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Le développement durable : l'Algérie entre rêves et impératifs

par Mostefa Zerouali *

«Un jour, tout sera bien, voici notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion».
Voltaire(1)

Les négociations de ces derniers mois du G8, du G20, de Doha (Qatar), de Poznan (Pologne) sur les sujets d'actualité notamment sur le développement socioéconomique de l'humanité sont menées sous une ombre lourde et une présence envahissante de la crise financière devenue une crise économique sans précédent.

Les responsables tentent de reformuler leurs discours et leurs programmes afin de donner un semblant de crédibilité à une démarche fortement critiquée sous tous ses aspects. Ils essayent en vain de convaincre les populations et les marchés de leur rigueur et de leur détermination à ne plus céder aux jeux souvent malsains des meneurs de marchés. Ils expriment tous, sans exception, leur volonté de mettre le bien-être des populations avant toute autre considération et de moraliser coûte que coûte le fonctionnement de l'économie et de la finance mondiale.

Mais le déroulement des évènements des dernières semaines(2) et les perspectives d'évolution de la situation ne laissent présager presque rien de positif pour ces millions de personnes à qui on endosse la facture chaque fois que l'occasion se présente et qu'une crise frappe.

Ces mêmes responsables savent pertinemment qu'ils ont échoué à clore leurs rounds de négociations, à conclure leurs réunions et à crédibiliser leurs actions depuis longtemps et ce, non pas à cause de la crise financière actuelle ou ses conséquences, mais bien à cause de l'égoïsme des superpuissances en concurrence et de leurs politiques unilatéralistes(3). Pourtant les règles sont claires et connues par tous!!!



La guerre en Irak et en Afghanistan, l'absence d'une paix juste et durable au Moyen-Orient, la situation au Darfour, en Somalie, à Cuba et au Tibet, les souffrances de certaines populations comme au Sahara occidental, à Gaza, en République Démocratique du Congo ou au Zimbabwe, les contradictions de vie constatées en Ethiopie, à New York, à New Delhi ou à Rio de Janeiro, les pratiques du dumping commercial et monétaire de certains Etats puissants, les pertes colossales subies par les populations et les Etats pendant cette crise financière sont autant d'exemples et de réalités qui ôtent le peu de justice et de justesse aux systèmes de gouvernance mondiale actuelle.

Ni la gouvernance politique n'a garantie la paix mondiale prêchée, ni la gouvernance économique n'a assuré la prospérité matérielle rêvée, ni la gouvernance financière n'a procuré le dynamisme stable et soutenu nécessaire au développement, ni la gouvernance sociale n'a effacé la honte humaine actuelle, ni la gouvernance tout court n'a protégé l'espace de vie commun à tous les mortels.

Alors, certaines questions redeviennent d'une actualité frappante, d'une pertinence surprenante et d'une acuité pressante pour toute l'humanité:

Le développement durable est-il une utopie platonique des temps modernes ? L'économie équitable est-elle une myopie des visionnaires et des prévisionnistes perfectionnistes? Les citoyens du monde sont-ils des martiens hors temps et hors espace? Les écologistes sont-ils des riches en mal d'existence et des multimillionnaires en recherche de célébrité humaine? L'être humain serait-il devenu le dernier des soucis de l'être humain?

Par ailleurs, en tant qu'algériens, d'autres questions nous interpellent encore plus dans ces perspectives pessimistes, voire même sombres, caractérisées par la perte de valeur de notre principale source de richesse et la chute des prix du pétrole (4), par des programmes d'investissement plutôt titanesques dont le financement n'est nullement garantie jusqu'à leur dénouement, par une inefficacité évidente de notre stratégie d'investissement, de l'aveu même du Président de la République(5):

Pourquoi l'Algérie a-t-elle donc besoin de développement durable? Quels sont les principaux axes de la stratégie de développement de notre pays, en particulier ceux du développement durable? Notre pays a-t-il le choix et les moyens de mener à bien une stratégie de développement durable? L'espoir est-il permis en fin de compte malgré les données réelles et les prospectives scientifiques?

Nous allons à travers cette tentative, non exhaustive, de répondre à certaines de ces questions et apporter une contribution que nous espérons utile et bénéfique pour la mise en place d'une stratégie de développement durable réfléchie en Algérie avec une participation active des compétences algériennes ô combien nombreuses à travers le monde.

Les conférences et les réunions multiples des groupes et des unions multiples se multiplient sans que des actions d'améliorations concrètes ne se fassent sentir sur la vie quotidienne des citoyens.

