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Selon l'expert Mourad Preure: «Les prix du pétrole vont augmenter»

par M. Aziza

Les prix du pétrole vont connaître une augmentation substantielle, en 2016, et vont s'orienter vers la hausse d'ici 2017, a avancé M. Mourad Preure, spécialiste des questions énergétiques, hier, en marge de la présentation du rapport national sur le Développement humain, par le CNES, à Djenan El Mithaq.

L'expert s'est montré optimiste en affirmant qu'on va sortir de cette logique de 40 dollars le baril. Il s'est dit convaincu que les prix de l'or noir vont atteindre leur niveau initial, « les prix vont s'orienter à la hausse, à long terme, en revenant à 100 dollars le baril » dit-il avec conviction pour ne pas dire avec certitude. Ses arguments reposent sur le fait qu'il y a un épuisement des réserves, sur le long terme « le niveau de 100 dollars le baril, dans pas moins de 10 ans, est structurel, parce qu'il y a un épuisement des réserves, et il y a une croissance exponentielle de la demande ».

Il explique que la demande sera tirée par les pays émergents et elle part de très bas. Il précise qu'actuellement 27 Chinois sur 1000 ont une automobile, 11 Indiens sur 1000 ont une automobile contre 721 Américains sur 1000 qui ont un véhicule et 500 Européens sur 1000, ayant une voiture. Il souligne que les prévisions faites, font ressortir, une demande mondiale qui avoisinerait 95 millions de barils par jour en 2016 et qui devrait être autour de 115 millions de barils par jour, en 2030. Or, dit-il, l'industrie pétrolière est convaincue que la terre ne peut pas donner plus de 100 millions de barils par jour « il faut découvrir deux ‘arabie saoudite' pour répondre à la demande ».

L'expert algérien, s'est dit, également, persuadé que la situation économique actuelle ne permet pas à l'Arabie Saoudite de poursuivre « cette guerre des prix de l'or noir ». Il détaille « l'Arabie Saoudite est confrontée à des difficultés, elle a 700 milliards de dollars de réserves de changes, mais elle fait face à un déficit budgétaire qui tourne, actuellement, autour de 90 milliards de dollars, donc en 2016, il est fort probable que l'Arabie Saoudite abandonne la guerre des prix » M. Preure a recommandé à l'Algérie de garder son sang-froid. et de se reposer sur des probabilités scientifiques, évitant les intox, quant à la production des hydrocarbures qui servent le plus souvent dans les négociations. Il a, également, indiqué que la puissance pétrolière des pays producteurs ne vient plus de leurs réserves ou de leur niveau de production, mais elle vient de la compétitivité et de la puissance de leur compagnie nationale. Il a affirmé que l'Algérie a des marges de manœuvres puisque nous avons les ressources financières, pour booster la production nationale, hors hydrocarbures. Il conclut « Il faut revenir au patriotisme économique, l'Etat ne doit pas avoir honte quand il soutient les entreprises nationales».