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Legs empoisonnés

par Ali Brahimi

Parmi les legs politiques empoisonnés, d'un parent à l'autre, d'un gouvernant à son successeur..., le régime syrien est, sans aucun doute, le prototype et également la victime expiatoire de cette succession érigée en modèle, chez les Républiques similaires du monde arabe, de la dénégation des droits du citoyen, la répression et l'élimination physique, voire la disparition, pure et simple, des opposants politiques indociles.

En ce qui concerne les monarchies arabes, elles ont été aussi construites à la suite des coups de force et les empoignements, de palais, entre les membres de la famille. Actuellement, seul l'Emir du Qatar a légué, apparemment dans le calme et la concorde et donc sans cadeaux empoisonnés, l'Emirat à son fils. Cependant, dans le passé, des bruits toxiques ont couru autour de la succession du fondateur de ce pays, autrefois occupé par la Grande-Bretagne, et indépendant en 1971.

Aux temps actuels, certaines Républiques et monarchies, dans le monde arabe, sont infectées par le virus des dictatures et, forcement, celui des révolutions qui menacent sérieusement leurs existences. En effet, leurs systèmes politiques, qu'ils soient des républiques ou monarchiques, ont été bâtis sur l'injustice, l'exclusion et la répression, et donc il est fort possible qu'ils soient détrônés, d'un moment à l'autre, comme des fétus de paille, par les révolutions en cours. Cependant, chaque pays a ses cyclones spécifiques et, dans tous les cas, nul ne pourrait les mettrent à l'abri des vents de la liberté. Cependant, certains régimes peuvent échapper, momentanément, de la punition des peuples. A l'exemple de celui de la Syrie.

Cette semaine, les USA ont relancé leurs accusations contre le régime Syrien soupçonné d'utiliser les gaz toxiques contre l'opposition armée et les populations. Pourtant, ces produits toxiques ont été utilisés depuis la première Guerre mondiale, de 1914-18, voire avant. En effet, à partir de 1840, la France coloniale à enfumer (intoxiquer a vrai dire) des tribus Algériennes, dépossédées et errantes, ayant pour asiles les grottes du Dahra, l'Ouarsenis…

Pendant la deuxième catastrophe mondiale, 1939-45, les Nazis ont gazé des dizaines de milliers de juifs agglutinés dans les chambres a gaz. Depuis, ils vivent dans le souvenir atroce de la solution finale. Et tant d'autres massacres a travers le monde ( l'extermination des indiens d'Amérique, Vietnam, Cambodge, Roumanie, Rwanda…) et les ignominieux crimes contre l'humanité (au napalm, les bombes atomiques, « sales » …), et tant d'autres pogroms afin de priver les peuples de leurs libertés Un jeune militant, de la liberté du peuple Algérien, disait à propos de ceux qui ont goûté du poison de la servilité et la collaboration avec la France coloniale : Fafa vous a inoculé dans le sang le venin de la soumission totale et la trahison.

A propos des inoculations toxiques coloniales, après les élections truquées, en Algérie, de 1947, des jeunes militants du MTLD, déçus et trompés voire humiliés, pour la unième fois, avaient constitués des groupes paramilitaires appelés membres de l'OS (Organisationnel Spéciale) démantelés, tout de suite après, par les services coloniaux de la redoutable Police des Renseignements Généraux (PRG) infectée d'indicateurs dont la plupart ont fait d'horribles chantages et des services aux familles des militants de la cause nationale. (1)

N'importe quel chantage et crimes commis, quelques soient les motifs, sont abjectes et inadmissibles. Ne dit-on pas dans les saintes écritures : qu'assassiner un seul être humain, c'est tuer l'ensemble de l'humanité ? Ne dit-on pas par contre : tuer son prochain est un attribut de la nature humaine puisque, depuis l'apparition de l'homme sur terre, le plus fort est prédisposé, par jalousie ou supériorité, à éliminer son congénère a l'exemple de Caïn tuant son frère Abel ?

Malgré les innombrables Lois divines, interdisant de tuer les gens et saccager le bien d'autrui et d'envenimer les relations humaines, des gens gardent un visage de marbre face aux excès de certains régimes arabes et, qu'en plus, ils s'entêtent d'empoisonner, par des informations tronquées et truquées, la vie des peuples dépités et donc obligés de changer leur situation insupportable. C'est pour cette raison, parmi d'autres, que des peuples ont emprunté la voie salutaire néanmoins la plus difficile : la révolution qui, pas essence, a pour objectif principal de : changer, sans s'arrêter a mi-parcours, l'état de leur condition ainsi infectée par les régimes dictatoriaux ayant toutes une seule alternative à proposer aux masses populaires révoltées : Se soumettre ou disparaître.