C'est tout le contraire qui se produit un peu partout: perte d'emplois, perte de pouvoir d'achat, perte de qualité des soins médicaux, pertes vertigineuse d'acquis sociaux, perte de paix et de stabilité politique, perte de crédibilité des institutions multilatérales, perte même de contrôle des conditions environnementales.

Le développement durable est, paraît-il, la seule solution pour regagner le cadre humain que tout un chacun prône haut et fort.

Le développement durable est, semble-t-il, l'objectif suprême de toutes les actions et de toutes les réformes que les populations mondiales supportent et payent si chèrement.

Le développement durable est, d'un point de vue stricto sensu, une expression composé de deux mots: Développement et Durable. Ce qui signifie l'amélioration continue et sans fin des deux aspects qualitatif et quantitatif de la richesse humaine. Par ailleurs, d'un point de vue conventionnel, c'est un concept socioéconomique qui combine la notion de développement socioéconomique, celle de la pérennité de la richesse et celle de la neutralité environnementale.

C'est-à-dire l'amélioration continue et sans fin des conditions de vie sociale et économique des sociétés et des nations sans préjudice ni détérioration ni impacts négatifs sur les autres conditions de vie commune à l'avenir. On peut également le définir comme étant l'accroissement des richesses des uns et des autres de façon continue mais juste et justifiée sans porter préjudice ni aux uns ni aux autres ni aux futurs potentiels humains.

La problématique du développement durable est, donc, de trouver une formule optimale qui combine les trois aspects fondamentaux suivants:



1- Population. Etant donné que ce sont les populations qui agissent sur les populations pour améliorer les conditions de vie des populations, il est évident que cela soit ces mêmes populations qui doivent être prises comme objectif, comme moyen et comme contrainte.

Leur croissance démographique, l'évolution de leur niveau de vie, leurs besoins en termes de soins médicaux, d'éducation, de justice et de liberté d'expression seront les principales contraintes et les principales finalités de toutes les autres actions sociales, économiques et environnementales. Les objectifs souhaités, déclarés et visés pour les entités politiques, économiques, sociales et morales concernent l'amélioration des conditions de vie des populations.



2- Planète. Etant donné les limites d'espace et de quantité, la rareté des richesses naturelles, les conséquences préjudiciables potentielles sur la planète, il est également évident que la protection et le partage équitable des richesses de cette planète soit une priorité.

Ainsi, sa préservation et sa transmission aux générations suivantes devient un objectif et une contrainte à toutes les actions sociales, économiques et environnementales. La planète étant la limite de la liberté des états-nations et des groupes politiques et socio-économiques, sa préservation devient une nécessité commune et un objectif partagé par tous.



3- Profit. Etant donné que l'entreprise est le seul moyen technique que les populations sur la planète Terre utilisent pour réaliser le développement durable recherché, il est également évident que cela soit le profit que celle-ci recherchera à travers toutes les actions sociales, économiques et environnementales qu'elle engage.

Donc, il faut également mettre cet aspect en évidence et essayer de le concilier avec les deux autres aspects fondamentaux de l'existence humaine.

Toute une pensée est, par conséquent, née autour et pour ce concept de développement durable accompagnée d'une prise de conscience généralisée. Les trois principes directeurs, ci-dessus, qui devraient encadrer toutes les activités socioéconomiques, voire même politiques et qui visent l'amélioration des conditions de vie des sociétés tout en préservant l'espace de vie commun pour le transmettre intact aux générations futures ont créé une sorte de synergie que l'on peut appeler synergie morale ou conscience éthique parallèle ou par opposition à l'actuel système amoral et fortement esthétique et technique.

La plus active et efficace de ces forces est, d'abord et incontestablement, celle des écologistes ou des verts comme les médias aiment à les appeler. Les écologistes ont pris sous leur responsabilité d'agir en faveur de la protection et du développement de l'environnement.



Ils se sont organisés en associations locales, ensuite en fédérations internationales pour arriver à des Organisations Non Gouvernementales de taille et d'influence mondiale.

En effet, leurs activités ont d'ailleurs le méritent de réveiller le monde et d'attirer son attention sur la nécessité de revoir toute sa politique et toute sa législation à l'égard de l'environnement. Ensuite, leur percée politique au sein de partis dynamiques a permis d'agir sur une sphère qui leur était longtemps interdite à savoir la sphère législative.

