dépit de la moiteur et d'un retour de la chaleur, ils étaient plusieurs centaines, voire plus d'un millier d'étudiants à avoir marché à Alger hier mardi, le 27ème depuis le début de la contestation estudiantine, pour revendiquer un changement de régime politique et le départ de tous ses symboles. La marche, à laquelle se sont joints des centaines de manifestants, hommes et femmes, a débuté comme d'habitude à partir de la Place des Martyrs, fortement quadrillée par un imposant service d'ordre. Arrivés au centre culturel Larbi Ben M'hidi, à la rue éponyme, siège du panel de dialogue et de médiation, les étudiants ont scandé des slogans hostiles au dialogue et dénoncé la mission du panel, qui veut imposer des solutions et une feuille de route qu'ils rejettent. Les étudiants ont déjà dit «non» au panel et critiqué sa manière de concevoir le dialogue. Par la suite, la manifestation s'est ébranlée de nouveau pour se diriger vers la Grande Poste, puis la rue Didouche-Mourad et la Place Audin. Là encore, un impressionnant service d'ordre était déployé, ce qui a fait dire à certains passants que «leur nombre est plus important que les manifestants eux-mêmes». C'est le dernier mardi de protestation estudiantines avant la rentrée sociale et scolaire, qui devrait reprendre de plus belle les revendications populaires et sonner le rappel de tous les étudiants du pays pour poursuivre le hirak et faire pression sur le pouvoir pour consentir les changements politiques revendiqués par la rue algérienne. A quelques jours de la rentrée universitaire également, la mobilisation s'est renforcée hier, car le nombre des étudiants et des manifestants était supérieur à celui de la semaine dernière. Et, parmi les étudiants et des dizaines de citoyens qui se sont joints au mouvement de protestation, il y avait des manifestants qui brandissaient des pancartes où on pouvait lire «libérez la justice et les médias», ou «le déni de justice est le pire des crimes». «Karim Younes à la poubelle», scandaient également les étudiants devant le siège du panel, à la maison de la culture de la rue Larbi Ben M'hidi, ou «Etat civil et non militaire». Toujours devant le siège du panel, les manifestants ont crié «Makanch intikhabat maa Elissaba» (pas de vote avec le gang), et «Karim Younes, chyat El Issaba», manifestant ainsi leur rejet de toute idée de dialogue, que veut organiser le pouvoir pour aller tout droit vers des élections présidentielles refusées par le hirak, des partis d'opposition et une partie de la société civile. Globalement, les slogans portés comme des revendications par les étudiants sont les mêmes que ceux scandés les semaines précédentes et lors des méga-manifestations des vendredis.

La libération du moudjahid Bouregaa a été également revendiquée avec force par les manifestants, qui ont demandé la libération des autres détenus d'opinion. Comme d'habitude, les étudiants ont marché en reprenant l'itinéraire de la rue Pasteur, rue El Khetabi, puis sont descendus vers le boulevard Amirouche. Ils ont remonté vers Didouche-Mourad en empruntant la rue Richelieu. Ils se sont rendus ensuite à la Grande Poste, barricadée par les policiers, en passant par la Place Maurice Audin.

Les manifestations des étudiants se sont par ailleurs déroulées dans plusieurs villes du pays, notamment à Oran, Annaba, Béjaia, Bordj Bou-Arréridj...Enfin, une minute de silence a été observée avant le départ de la manifestation, à la mémoire des victimes de la bousculade de jeudi soir au concert de Soulking. Les manifestants se sont ensuite dispersés dans le calme.