Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Contrefaçon de médicaments: L'Algérie est-elle à l'abri ?

par Z. Mehdaoui



Les autorités rassurent et affirment que les médicaments contrefaits n'existent pas en Algérie. En effet le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelmalek Boudiaf a affirmé jeudi dernier qu'aucun cas de contrefaçon de médicaments à la fabrication ou à l'importation n'a été enregistré en Algérie, soulignant que ces produits étaient soumis à des analyses «très rigoureuses» avant d'être mis sur le marché.

«Nous n'avons enregistré jusqu'à l'heure aucun cas de contrefaçon de médicament dans la fabrication de produits pharmaceutiques qui sont soumis à des analyses et à des contrôle rigoureux supervisés par des cadres et des experts de laboratoires relevant de l'agence nationale de production pharmaceutique», a affirmé le ministre dans une déclaration à la presse au terme d'une visite à cette agence.

L'Algérie, selon le ministre, est le seul pays dans la région arabe et africaine exempt de médicaments de contrefaçon, en rappelant que ces produits étaient soumis à des analyses rigoureuses.

Le ministre de la Santé a raison en partie mais semble omettre d'évoquer les cas de médicaments introduits frauduleusement à travers les frontières. Car s'il est établi que le cannabis provient essentiellement de nos frontières Ouest, il devient de plus en plus incontestable, ces dernières années, que les frontières Est sont devenues la plaque tournante du trafic de médicaments fabriqués en Chine et commercialisés principalement dans les pays du Sahel.

Des réseaux sont constitués depuis longtemps et les frontières tunisiennes tendent à devenir un véritable Eldorado pour ces trafiquants. D'ailleurs, selon nos sources, les vaccins injectés sur les moutons de l'Aïd par certains maquignons et qui ont provoqué la purtréfaction de la viande ont été introduits illégalement depuis les frontières tunisiennes.

Notre pays est-il à l'abri de la commercialisation de médicaments contrefaits ? Rien n'est moins sûr. Même si le ministère de la Santé déploie réellement beaucoup d'efforts pour contrôler rigoureusement le circuit formel (importateur, fabricants, pharmacie), il n'en demeure pas moins que le danger provient principalement du circuit informel qui a gangrené, il faut le dire, tous les autres secteurs.

Notre pays encourt réellement un risque certain, estiment des professionnels dans le domaine. Et le danger peut venir des frontières par où transitent les produits de contrebande.

« Le danger est bien réel », alertait il y a quelques années le responsable du SNAPO (Syndicat national des pharmaciens d'officine).

Le ministre de la Santé a par ailleurs tenu à saluer le rôle important que l'Agence nationale de production pharmaceutique joue à travers tous ses services spécialisés et ce dès l'inscription du dossier du médicament qui est soumis à des analyses pour certifier sa validité et sa qualité avant d'être proposé aux pharmacies à l'effet de sa commercialisation.

Enfin, sur un autre chapitre et concernant l'enfant qui présentait, à Tlemcen, des taches noires sur tout le corps attribuées à un vaccin, le ministre a fait savoir que les investigations menées par les parties concernées ont révélé qu'il s'agissait d'un enfant battu par sa mère qui l'utilisait pour mendier et apitoyer les citoyens, ajoutant que la mère coupable a été arrêtée par les autorités sécuritaires et placée en détention. »Tous les vaccins utilisés en Algérie sont approuvés par l'Organisation mondiale de la santé et il n'y a aucune inquiétude à se faire à ce sujet. Il faut s'abstenir de porter des jugements anticipés en pareils cas», a-t-il martelé.

Pour ce qui est du décès de deux nourrissons à Rouïba, M. Boudiaf a affirmé que les analyses effectuées ont démontré que le vaccin «Pentavalent» n'était pas à l'origine de ces décès. Il a fait savoir que son département ministériel a changé de vaccin pour les nourrissons, soulignant dans le même temps que l'OMS recommandait le vaccin «Pentavalent». L'enquête se poursuit et les causes des décès seront déterminées, a assuré M. Boudiaf.