Enfin, leur organisation scientifique et leurs propositions techniques et esthétiques commencent à voir le jour en projets économiques viables.

Il n'est pas donc surprenant de voir les parties politiques classiques courtiser ces militants et ces activistes en intégrant une composante axiale et un chapitre fondamental consacrés à l'environnement dans leurs programmes.

Par ailleurs, nous assistons à une explosion d'une activité économique, théoriquement adossée au concept de développement durable à savoir l'économie équitable ou juste. Une économie qui se donne comme principal objectif d'agir via ses activités économiques en faveur de l'amélioration durable des conditions de vie des populations vulnérables tout en respectant leur environnement et leur nature.

De nombreux phénomènes font leurs premiers pas, au bonheur des humanistes, même s'ils ne sont pas totalement exempt de critiques, tels que le commerce équitable ou juste, le tourisme équitable ou utile, l'agriculture bio et totalement naturelle, l'utilisation de l'énergie propre et renouvelable, la promotion et l'encouragement des produits artisanaux et des activités propres, le bannissement des produits touchant à l'équilibre de l'écosystème, l'utilisation de financements éthiques et le bannissement des fonds spéculatifs.

Ces deux axes principaux du développement durable ont pour défenseurs, meneurs et principaux acteurs des populations qui s'appellent les citoyens du monde. Ils se définissent comme des citoyens qui ne se réclament ni d'une nation précise ni d'une appartenance raciale définie, ni d'une confession religieuse connue ni d'un mouvement politique identifié. Ils se disent appartenir à la nation «Humanité», défendre la race humaine, dont la confession est la tolérance citoyenne et de politique d'éthique humaniste basique. Ils défendent toute la race humaine contre les abus, les mensonges et les impostures des groupes d'intérêt et des lobbies internationaux dont la seule devise est de maximiser leur pouvoir et leur profit.

Ces citoyens actuellement n'ont pas d'existence matérielle unifiée ni de cadre organisationnel précis et unique et encore moins une seule et unique philosophie de combat et de résistance. Ils sont constitués de plusieurs groupes dont la philosophie et la pensée converge vers un but suprême: éviter l'autodestruction de l'humanité ou la protection de l'Homme de sa propre perte. Ils ne sont, certes, pas organisés comme les grands partis politiques classiques mais ils rendent la vie dure aux hommes politiques et aux décideurs. Des actions, parfois d'une ampleur phénoménale sont menées surtout lors des moments importants et des décisions planétaires. Souvenons-nous de toutes les réunions des huit plus riches pays et des manifestations qui les ont accompagnées.



Les citoyens du monde sont des citoyens conscients de la nécessité d'instaurer un minimum de règles justes et communes pour préserver l'environnement commun sur tous les plans. Certains sont chargés de défendre les aspects économiques et de dénoncer l'injustice et la distribution inégale des richesses mondiales en faveur de pays puissants militairement. D'autres dénoncent la destruction des aspects culturels multimillénaires des sociétés les plus faibles et les plus vulnérables par les superficialités et les modes de vie fortement préjudiciables des sociétés développées matériellement. D'autres tentent de démontrer les conséquences catastrophiques de la destruction et de l'atteinte des équilibres écologiques par les puissances économiques dans le seul but d'amasser encore plus de richesse au détriment, encore une fois, des pays faibles et pauvres.

Les populations des pays pauvres, maintenues souvent sous oppression, dont les richesses naturelles pillées souvent par la force et l'injustice des systèmes économiques actuels, dont l'environnement est détruit indirectement par les effets néfastes des comportements des pays puissants et dont les traditions écologiques millénaires souvent occultées sont défendues, il faut le reconnaître, par les défenseurs du développement durable dans les sociétés développées à savoir les citoyens du monde.



Qu'en est-il de l'Algérie ?



Les classements publiés périodiquement par les organisations internationales (6) en charge du développement durable nous révèlent une partie de la réponse. Une autre partie peut être observée par les citoyens algériens eux-mêmes à travers les statistiques et les chiffres des évènements politiques, économiques, sociaux et culturels. Ces nouveaux phénomènes orientés vers le bien être de l'être humain, quoique symboliques, sont actuellement presque absents et au mieux à l'état embryonnaire dans notre pays. Ils constituent, pourtant l'avenir économique des populations du tiers monde et le seul moyen de défense commune.

