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Constantine - Protestation de demandeurs de logements sociaux

par A. El Abci

Des demandeurs de logements sociaux d'El Manchar (Bellevue), Bab El Kantara, El Gammas, Les Bosquets (Sidi Mabrouk) et Zouaghi, non portés sur les listes des bénéficiaires et ayant déposé des recours, viennent d'être destinataires d'une réponse officielle de la daïra de Constantine leur signifiant «qu'après enquête il s'avère que votre salaire ne vous permet pas de bénéficier de logement de cette formule». Et la correspondance, dont nous détenons une copie, de poursuivre, «en vertu de l'article n°04 du décret exécutif de 142-08 en date du 11-05-2008, qui définit les modalités d'attribution du logement social : ne peut bénéficier de logement social que la personne qui réside depuis cinq ans au moins dans la commune concernée et dont le revenu familial mensuel ne dépasse pas 24.000 dinars.»

Les protestataires rassemblés hier devant le cabinet du wali font savoir qu'ils sont outrés et en colère pour la simple raison que c'est à la fin du mois d'août et le 24 plus précisément, date d'envoi de la missive de la daïra, «qu'ont nous informe de cette disposition concernant un dossier déposé en 1990 et pour certains de 1987 et 85. Nous voulons voir le wali pour nous expliquer ce qui se passe, réellement, et s'il est au courant de ces réponses envoyées à des demandeurs de logements qui attendent depuis plus d'un quart de siècle. Les autorités centrales et locales parlent beaucoup de lutte contre la bureaucratie et l'esprit bureaucratique, mais au vu de ces correspondances adressées ces derniers jours aux citoyens concernés, il faut reconnaître que c'est difficile de faire mieux dans le genre de pratique et d'esprit», lanceront-ils.

Selon le président de quartiers de Bab El Kantara, Abdelhafid Boukerra, de nombreux demandeurs de logements destinataires de cette réponse ont été complètement déboussolés, déroutés et ne comprenant plus rien à rien. Et ils veulent, ajoutera-t-il, sans tarder recourir à la justice et se trouver un avocat pour défendre leur cause auprès de qui de droit. Une délégation des protestataires a été reçue, en fin de matinée, par le chef de cabinet du wali qui les a rassurés en leur déclarant qu'il s'agit certainement d'une erreur et que les auteurs doivent prendre leur responsabilité en la matière. «Rien de tout cela n'a été décidé et les listes demeurent toujours ouvertes», dira-t-il.