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Faute d’augmentation des tarifs d’électricité, Sonelgaz tente l’efficacité énergétique

par Aymen Zitouni

A défaut d’agir sur les tarifs de l’énergie maintenus artificiellement bas par une décision politique, le groupe public Sonelgaz veut agir sur le terrain de l’efficacité énergétique du système électrique.

Pour satisfaire la demande sans cesse grandissante en énergie, la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz) investit encore dans la production de l’électricité. Elle vient d’engager pour la période 2014-2024, un autre programme d’investissement de 6.338 milliards de DA (environ 60 milliards d’euros) pour répondre aux pics de consommation en période estivale – en hausse annuelle de près de 15 % - et venir à bout des délestages. Pour le pic de consommation de l’année 2013, la capacité de puissance a atteint un seuil maximal de 10.966 MW, généré vraisemblablement par l’utilisation massive des appareils de climatisation.

Pour réaliser son programme d’investissement, qui prévoit la réalisation de 28.600 MW en une décennie, le groupe Sonelgaz, doit recourir à l’endettement (4000 milliards de DA), étant donné que sa situation financière reste fragile du fait du maintien d’un rythme soutenu des investissements ces dernières années notamment, parallèlement à un prix d’énergie très bas décidé par les pouvoirs publics. Pris dans ce dilemme, les responsables de Sonelgaz ont beau expliquer les conséquences d’un tarif d’énergie aussi bas sur la pérennité du groupe public et l’avenir énergétique du pays. Mais pour des considérations politiques, les pouvoirs publics hésitent à l’heure actuelle, à prendre une telle décision.

DES APPELS A LA RATIONALISATION SANS EFFETS

D’un autre coté, les appels répétés à une consommation rationnelle de l’énergie via des campagnes de sensibilisation, n’ont eu aucun effet sur la facture énergétique qui augmente d’année en année. Elle s’est établie en 2013, à près de 40 milliards de dollars, selon les données du ministère de l’Energie. Une somme appelée à doubler à l’horizon 2030, si le rythme de croissance actuel de la consommation est maintenu, pour atteindre les 100 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), selon les prévisions du secteur de l’Energie.

Les responsables de Sonelgaz reconnaissent que le maintien de ces tarifs artificiellement bas rend inopérantes toute mesure de rationalisation de la consommation d’énergie. « C’est pourquoi notre devoir est de rendre encore plus efficace notre système électrique », avait déclaré le PDG du groupe Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, en juin dernier à l’occasion de la conférence consacrée à la présentation du bilan 2013 de Sonelgaz.

Ne pouvant influer sur le rythme de croissance de la consommation de l’énergie, le groupe Sonelgaz veut s’engager « durablement » à réduire substantiellement le gaspillage d’énergie à son niveau et à faire dans l’efficacité énergétique de ses centrales électriques. Ainsi, le groupe se donne comme objectif, dans le cadre de sa politique d’amélioration de l’efficacité énergétique, en complément à l’introduction des énergies renouvelables, de faire l’économie en gaz naturel, la principale ressource du système national de production d’électricité.

L’EFFICACITE ENERGETIQUE DU SYSTEME ELECTRIQUE

La décision a été prise pour introduire les gros cycles combinés dans le programme d’investissement. Pour les centrales de production d’électricité, l’efficacité énergétique se mesure principalement par le taux de consommation spécifique des centrales en combustibles. Plus la consommation spécifique est basse, plus la centrale est efficace énergétiquement. La consommation spécifique des centrales de production d’électricité étant étroitement liée au niveau du palier de puissance introduit dans le système électrique, le groupe public prévoit des centrales en cycle combiné du palier 600 MW à partir de 2016, au lieu des cycles combinés de 400 MW actuellement. Ceci va participer à la réduction des coûts d’investissement et améliorer l’efficacité du système électrique national.

Selon les données du groupe, la consommation moyenne spécifique tous moyens de production confondus était de 0,34 m3/kWh dans les années 1980 avec l’introduction du palier de 160 MW, contre une consommation moyenne spécifique de 0,28 m3/kWh avec l’introduction des paliers de puissance de 400 MW à partir de 2005. Depuis cette date correspondant à leur mise en service, les cycles combinés de Skikda (SKS) et de Hadjeret En Nouss (SKH) ont à eux seuls permis une économie de gaz naturel de plus de 11 milliards de m3. Et de 34 millions de m3 en 1984, l’économie de combustible est passée à 3 273 millions de m3 en 2013. « Soit l’équivalent de ce que nous aurions pu préserver en installant une capacité de 4.000 MW en énergies renouvelables », explique le PDG de Sonelgaz. C’est dire combien la rationalisation de la consommation spécifique des centrales permet des gains considérables en économies d’énergie. En attendant d’agir sur celle du consommateur, via un tarif plus proche de la réalité des coûts de revient.