L'Algérie, de par sa position géographique et géostratégique, de par sa taille économique et ses ambitions politiques, de par ses objectifs sociologiques est appelée non seulement à développer toute une politique de sensibilisation à ces questions mais à en faire sa principale force. Elle est, d'abord, aux portes de l'un des plus grands pollueurs de la planète et l'un de ses principaux partenaires, l'Europe. Elle est ensuite la clef de l'un des plus grands espaces pollués et appauvris et son premier défenseur, l'Afrique. Elle est également au centre d'une pensée spirituelle conflictuelle mais hautement symbolique, l'Islam et le Christianisme. Elle est enfin, l'un des rares pays à avoir maintenu une certaine intégrité intellectuelle vis-à-vis des grandes questions humaines.

Donc, le pays est appelé à examiner en profondeur et avec la contribution de ses richesses naturelles et humaines la nécessité de mettre en place un modèle de développement durable qui prendrait en considération toutes ces variables et qui mettrait en valeur ses principes de nation humaniste.

L'Algérie actuellement est entrainée par un modèle de développement basé sur une richesse naturelle limitée, écologiquement très polluante, une distribution disproportionnée et fortement injuste des richesses, une stratégie d'investissement exploitant à fond ce qu'elle estime être comme son seul avantage comparatif, les hydrocarbures et une forte activité autour des investissements publics, peu ou mal maîtrisés, selon nos experts. Elle n'a pas mis en place une autre stratégie de développement se basant sur d'autres facteurs et d'autres avantages, jugés également comme des avantages comparatifs. Or ses atouts sont plutôt divers et variés et elle n'a qu'à les exploiter autrement.

Nous pouvons identifier, à titre indicatif et non limitatif, au moins les axes stratégiques suivants:



1- Le premier facteur de réussite du plan Marshall est sans nul doute le facteur humain qui n'est que la locomotive de la valeur travail et la source de l'atout innovation, recherche et développement. L'Algérie est un pays à la fois jeune et riche en ressources humaines, malgré toutes les divergences et les critiques quant à sa qualité et à la façon de son utilisation optimale. Localement, ce sont les écoles et les universités algériennes qui ont formé des générations de cadres et de compétences dans tous les domaines.

Même si ni le nombre ni la qualité n'est totalement satisfaisante, elle reste, à notre sens, suffisante pour concevoir et mener avec succès et réussite une stratégie de développement durable digne de ce pays. Ces affirmations sont d'autant plus vraies qu'une immense richesse humaine algérienne, elle aussi, aguerrie celle-là et fortement expérimentée, est éparpillée un peu partout à travers le monde et n'attend qu'un signal fort et sensé pour revenir honorer ses obligations envers la Nation. Donc, le premier axe stratégique de ce développement durable sera orienté vers et pour la constitution d'une ressource humaine à la fois consciente des enjeux, fortement imprégnée des valeurs du développement durable et lui assurer l'environnement nécessaire pour réussir son pari d'avenir.



2- L'ensemble des pays du monde, sans aucune exception s'accorde à dire que les énergies renouvelables constituent, non seulement, l'enjeu le plus réaliste du futur, mais aussi le premier facteur du développement durable. Des recherches théoriques et des applications industrielles démontrent que ce sont les énergies renouvelables qui permettront de pérenniser le développement humain et d'atteindre les principaux objectifs de préservation de l'être humain et de son environnement. L'Algérie, dispose des atouts nécessaires pour développer une énergie propre, inépuisable et diversifiée. Elle peut même constituer un aussi important fournisseur de ces énergies qu'elle l'est pour l'énergie fossile. Elle dispose en effet, d'assez d'espace et de vents pour implanter toute une industrie des éoliennes, capable de couvrir une partie des besoins pays en énergie propre. Elle possède également assez d'espace fortement ensoleillé pour mettre en place une industrie d'énergie solaire, même couteuse actuellement, à même d'assurer, de l'avis de nombreux experts avertis, une énergie à plus de plusieurs millions de personnes. La même remarque est à considérer quant aux potentialités de l'Algérie en bioénergie ou les agri-carbures dont la source n'est autre que des plantes, que notre pays pourra installer et cultiver dans l'immense espace non exploité actuellement. L''irrigation sera assurée également par l'immense potentiel d'eau de source non exploité dans le sud. Les coûts importants et prohibitifs actuellement, deviendront à terme couverts par les prix de vente de cette énergie propre.



3- Le tourisme juste et équitable est l'un des domaines où la croissance est fulgurante, voire même prometteuse pour l'avenir de l'humanité. C'est une activité qui est sensée procurer les bienfaits matériels du tourisme classique et la satisfaction morale d'un acte d'utilité humaine.

