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Surcharge des classes: La fin des chalets «pas avant 3 ans» !

par Yazid Alilat

La rencontre lundi de la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, avec les représentants des syndicats de l'éducation a été focalisée sur plusieurs dossiers, autant pédagogiques que syndicaux, avec au premier rang certaines revendications syndicales.

Cette réunion, à laquelle avaient appelé les neuf syndicats du secteur, a été ainsi axée sur le problème, devenu récurrent depuis de nombreuses années, de la surcharge des classes, la déperdition scolaire ainsi que le statut particulier des fonctionnaires de l'Education.

Selon le président de l'Union nationale des personnels de l'éducation et de la formation (UNPEF), Sadek Dziri, la ministre de l'Education nationale avait déclaré, lors de cette rencontre, qu'il était difficile de résoudre le problème des classes préfabriquées ou des chalets «avant trois ans». Il a estimé que cette situation ne va pas encourager ‘'un enseignement de qualité auquel aspire le ministère''. Dans une déclaration à la presse à l'issue de la rencontre, il a indiqué que l'année scolaire 2018/2019 «est une année de surcharge par excellence» et que la planification implique de doter les nouveaux quartiers des grandes villes, où est observé le phénomène de la surcharge des classes, de structures éducatives et sanitaires. «La décision du recours aux classes préfabriquées pour juguler le problème de manque de structures et de surcharge ne doit pas être une solution durable», a-t-il dit. A la veille de la rentrée scolaire 2018-2019, le coordinateur du SNAPEST, Meziane Meriane, avait affirmé dans une déclaration au Quotidien d'Oran que ‘'la problématique de l'école algérienne est de savoir comment prendre en charge correctement les élèves'', estimant que ‘'cette prise en charge de l'élève sur le plan pédagogique laisse à désirer, car 85% du budget du secteur va aux salaires, et ce qui reste, donc peu, va à la pédagogie''. Pour le coordinateur du SNAPEST, ‘'cette rentrée scolaire 2018-2019 va donc encore se caractériser par une surcharge des classes comme conséquence de la baisse du budget réservé à la pédagogie'', et ‘'donc on aura cette année encore des classes surchargées, avec plus de 45 élèves par classe''. Même son de cloche chez le porte-parole du CNAPEST, Messaoud Boudiba, qui a indiqué que pour cette rentrée, ‘'nous constatons qu'il y a déjà le problème de surcharge des classes, de surcharge du volume horaire des enseignants, il y aura plus d'heures de cours pour les enseignants, ainsi que le problème du manque d'encadrement''. La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, avait annoncé, concernant le problème récurrent de la surcharge des classes, quelques jours avant cette rentrée scolaire, que des établissements de plusieurs wilayas auront recours à des classes en préfabriqué, l'utilisation des chalets étant, selon la ministre, ‘'une mesure exceptionnelle et temporaire prise en vue de gérer la surcharge en élèves''. ‘'Nous n'acceptons la scolarisation de nos enfants que dans des conditions propices et adéquates'', a expliqué la ministre.

Pourtant, le problème de la surcharge des classes se pose depuis de nombreuses années, sans que le ministère ne trouve de solutions adéquates. Quelques jours avant la rentrée scolaire 2017-2018, la ministre de l'Education nationale avait alors affirmé que le problème de la surcharge des classes est en train de baisser, car entre 2013 et 2017, le taux est passé de 7,18 % à 5,67%. Selon elle, ‘'la surcharge est constatée lorsqu'il y a plus de 41 élèves par classe, et il y a un grand nombre de classes où il y a moins de 25 élèves''. ‘'Les solutions doivent être liées aux réalisations d'infrastructures scolaires, et on règlera ce problème par la pédagogie'', a-t-elle promis.

Sur la question de la déperdition scolaire, le président de l'UNPEF a estimé qu'il est ‘'inconcevable de faire réussir un élève qui n'a pas le profil requis», avant de souligner la nécessité de trouver les solutions nécessaires et de prendre en charge cette catégorie d'élèves. Le président de l'UNPEF a salué la décision d'ouverture de 45.000 postes d'emploi pour l'encadrement des écoles primaires, réclamant le recrutement de superviseurs de l'éducation au premier cycle de l'enseignement pour encadrer les élèves.