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Ould Kaddour à Oran: Sonatrach n'écarte pas des prises de participation à l'international

par Ghania Oukazi

  «Nous sommes une entreprise business-oriented, nous faisons des affaires, la stratégie financière de Sonatrach est très importante,» a affirmé Abdelmoumène Ould Kaddour.

Le P-DG de Sonatrach était, hier, à Oran pour présenter la stratégie SH 2030, aux personnels des activités de l'aval dans lesquelles est spécialisée la région. La présentation a eu lieu dans la salle du siège de Sonatrach LRP (liquéfaction, raffinage, pétrochimie). Il faut reconnaître que c'est l'économiste Abderrahmane Mebtoul qui a poussé Ould Kaddour à évoquer la stratégie financière de Sonatrach. «Vous avez présenté tous les aspects techniques et organisationnels de la stratégie mais vous n'avez pas parlé de l'audit financier de Sonatrach, il est, extrêmement, important parce qu'il permet la transparence des comptes,» a relevé Mebtoul. «L'aspect financier viendra, c'est la stratégie financière qui nous a permis d'acheter la raffinerie ‘Augusta', il faut faire de Sonatrach une entreprise sérieuse qui sait faire du business, nos intérêts sont nationaux, algériens, si on a acheté la raffinerie, ce n'est pas pour faire plaisir aux autres mais pour développer nos capacités de raffinage,» a répondu le P-DG. Interrogé, encore une fois, sur le volet financier du groupe lors du point de presse qu'il a animé, à l'issue de la présentation de la stratégie SH 2030, Ould Kaddour fait savoir que «nous n'avons pas présenté toute la stratégie, elle est dense et très large, aujourd'hui nous avons présenté la partie en relation avec l'aval, une spécialité ici, à chaque fois qu'on se déplace dans une région, on présente le volet qui concerne ses spécificités.» Il assure, cependant, que «le volet financier est un sujet très important, il faut qu'on en parle prochainement, il concerne tout le monde(…).»

Des prises de participations par Sonatrach à l'étranger ?

Le patron de Sonatrach rappelle que « (…) les rentrées en devises sont très volatiles, ‘Augusta' nous permettra de limiter cette volatilité des finances, c'est très important pour nous de savoir comment on investit».

Le PDG tient à noter que «la pétrochimie, on en parle depuis 1962, mais dommage, il n'y a jamais eu quoi que ce soit de réalisé, pourtant c'est là qu'on gagne le plus d'argent et on crée beaucoup d'emplois.» Il estime, alors, qu' «il faut que la pétrochimie devienne, dans notre développement, quelque chose de stratégique». Le raffinage a été aussi, selon lui, prévu « il y a 20 ou 30 ans, mais dans la réalité, les résultats ne sont pas là, il fallait séparer les deux (pétrochimie et raffinage), c'est ce qu'on a fait, on est en train de réaliser la raffinerie de Hassi Messaoud, on a signé un contrat avec Total pour le raffinage, on a acheté ‘Augusta', en une année, on a 3 ou 4 projections (…). Il rappelle qu'en plus des méthaniers qui ont été achetés «pour s'attaquer aux marchés asiatiques, on négocie avec les Turcs et ENIE, on est en train de voir, on a des propositions boliviennes plus concrètes pour développer nos champs de gaz, avec les Irakiens aussi.»

Ould kaddour n'écarte pas des prises de participations de Sonatrach à l'international (comme ce fût le cas au Pérou.) Pour lui «la stratégie SH 2030 n'est pas, seulement, algérienne, elle est internationale, il faudra que Sonatrach se développe à l'international, il faut qu'on vende ce que nous sommes en train de faire, nous sommes ouverts à toutes les opportunités.» D'autres acquisitions comme la raffinerie italienne ? ‘Augusta', c'est une grosse opération, on prend le temps de digérer, on a d'autres opportunités, on est en train de voir…» Ould Kaddour garde encore à cœur «le fait qu'à mon arrivée, j'ai vu que personne ne parlait à personne, des gens étaient jetés dans des coins et rabâchaient ce qui était mauvais à Sonatrach.»

«Les Algériens veulent savoir comment on gère leur bien»

Il affirme encore que «ce sont 40 millions d'Algériens qui nous attendent au tournant et ils ont raison, ils veulent savoir comment on gère leur bien, il ne faut pas qu'on fasse les mêmes erreurs faites, auparavant.» Ould Kaddour veut en outre «développer un système de communication au sein de l'entreprise qui permettra de créer des liens avec tout le monde y compris avec les gens qui ont fait Sonatrach par le passé». A ceux qui doutent que «Sonatrach sera comptée à l'horizon 2030, parmi les 5 compagnies les plus importantes au monde», le P-DG indiquera «on place la barre haut pour pouvoir sauter, il faudrait qu'on apprenne à être patiemment excellent, c'est jouable.» Il assure que «nous sommes une entreprise business-oriented, on fait des affaires.» Combien se donne-t-il de temps pour explorer le gaz de schiste ? «Je ne veux pas parler de temps mais de qualité, il nous faut du temps pour faire des choses de façon professionnelle et sage.» Il estime qu' «on a beaucoup galvaudé l'industrie du schiste, mais quand je l'ai visitée aux Etats-Unis, j'ai vu qu'il n'y a pas plus propre.» Il est convaincu qu'il faut expliquer aux Algériens, comme je l'ai dit, à In Salah, des jeunes vont visiter des installations à l'étranger, ils parleront de ce qu'ils auront vu (…)». Ceci étant dit, pour lui, le gaz de schiste «on va y aller!» dit-il. Quand ? «De façon sereine, soft, safe,» se contente-il de noter. Ould kaddour précise que «la stratégie SH 2030 a été élaborée, par un groupe, sur la base de nombreuses consultations, mais ce sera un autre groupe qui la mettra en œuvre.» Après les fêtes de l'Aid El-Fitr, la stratégie SH 2030 sera présentée à Hassi Rmel.