Il est incontestable que les touristes de ce segment sont des personnes conscientes de la misère des populations faibles et vulnérables, des personnes fortement convaincues de leurs principes de vie et des personnes que rien ne dissuadera d'accomplir ce qu'elles considèrent comme un devoir de citoyen de la planète. Le développement de créneau en Algérie est argumenté d'abord pour la nécessité stratégique du développement durable, ensuite par la diversité et la richesse sociale et culturelle du pays. L'Algérie dispose de sites historiques et naturels magnifiques que le monde rêve de visiter en particulier ces touristes disciplinés tout en accomplissant des activités de préservation de l'environnement. Elle possède également la diversité culturelle et folklorique que les chercheurs de l'utilité peuvent admirer tout en se rendant utiles pour les populations locales pauvres mais extrêmement généreuses et enrichissantes. Elle a enfin, des problèmes tout à fait évidents que le tourisme équitable aidera à résoudre comme la désertification rampante, la pollution des villes et des espaces périphériques aux grandes agglomérations, la protection de la faune et de la flore surtout certaines catégories en voie de disparition. Par ailleurs, ceci participera à dynamiser fortement les centaines et les milliers d'associations nationales et à instaurer une culture de tourisme responsable au sein des populations qui vivent, actuellement, presque en autarcie.

Certains vont légitimement penser que ce ne sont que des concepts utopiques et n'ont aucune chance de se développer dans notre pays surtout connaissant les conditions et l'environnement dans lequel évolue la société algérienne. D'autres vont non moins légitimement considérer que d'autres actions urgentes doivent attirer l'attention de nos responsables (Education, niveau de vie et pouvoir d'achat, santé et protection sociale, liberté d'expression voire même liberté tout court).

A ces personnes, nous dirons qu'une judicieuse combinaison de ces trois grands axes économiques, avec une participation active des compétences algériennes à l'étranger ne manquera pas de créer un nouveau modèle de développement économique d'avenir, écologique, éthique et surtout diversifié pour assurer la transition vers l'économie poste-pétrolière.

Elle sera certes couteuse et longue, mais elle finira sûrement par payer car c'est l'avenir même qui l'imposera.


* Cadre de banque
Diplômé de l'E.S.B et de la S.I.B.F


Notes et références:


(1) Ecrivain et philosophe français, 1694/1778, Poème sur le désastre de Lisbonne.

(2) Les pertes colossales pendant la crise financière ont induit une raréfaction des ressources financières et une prudence désastreuse pour toute l'économie. L'industrie bancaire, fait faillite et entraîne avec elle l'industrie automobile, l'immobilier et l'industrie pétrolière suit dangereusement le même chemin. L'inefficacité des sommes faramineuses injectées dans l'économie mondiale est révélatrice de bien pires prévisions. L'affaire Bernard Madoff vient alourdir davantage et remettre en cause tout le système économique et financier mondial.

(3) Les pratiques déloyales sont monnaie courante sur la scène internationale en matière de commerce, de politique et même en matière écologique. Les aides agricoles (Europe), les aides aux exportations (certains pays asiatiques), les aides et les barrières pour la protection de l'industrie de l'acier (USA et Japon), le patriotisme économique (gestion des ports américains par Dubaï ports, Reprise d'Arcelor par mittalsteel) sont dénoncées par tous sans pour autant qu'elles soient définitivement supprimées. Les décisions politiques parfois belliqueuses et souvent injustes envers les plus faibles ne cessent de se répandre. Le refus des USA de ratifier les accords écologiques est également un coup dur aux efforts et aux intentions de la communauté internationale.

(4) Les prix du pétrole passent en l'espace de moins de trois mois de près de 150 dollars le baril à moins de 40 dollars le baril. Le pire est à craindre avec le développement de la crise.

(5) Voir le discours du président de la république devant les maires de la nation en date du 27/07/2008.

(6) En 2008, l'Algérie est classée 92ème en matière de corruption (Transparency International), 134ème en matière de système bancaire (World Economic Forum Global's Competitivness Report), 99ème en matière de compétitivité internationale (Forum Economique de Davos) et bien d'autres classements encore plus significatifs sont disponibles sur les sites des institutions internationales (Paiement d'impôts, création d'entreprises, procédures de licence et de transfert de fonds, … etc.). Les indicateurs de développement durable en Algérie ne sont pas encore totalement maîtrisés ce qui donne les classements, ci-haut, peu réjouissants.