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Conflit syrien:l'indignation des hypocrites et cyniques faux jetons

par Kharroubi Habib

Même si l'on sait que la Russie agit d'abord et avant tout en Syrie pour le compte de ses propres intérêts de puissance, elle n'a pas enfreint la légalité internationale en procédant à des frappes aériennes dans ce pays à la demande de Bachar El-Assad et de son régime. En effet, quoi que l'on pense du président syrien et de son régime, ils sont du point de vue du droit international le pouvoir légal de la Syrie et tenus encore pour tel par les Nations unies.

L'on peut certes marquer de la défiance pour les intentions cachées qu'aurait Poutine en répondant positivement à leur demande d'intervention militaire russe, mais par l'accuser d'avoir ce faisant piétiné la légalité internationale. Ce pas, les Etats-Unis et leurs alliés qui fustigent Moscou pour s'être engagée dans des frappes sur le sol syrien se sont gardés de le franchir conscients qu'à agiter l'argument de « l'illégalité » de l'intervention russe en Syrie, ils ne feront que mettre en évidence que la leur l'est réellement car ni demandée par l'Etat légal syrien, ni autorisée par les Nations unies, seules habilitées à accorder une légitimité internationale à ce genre d'opérations. Ils s'emploient néanmoins et avec une fausseté sans pareille à faire le procès de la Russie en la présentant comme menant des frappes qui n'ont pour seul but que de renforcer Bachar El-Assad et son régime et surtout qu'elles viseraient sans discernement la population civile.

Cela est possible que les frappes russes contribueront à renforcer la position militaire du régime de Damas et c'est très probablement l'un des objectifs que le Kremlin leur a assigné. Par leur ingérence dans le conflit syrien, les Etats-Unis et leurs alliés visent au même objectif mais en faveur de leurs protégés qui combattent ce régime syrien. Il n'y a absolument aucune motivation humanitariste dans leur ingérence. Tout comme les Russes, ils sont mus par des considérations qui ont pour nom, l'intérêt national dans ses aspects politique, économique et géostratégique.

Quant aux larmes de crocodile qu'ils versent sur les victimes civiles qu'occasionnent les frappes aériennes russes, ils devraient se garder d'en étaler le spectacle. S'il faut certes s'indigner que les frappes aériennes n'épargnent pas les populations civiles alors ils sont à mettre dans le même sac que la Russie.

Car celles auxquelles ils procèdent en Afghanistan comme cela a été le cas avant-hier à Kunduz, en Irak depuis l'invasion américaine, au Yémen, en Syrie aussi et en Libye pour ne pas l'oublier, elles n'ont pas fait le « distinguo » entre population civile et ennemis armés. Et ce n'est pas en invoquant la « bavure » non intentionnelle qu'ils se dédouaneront.

Il est un autre aspect où l'intervention russe tourne à la confusion dans la posture pour les Etats-Unis et leurs alliés.

C'est celui par lequel elle a mis à nu la prétendue détermination qu'ils ont de combattre le terrorisme international. L'on « découvre » en l'occurrence que pour ces puissance ils existeraient de «bons» ou «hallal» terroristes (c'est selon) que la Russie les ayant pris au mot est en train de cibler. En quoi la Russie faute si en plus de s'en prendre à Daech, elle frappe également des organisations que l'ONU, l'Union européenne et même la plupart de ces puissances ont déclaré terroristes et inscrites dans leurs listes noires. N'est-ce pas elle qui donne au contraire une dimension globalisante au concept de guerre contre le terrorisme ? L'intervention russe clarifie en tout les positions des uns et des autres dans ce conflit syrien, qui se poursuit et se règlera à tout coup au détriment du peuple syrien.