Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

FMI: «L'Algérie peut faire mieux…»

par Z Mehdaoui

Le taux de chômage pourrait être ramené jusqu'à 5 % (la moitié du taux actuel), si l'Algérie applique un certain nombre de recommandations formulées par le FMI, dans son dernier rapport. C'est du moins ce qu'a affirmé, Zeine Ould Zeidane, conseiller du département «Moyen-Orient et Asie centrale» du Fonds monétaire international. Ce dernier, qui n'a pas tari d'éloges à l'égard de notre pays, pour sa «gestion prudente» et sa «stabilité budgétaire» a souligné hier, à l'occasion d'une rencontre organisée à la résidence «Djenane El Mithak», autour de la création de l'emploi, que l'accélération de la croissance passe inéluctablement par la réduction de la rigidité dans le marché du travail.

 La formation est indispensable pour les jeunes diplômés des universités, qui constituent 22% des chômeurs, a encore ajouté le responsable du FMI qui conseille de revoir le marché du travail dans notre pays. «L'Algérie a un énorme potentiel de croissance (gaz, pétrole, situation géographique…», a fait savoir Zeine Ould Zeidane, pour qui l'Algérie peut faire mieux que tous les autres pays, en matière de croissance, pour les atouts qu'elle tient actuellement entre les mains. «Vraiment vous n'êtes pas à votre place» a t-il concédé en soulignant qu'il existe des secteurs, à l'image de l'Agriculture, l'Industrie, la Pétrochimie, les services, qui peuvent être développés et créer de la croissance et de l'emploi rapidement.

 Ceci étant, le conseiller du département ‘Moyen-Orient et Asie centrale' du FMI fait état d'une «gestion macroéconomique saine qui a renforcé la stabilité de l'Algérie», en notant au passage que malgré la faible croissance du secteur des Hydrocarbures, l'Algérie est capable de réaliser une croissance globale du PIB supérieure à 6%, à moyen terme, contre 2,4% en 2012. Avec un niveau de réserve des devises très appréciable, un bon régime du taux de change aligné sur les fondamentaux, l'absence de dette à court terme et une stabilité budgétaire reconnue, l'Algérie a très peu de vulnérabilités, ajoute M Zeine Ould Zeidane qui fait état toutefois, d'une baisse de la croissance globale due aux hydrocarbures. «l'Algérie est l'un des rares pays de la région où la gestion macro-économique saine a permis le renforcement de la stabilité économique, faisant d'elle un pays très peu vulnérable par rapport aux autres pays de la région», poursuit le représentant du FMI pour qui «l'efficacité de la politique monétaire en Algérie», a conduit à «une inflation maîtrisée et un taux de change équilibré et la loi de finances de 2013 de «très positive en matière de consolidation budgétaire».

 Masood Ahmed, directeur du département «Moyen-Orient et Asie centrale' de cette institution financière salue également les «performances économiques» de l'Algérie mais affirme que le niveau de croissance reste en-deçà des attentes. «L'objectif aujourd'hui est de se focaliser sur une stratégie d'accélération de l'emploi pour renforcer la cohésion sociale», a-t-il encore déclaré, en ajoutant qu'il faut réduire la volatilité liée aux prix du pétrole dans le but de renforcer la compétitivité de l'économie algérienne.

 Concernant justement le développement de l'économie, le responsable du FMI conseille, entre autres, de faciliter les procédures de création d'emplois, l'élargissement des accès aux marchés nationaux, l'amélioration de la flexibilité du marché et l'ouverture de l'économie algérienne aux étrangers, qui est dit-il une nécessité pour améliorer le climat des affaires. «Notre défi majeur, à moyen terme, est de faire face à l'après pétrole», a déclaré, pour sa part, le ministre des Finances Karim Djoudi. Ce dernier, dans une brève allocution rappellera, cependant, que c'est grâce à cette «conduite macroéconomique prudente» que le gouvernement a pu maintenir les investissements publics colossaux, alors que la crise bat son plein à travers toute la planète. «La substitution aux hydrocarbures reste l'un des défis importants auxquels est confronté notre pays», a déclaré Djoudi pour qui les correctifs en matière de politique économique du pays ne peuvent être pris que lorsqu'ils sont fondés.

 Enfin il faut noter que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Mme Christine Lagarde, est arrivée, hier à Alger, pour une visite officielle de trois jours.

 Au cours de cette visite, la responsable du FMI, qui est accompagnée de responsables du département du Moyen-Orient et Afrique du Nord du FMI, rencontrera de plusieurs hauts responsables des secteurs économique et financier en Algérie.